Fables

Le rat de ville et le rat des champs de Jean de La Fontaine

Autrefois le Rat de ville

Invita le Rat des champs,

D’une façon fort civile,

A des reliefs d’ortolans.

Sur un tapis de Turquie

Le couvert se trouva mis :

Je laisse à penser la vie

Que firent ces deux amis.

Le régal fut fort honnête,

Bien ne manquait au festin ;

Mais quelqu’un troubla la fête,

Pendant qu’ils étaient en train.

A la porte de la Salle

Ils entendirent du bruit;

Le Rat de ville détale,

Son camarade le suit.

Le bruit cesse, on se retire :

Rats en campagne aussitôt;

Et le citadin de dire :

Achevons tout notre rôt.

– C’est assez, dit le Rustique;

Demain vous viendrez chez moi ;

Ce n’est pas que je me pique

De tous vos festins de Roi.

Mais rien ne vient m’interrompre ;

Je mange tout à loisir.

Adieu donc ; fi du plaisir

Que la crainte peut corrompre. »

 

Elliot

Elliot contribue à la rédaction de PèreLaFouine sur des sujets liés à l’actualité, à la société, à la consommation, aux entreprises, aux nouvelles technologies et aux évolutions des modes de vie. Ses articles privilégient une approche claire, factuelle et accessible, avec l’objectif de donner aux lecteurs les éléments utiles pour comprendre les enjeux du quotidien.

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