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Le Coronavirus expliqué aux enfants

Par Romain Pillard

Pour peu que vous soyez de cette planète, et si vous lisez cet article il y a une très forte probabilité que ce soit le cas, et bien vous n’avez pas pu échapper au raz de marée du Coronavirus, alias COVID-19. Aucune exception, tous les médias d’information en font état. C’est un thème omniprésent, absolument partout et à toute heure du jour et de la nuit. Dans ce contexte, il est de fait plus que probable, pour ne pas dire impossible, que le sujet ne représente pas une préoccupation, voire une inquiétude, ou tout au moins une curiosité pour nos chères têtes blondes. Comment appréhender la chose, par quel bout prendre l’affaire, sous quelles perspectives présenter le fil narratif de cette pandémie à un enfant, alors que, semblerait-il, l’état a lui-même toutes les peines du monde à en prendre la véritable mesure ? Voilà la difficile tâche à laquelle nous allons nous atteler dans ce bref article de détricotage et de synthèse vulgarisés, le tout teinté de conseil familial.

I/ Coronavirus : la Genèse ou les origines.

La crise du Coronavirus de 2019, a commencé en Chine, comme de chacun sait. Les causes qui ont vu l’apparition des premiers individus ayant contracté le virus sont toujours sujettes à enquête, et nous ne sommes pas là pour plébisciter telle ou telle hypothèse, il est important de le rappeler. Le mieux est de s’en tenir aux faits lorsque l’on aborde la chose auprès d’un enfant tout spécifiquement. Or les faits, pour « démythifier » de suite la pandémie qui arrive et qui pourrait valoir une véritable angoisse  chez certains, c’est que la famille du Coronavirus est connue du monde scientifique. Nous n’avons pas affaire à un virus en « génération spontanée », éclos de nulle part et dont nous ne savons rien… Le Coronavirus (littéralement Virus à Couronne, à cause de sa forme) cause des maladies variées de types syndromes respiratoires, plus spécifiquement chez les oiseaux et chez les mammifères (l’homme est un mammifère, si besoin est de le rappeler…). Il n’a pas fallut attendre 2019 pour savoir que cette famille de virus pouvait se montrer particulièrement dangereuse, pour peu que l’on ne prenne pas les bonnes contre-mesures médicales à temps. Comprenez que l’enfant sera immédiatement rassuré si on lui explique que la menace est connue, d’un point de vue générique, puisque l’on observe déjà certaines formes de la même famille du COVID 19 depuis des années, ce dernier n’est donc pas apparu comme par magie.

Le COVID-19 n’est en somme rien d’autre qu’une variante de la famille des Coronavirus, qui sont appelés ainsi parce qu’ils ont des petites protubérances sur l’extérieur de leur membrane, ce qui leur donne grossièrement un aspect de couronne.

Cette version 2019 est particulièrement difficile à contrôler pour deux raisons majeures : la première est que le virus est extrêmement contagieux. Un sujet porteur du COVID 19, en expirant, en éternuant, en toussant, propulse dans l’air alentour tout une flopée de minuscules particules de gouttelettes si fines qu’elles sont volatiles dans l’air ambiant, mais elles colportent bel et bien le virus vers toutes celles et tous ceux qui les inspireront ou entreront en contact avec elles. Le contact via les mains est aussi un vecteur majeur de contamination (on considère d’ailleurs souvent que c’est l’un des principaux), car on touche tout avec nos mains (loquets, poignées, volants, souris, claviers, verres, etc.).

Statistiquement, pour l’heure, on estime qu’une personne contagieuse va contaminer entre 2 à 3 personnes saines. Le plus important est donc de circonscrire au plus vite, au plus tôt, et le plus efficacement possible l’ensemble des malades avérés. Le second facteur prépondérant, qui rend le contrôle du COVID-19 très compliqué, c’est qu’une personne contaminée par le virus va incuber la maladie pendant environ 1 à 2 semaines (une moyenne de 6 à 7 jours a été constatée, d’après les études menées sur des cas avérés), avant que les premiers signes (fièvres, toux, nez qui coule, fatigue, difficultés respiratoires, état grippal général…) ne se déclarent. Cela signifie donc, que durant 14 jours, dans le pire des cas, sans s’en rendre compte, l’individu qui était malade sans le savoir a, à son tour, lui aussi répandu la contagion dans son entourage direct.

A l’aune de ces deux facteurs majeurs, on comprend mieux pourquoi le monde entier s’inquiète, car la maladie pourrait bel et bien submerger nos pays, si nous ne prenons pas les mesures adéquates, au moins à l’échelle individuelle, car nous la maîtrisons.

Pour bien comprendre le risque de propagation, et la manière avec laquelle elle se répand, il va falloir expliquer à l’enfant qu’à l’heure actuelle, les échanges sont mondiaux, les vols d’avions se chiffrent en centaines de milliers par jour et relient tous les continents… Cela signifie en clair, qu’aucune partie du monde ne peut raisonnablement prétendre avoir une barrière naturelle ou autre absolument hermétique à ce type de phénomène. D’un point de vue matériel, la mise en place de protocoles, de mesures et d’effectifs dédiés prendra quoi qu’il en soit un temps certain, et l’inertie générée par l’ensemble des moyens à mettre en branle (pour peu qu’ils ne se limitent pas à une simple distribution de tracts aux aéroports…par exemple…), jouera nécessairement en faveur de la propagation de la maladie.

Voilà, cette première partie aura eu pour but de bien vous amener à faire comprendre à votre enfant que les événements n’échoient pas par la grâce d’on ne sait quel jeu de dés du destin. Lui permettre d’appréhender l’idée que l’homme possède tout à la fois une part de responsabilité dans l’arrivée du mal, et tout à la fois l’ensemble des leviers et des clefs qui permettront, à force de raison et de solidarité, de refermer cette boîte de Pandore qu’une certaine forme d’inconséquence globale aura fini par entrouvrir.

