LE CORBEAU VOULANT IMITER L’AIGLE de Jean de La Fontaine

Temps de lecture : 1 minute

L’Oiseau de Jupiter enlevant un Mouton,

Un Corbeau témoin de l’affaire,

Et plus faible de reins, mais non pas moins glouton,

En voulut sur l’heure autant faire.

Il tourne à l’entour du troupeau,

Marque entre cent Moutons le plus gras, le plus beau,

Un vrai Mouton de sacrifice :

On l’avait réservé pour la bouche des Dieux.

Gaillard Corbeau disait, en le couvant des yeux :

Je ne sais qui fut ta nourrice ;

Mais ton corps me paraît en merveilleux état :

Tu me serviras de pâture.

Sur l’Animal bêlant, à ces mots, il s’abat.

La moutonnière créature

Pesait plus qu’un fromage ; outre que sa toison

Était d’une épaisseur extrême,

Et mêlée à peu près de la même façon

Que la barbe de Polyphème.

Elle empêtra si bien les serres du Corbeau

Que le pauvre Animal ne put faire retraite :

Le Berger vient, le prend, l’encage bien et beau,

Le donne à ses enfants pour servir d’amusette.

Il faut se mesurer, la conséquence est nette.

Mal prend aux Volereaux de faire les Voleurs.

L’exemple est un dangereux leurre :

Tous les mangeurs de gens ne sont pas grands Seigneurs :

Où la Guêpe a passé, le Moucheron demeure.

À propos perelafouine

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Si vous avez un instant !

L’article que vous venez de lire vous a intéressé,
alors CLIQUER sur une des publicités.
Ça ne vous coûte rien et c’est positif pour PèreLaFouine.