Les Français, fous de fromage mais encore trop gaspilleurs
le paradoxe d’un amour imparfait
Un produit culte, pilier des foyers français
S’il est un aliment qui unit les Français au-delà des générations, c’est bien le fromage.
Huit Français sur dix (81 %) en consomment chaque semaine, et près d’un sur deux (46 %) en mange chaque jour. Dans la plupart des foyers, c’est une véritable institution : 31 % des consommateurs déclarent avoir en permanence au moins quatre variétés dans leur réfrigérateur, preuve que le fromage reste un pilier du quotidien.
Les plus fidèles sont les plus de 55 ans, dont la moitié en consomment quotidiennement, tandis que les 18-24 ans, plus influencés par les nouvelles tendances alimentaires, sont 32 % à le faire. Côté approvisionnement, le supermarché domine très largement : 79 % des achats s’y réalisent, loin devant les fromagers (15 %) ou les marchés (6 %). Parmi eux, 55 % privilégient le rayon libre-service, contre 24 % qui optent pour le stand à la coupe — un choix souvent dicté par la praticité et le budget, au détriment du sur-mesure et de la juste quantité.
Les préférences fromagères des Français : entre tradition et confort
L’étude révèle aussi les typologies de fromages les plus prisées :
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Les fromages râpés (emmental, gruyère) arrivent en tête avec 65 % des préférences,
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Suivent les fromages à pâte molle (camembert, brie, saint-marcellin) à 62 %,
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Puis les pâtes pressées (comté, beaufort, gouda) à 55 %,
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Les fromages frais (faisselle, ricotta) à 49 %,
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Et enfin les pâtes filées (mozzarella, burrata) à 37 %.
Cette diversité traduit une consommation omniprésente, du gratin du dimanche à la pizza du vendredi soir. Toutefois, les goûts évoluent avec l’âge : si un quart des Français (26 %) déclarent ne pas aimer les fromages forts, cette aversion décroît au fil des années. Les 55 ans et plus sont 65 % à apprécier toutes les variétés, contre 39 % chez les jeunes adultes.
Le fromage s’invite à toutes les occasions : 56 % le dégustent sans raison particulière, 31 % le partagent lors d’un repas convivial, et 12 % l’associent à des plats de saison, comme la raclette ou la fondue. Véritable symbole de convivialité, 76 % des Français préfèrent d’ailleurs un plateau de fromages à un dessert — un choix révélateur du poids culturel de ce produit dans l’art de vivre à la française.
Un amour qui tourne parfois… au gâchis
Mais derrière cette passion nationale se cache une ombre : 39 % des Français admettent jeter du fromage. Le produit le plus gaspillé est aussi celui qui est le plus consommé : le fromage râpé, jeté par près d’un tiers des foyers (32 %). Selon l’étude, 15 % des consommateurs jettent environ 1 kg de fromage par an et par personne, un chiffre loin d’être anodin.
Les causes principales du gaspillage sont la moisissure (55 %), les dates dépassées (37 %) et le goût devenu trop fort (30 %). Les mauvaises habitudes de conservation et les achats en trop grande quantité expliquent une grande partie du problème. En revanche, les plus de 55 ans se distinguent : 8 sur 10 affirment ne jamais jeter de fromage, témoignant d’une approche plus responsable et économe.
L’enjeu n’est pas uniquement économique : 1 kg de fromage représente entre 7 et 13 kg de CO₂e, selon le type et la méthode de production. Il s’agit ainsi de l’un des aliments les plus émetteurs de gaz à effet de serre d’origine animale, juste après la viande rouge. Gaspiller du fromage, c’est donc aussi gaspiller les ressources nécessaires à sa fabrication — lait, eau, énergie et transport compris.
Comprendre, réutiliser, transmettre : les clés du changement
Clémentine Lindon, porte-parole de Too Good To Go, résume bien le dilemme :
“Le fromage est un pilier de notre culture et de notre alimentation. Pourtant, l’étude révèle un paradoxe : les Français aiment le fromage mais 40 % déclarent en jeter. Parce qu’ils en achètent en trop grande quantité ou qu’ils n’ont pas les clés pour éviter de le gaspiller. Chez Too Good To Go, nous souhaitons transformer cette prise de conscience en actions concrètes.”
Et cette volonté d’agir est bien présente.
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87 % des Français aimeraient avoir plus d’idées de recettes pour réutiliser leurs fromages,
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84 % voudraient mieux comprendre les dates de péremption,
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79 % privilégieraient l’achat à la coupe s’ils avaient davantage d’informations ou d’occasions de le faire.
Pourtant, les pratiques concrètes restent rares : seuls 10 % des foyers pensent à congeler leurs fromages, alors que la majorité d’entre eux le permet sans problème. Le manque d’information pratique, plus que le manque de volonté, semble donc être le frein principal.
Des solutions concrètes et gourmandes
Too Good To Go ne se limite pas à la lutte contre les invendus alimentaires. L’application déploie une démarche d’éducation positive et ludique autour du “mieux consommer”.
Le pictogramme “Observez-Sentez-Goûtez”, désormais présent sur les emballages de plus de 90 marques partenaires (dont Saint Môret), encourage les consommateurs à se fier à leurs sens plutôt qu’à une date de durabilité minimale parfois mal comprise.
En parallèle, l’entreprise propose des recettes anti-gaspi simples et savoureuses : galettes de pommes de terre aux restes d’emmental, croque-monsieur au fromage râpé ou gratins improvisés. Une façon concrète et appétissante de redonner vie aux restes tout en valorisant la créativité culinaire.
Un dispositif original pour déculpabiliser : “Le Confess 100 % Fromage”
Pour accompagner la sensibilisation, Too Good To Go lance un concept aussi humoristique que participatif : “Le Confess 100 % Fromage”.
Les 24 et 25 octobre, au Forum des Halles à Paris, un confessionnal éphémère permettra aux passants de “confesser” leurs petits péchés gourmands et leurs maladresses fromagères. Ces témoignages filmés deviendront une série de vidéos pleines d’humour, rappelant que le gaspillage alimentaire peut aussi se combattre dans la bonne humeur.
Un futur plus responsable… et toujours gourmand
Le fromage restera sans doute l’un des symboles les plus forts de la gastronomie française. Mais pour que cet amour ne se transforme plus en gâchis, un changement culturel s’impose : apprendre à acheter juste, conserver mieux et cuisiner malin.
Entre initiatives pédagogiques, innovations de l’agroalimentaire et mobilisation citoyenne, la lutte contre le gaspillage fromager devient un enjeu à la fois écologique et identitaire. Car demain, le vrai luxe du plateau français ne sera pas d’en avoir quatre sortes dans le frigo… mais de savoir les savourer jusqu’au dernier morceau.




