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Quand la peur du dentiste nous fait mal

comprendre, déconstruire, apaiser

Une peur banalisée mais répandue

La peur du dentiste est l’un des motifs les plus courants de renoncement aux soins. En France, selon les estimations de l’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire, près d’un patient sur deux avoue ressentir de l’anxiété avant une visite chez le dentiste, et 5 à 10 % souffrent d’une phobie dentaire sévère, les conduisant à éviter totalement le soin, parfois pendant des années.

Contrairement aux clichés qui la réduisent à une peur infantile, cette angoisse touche aussi bien les adultes que les enfants, les hommes comme les femmes, les cadres comme les ouvriers. Elle n’est ni ridicule, ni marginale : elle est humaine.

Aux origines de l’angoisse : entre mémoire, douleur et symboles

1. Le souvenir de la douleur

Bien des phobies dentaires prennent racine dans un souvenir douloureux ou traumatisant : une carie soignée sans anesthésie, un bruit de fraise dans les oreilles, une douleur ignorée par un praticien expéditif. Ces expériences s’inscrivent dans la mémoire corporelle. Elles peuvent remonter à l’enfance, mais parfois même à des récits transmis par des proches.

2. Une peur du contrôle perdu

Le fauteuil du dentiste place le patient dans une position de vulnérabilité extrême : allongé, bouche ouverte, incapable de parler, il doit faire confiance à quelqu’un qui agit sur un endroit très intime du corps, avec des instruments tranchants. Pour les personnes anxieuses, cette perte de contrôle peut être insupportable.

3. Une intimité corporelle méconnue

La bouche est une zone éminemment symbolique : lieu de la parole, de l’alimentation, de la séduction. Y autoriser l’intrusion d’un autre n’est pas anodin. Pour certains, cela touche même à une forme de violence symbolique ou d’envahissement. Il n’est pas rare que des personnes ayant subi des abus ou des violences ressentent une aversion particulière pour les soins dentaires.

Les conséquences d’une peur non prise en charge

1. Une spirale d’évitement

À force d’éviter les rendez-vous, la situation bucco-dentaire se dégrade. Les douleurs, les infections ou les complexes esthétiques s’installent. Cela nourrit encore davantage l’angoisse, rendant l’éventuel futur soin plus long, plus coûteux, plus complexe. Le cercle vicieux est enclenché.

2. Un impact sur l’estime de soi

La peur du dentiste, en empêchant l’entretien d’un beau sourire ou en entretenant une mauvaise haleine, agit aussi sur le regard que l’on porte sur soi-même. Elle peut affecter la vie sociale, sentimentale ou professionnelle. La honte d’avoir « laissé aller » ses dents renforce le sentiment de culpabilité et d’impuissance.

3. Une souffrance psychologique réelle

Il ne s’agit pas d’un simple caprice ou d’un manque de courage : la phobie dentaire est une souffrance psychique reconnue, qui peut s’accompagner de crises de panique, de troubles du sommeil ou d’une détresse émotionnelle intense.

Des solutions pour apaiser la peur

1. Trouver un praticien bienveillant

Certains dentistes sont formés à l’accueil des patients phobiques. D’autres, simplement à l’écoute, peuvent faire toute la différence. La relation de confiance est essentielle : expliquer sa peur, être entendu, se sentir respecté est le premier pas vers l’apaisement.

2. Techniques d’anxiolyse et sédation

Pour les patients très anxieux, des techniques existent : sédation consciente au protoxyde d’azote (gaz hilarant), anesthésie locale renforcée, voire hypnose ou accompagnement psychothérapeutique. Dans certains cas, une prise en charge sous anesthésie générale peut être envisagée.

3. Travailler sur soi

La peur du dentiste est parfois le symptôme d’angoisses plus larges. Un travail psychologique, parfois bref, permet de restaurer une relation plus sereine avec le corps, avec les soins, avec l’autorité médicale. L’EMDR, les thérapies cognitivo-comportementales ou les approches de relaxation peuvent donner de très bons résultats.

Vers une réconciliation avec le soin

Sortir de la peur du dentiste, c’est se réconcilier avec une part de soi : celle qui a eu mal, celle qui s’est sentie envahie, celle qui a honte. C’est aussi se donner la chance de retrouver la maîtrise de son corps, de son sourire, et parfois de sa santé tout court.

Il ne s’agit pas de nier la peur, mais de l’écouter, de la comprendre, de cheminer avec elle jusqu’à ce qu’elle se taise un peu. Et d’oser, un jour, franchir la porte d’un cabinet sans trembler.

Olivier Kauf

Consultant depuis plus de 30 ans, Je suis depuis une dizaine d'années journaliste, professionnel dans le domaine des risques et des assurances pour le e-mag RiskAssur-hebdo (https://www.riskassur-hebdo.com) et témoin de mon époque pour https://notre-siecle.com et https://perelafouine.com.sans oublier notre planète https://terre-futur.com RiskAssur, Notre-Siècle et PèreLaFouine proposent chaque jour de nouveaux articles issus de la rédaction : la vie des sociétés (nominations, acquisitions, accords, …), des tests/présentations de produits, des ouvrages (professionnels, romans, bd, …), … Je peux : - présenter vos produits ou nouveaux ouvrages (il suffit de me les envoyer) - écrire sur des sujets à la demande pour du référencement SEO - publier vos communiqués de presse - Publier vos AAPC - … Une question, une remarque : olivier@franol.fr

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