Le Minor : les succès d’une reprise

Temps de lecture : 4 minutes

Reprise le 1er Juin dernier, la bonneterie bretonne 100 % made in France clôture ses comptes avec des évolutions très positives : les premiers jalons de la reconstruction ont été efficaces.

Aujourd’hui, elle se penche sur la reprise d’un de ses confrères bretons, fleuron du tricotage et de la confection de produits en laine 100 % made in France. Des chiffres qui témoignent d’une très bonne santé financière.

Au terme d’à peine 9 mois d’activité, la bonneterie Le Minor renoue avec la croissance, en clôturant son exercice à 2,2 M€ de CA, soit +35 % par rapport à l’année précédente. La réorganisation de la production permet un résultat net positif, pour la deuxième année consécutive, après 13 ans de pertes.

Depuis le 1er Juin 2018, le Minor a recruté 11 personnes, portant son effectif à 33 personnes, en réussissant à inverser la pyramide des âges, et ce malgré la très grande difficulté de recruter dans le secteur de la confection, en particulier dans les métiers de la maille.

L’entreprise réalise aujourd’hui 70 % de son CA au Japon, où les marinières féminines de la marque sont distribuées dans plus de 1 000 boutiques parmi les plus belles de ce pays, amoureux du savoir-vivre à la française.

Les recettes du succès

Pour réussir cette opération en si peu de temps, les 2 jeunes repreneurs, Jérôme Permingeat et Sylvain Flet, fondateurs en 2012 de la marque d’accessoires made in France le Flageolet, ont réussi à convaincre Alain Sourisseau de devenir leur mentor en les accompagnant jour après jour dans la conduite des opérations. Expert en retournement, il a à son actif 30 ans de reprises d’entreprises (le groupe Synalia et les faïenceries de Gien étant les dernières reprises en date).

Le premier levier de la reconstruction de l’entreprise a été la réorganisation industrielle. Elle a permis d’annoncer aux clients une capacité et des délais de production, et ainsi de restaurer leur confiance. Mécaniquement, le volume des commandes a augmenté.

Pour réussir cette réorganisation, les nouveaux dirigeants ont pu compter sur des équipes motivées et très impliquées. Ils ont pu notamment mettre en place un plan de formation interne, s’appuyant sur la transmission des compétences des anciennes générations vers les plus jeunes : une formation nécessaire pour sauvegarder les savoir-faire locaux. La prise de responsabilité est encouragée même chez les plus jeunes recrues, dès leur entrée dans l’entreprise, ce qui crée une émulation et un dynamisme.

Malgré le contexte de reprise, l’entreprise a pu compter sur la fidélité de ses clients, que ce soit à l’export ou en France, en marque blanche ou en distribution. Une fidélité qui s’explique par la qualité indiscutable des produits le Minor, que les ouvrières en confection (dont certaines sont dans l’entreprise depuis plus de 40 ans) ont su faire perdurer année après année. Marques de créateurs, surf-shops ou magasins de vêtements haut de gamme, les connaisseurs sont fans du savoir-faire de la marque depuis des décennies.

À l’export, le Minor se développe depuis 30 ans au Japon, pays empreint de traditions, où les rayures de la marque, déclinées avec beaucoup de créativité dans plusieurs couleurs et de multiples coupes, se retrouvent dans les plus belles boutiques de Tokyo et du pays, avec un positionnement haut de gamme.

Sans révolution majeure, le Minor a réaffirmé́ ses derniers mois les 3 piliers qui ont fait la pérennité de cette entreprise depuis 1922 : création, production et transmission.

Nouveaux marchés et croissance externe

Les défis pour Le Minor ne manquent pas : en plus du lancement de son site Internet marchand en Juin, Le Minor prépare son retour sur le marché français, et souhaite développer les gammes homme de ses produits (aujourd’hui, 80 % des productions de l’usine morbihannaise sont destinées aux femmes).

Le développement marketing de la marque en France s’appuie sur le re-déploiement des productions de produits en laine. Les pulls de marin sont le premier métier de l’entreprise en 1922, mais Le Minor s’est concentré depuis les 20 dernières années sur les produits en coton.

Pour assumer un carnet de commandes en hausse et le développement de la marque, Le Minor continue de recruter des compétences, et a noué des partenariats solides avec plusieurs de ses confrères. L’un d’eux s’étant trouvé en liquidation judiciaire la semaine dernière, c’est tout naturellement que Le Minor s’est porté candidat à une reprise partielle, pour sauvegarder l’emploi et pérenniser un savoir-faire précieux en tricotage et confection de laine.

La complémentarité de Le Minor avec Fileuse d’Arvor, entreprise fondée en 1927 et basée à Quimper pourrait permettre de sauver des emplois locaux, et de continuer à exporter le savoir-faire breton dans le monde !

À propos du Minor En voulant élargir leur gamme d’accessoires à des bonnets, Sylvain et Jérôme, fondateurs de la marque Flageolet, découvrent la marque bretonne Le Minor et rachètent, en 2018, l’entreprise rendue célèbre pour ses vêtements marins dont la Marinière. Parce qu’ils sont 100 % bretons, les produits de la mer ne sont travaillés qu’avec des matières premières françaises.

L’historique du Minor

Le Minor a plus de 80 ans. C’est en 1936 qu’Anne-Marie Le Minor crée l’entreprise dans le Finistère, à Pont-l’Abbé pour divulguer la culture bretonne auprès des enfants. Elle confectionnait d’abord des vêtements de poupée, puis du linge de maison, et très vite du prêt à porter. En 1965, Fondation à Guidel (56) de la Manufacture de Bonneterie Lorientaise (MBL) qui tricotait des pulls marins ainsi que des marinières en coton. En 1982, Le Minor cède sa marque à MBL pour l’activité prêt-à-porter. Un peu plus tard, à partir de 1987 et ce jusqu’en 2017, l’entreprise est gérée par la famille Grammatico qui développe des gammes coton et laine exclusivement sous l’étiquette Le Minor. Et c’est cette année, en 2018 que Sylvain Flet et Jérôme Permingeat créent le groupe “Franchement” pour racheter Le Minor.

À propos Olivier Kauf

Je suis journaliste, mais aussi et peut-être surtout depuis quelques années, je suis un influenceur. Les internautes rejettent de plus en plus les publicités et recherchent de l’information au travers d’articles présentant de manière objective des produits ou des services. Aujourd’hui, tout le monde a le réflexe, avant d’acheter, de regarder ce que les internautes en disent. En tant qu’influenceur, je serais ravi de présenter vos produits ou services de manière objective et critique, mais positive pour rassurer les internautes qui hésitent avant de vous faire confiance. Je vous propose de publier les articles, que je peux écrire pour vous, soit sur RiskAssur, soit sur Notre-Siècle, en les recommandant à mes abonnés sur les principaux réseaux sociaux : LinkedIn, Viadeo, Tweeter, Google + et Facebook. Je suis à votre écoute pour répondre à vos besoins, vous pouvez me contactez à olivier@notre-siecle.com autres sites https://www.riskassur-hebdo.com https://notre-siecle.com

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