II/ Et maintenant, on fait quoi ?

Il est probable qu’il ne faille pas se bercer d’illusions, l’épidémie va enfler et prendre une ampleur sans doute encore jamais connue sur le territoire, et dans le monde. Nous parlons là de cas de malades et non de décès, et nous soulignons cette dernière précision car elle est absolument primordiale. Un enfant qui sait à l’avance qu’une maladie est possible, voire probable, car finalement une grande majorité des gens risquent de la contracter, sera moins inquiet vis à vis de la situation, ce qui, en soi, ne pourra s’avérer que positif.

Commencez donc par ne pas dramatiser le fait de contracter le dit Coronavirus. Si ce devait être le cas, rassurez-vous, vous aussi au besoin, les cas sévères sont rarissimes et pour l’heure, argument jusque-là factuel, aucun enfant n’a développé le virus jusqu’à engager son pronostic vital. Nous vous conseillons peut-être d’éviter de parler de cas « mortel », la simple association des deux termes dans la même phrase, ainsi que le poids des mots, peuvent parfois créer des liaisons de causalités tout à fait indésirables, dans l’esprit d’un enfant. Préférez parlez de « cas sévères », ou de « cas graves », dans la mesure du possible, et expliquez que les personnes qui rencontrent cette situation sont âgées et déjà malades. Surtout ne jouez pas la carte du « Ne t’inquiète pas, il n’y a rien, c’est du vent… », le buzz généré par la maladie dans la société ne va pas manquer d’éveiller les soupçons chez les enfants, alors il vaut mieux jouer la transparence, mais vraiment, pas seulement en façade.

Il est sans doute un brin infantilisant (et réducteur) de s’entendre dire par le ministre de la santé qu’il faut à tout prix se laver les mains plusieurs fois par jour, tousser ou éternuer dans son coude, ne pas trop toucher les repose-mains dans le bus ou les barres dans le métro, néanmoins ce sont des conseils de raison. Si cela vous rassure, vous pouvez évidemment aussi utiliser les fameuses solutions hydro-alcooliques, mais il faut savoir que vous allez rencontrer quelques difficultés pour vous en procurer, les stocks sont déjà largement entamés et les rayons ne restent pas longtemps achalandés… Il en va de même pour les masques, qui ont été littéralement pillés ces derniers jours, voire ces dernières semaines. Sachez, pour l’anecdote,  que même certains masques de chantier totalement inutiles se sont vendus comme des petits pains…

Tout cela pour dire que le mieux est de ne pas tomber dans la paranoïa, cela aura plusieurs avantages pour vous et votre ou vos enfants : primo vous continuerez à vivre sans une angoisse de tous les instants (certes en évitant les bains de foule et les claquements de bises à tour de bras…), deuxio vous ne nourrirez pas les vilaines rumeurs conspirationnistes les plus sombres qui prédisent la mort de plusieurs milliards d’individus (pour une maladie dont le taux de mortalité avoisine les 3 %….avec moins de 1 % pour les 0 à 70 ans…), tercio vous profiterez même peut-être avec délectation de quelques jours de mise en quarantaine régionale, avec vos enfants, puisque c’est ce qui se passe dans tous les pays, qui sont pour l’heure frappés plus durement par l’épidémie…

Quoi qu’il en soit, ne sombrez pas dans la sinistrose, surtout pas dans votre rôle de parent. Tâchez de bien faire comprendre à votre ou à vos enfants, que si les symptômes devaient valoir à un membre de la famille d’être déclaré « malade », et bien il serait aussitôt pris en charge et envoyé dans un hôpital pour y être isolé, dans un premier temps, et soigné.

Le mieux est de conserver pour soi les pensées d’adultes, parfois un brin cyniques, catastrophistes ou pire, et ce dans tous les cas. Ce n’est pas de la faute de votre enfant si vous avez une tendance à l’hypocondrie, ne l’en rendez pas responsable, ni ne lui en faites supporter le poids sur ses épaules et son esprit non armés pour.

Préférez l’explication et la démystification à la petite graine d’inquiétude, n’hésitez pas à lui parler des épidémies passées, y compris celle de la peste noire, ou de la grippe espagnole, afin qu’il puisse de lui-même se faire une idée de l’échelle et de la gravité de la crise que nous traversons. Ne niez pas pour autant le fait que c’en est une…

Oui la pandémie liée au COVID-19 rentrera peut-être dans l’histoire s’agissant des chiffres de personnes ayant contracté le virus, l’avenir nous le dira, mais à priori, il possède tous les attributs pour que ce finisse par être le cas. Néanmoins, ce ne veut pas dire pour autant que ce fameux COVID-19 restera dans les annales comme un virus particulièrement mortel à l’échelle du monde. Au contraire, il est fort possible que les chiffres de la mortalité, une fois que l’épidémie sera mieux comprise et qu’un traitement efficace aura été découvert, soient assez largement revus à la baisse et retrouvent un niveau comparable à une grippe standard, à savoir 1 % (pour une mise en perspective, sachez qu’Ebola, par exemple, présente un taux de mortalité de 50 %, tous âges confondus…).

Gardez à l’esprit le rôle d’adulte que vous endossez dans les yeux du ou des enfants. Rappelez régulièrement les consignes d’hygiène et de bonnes pratiques dans le quotidien (lavages des mains, mouchoirs en papier à utilisation unique, toux et éternuements dans le coude, etc.).

Si besoin, tâchez de vous projeter en arrière, et imaginez ce que les choses auraient été, vous enfant, avec des parents incapables de vous raconter la vérité, ou ne vous présentant pas les choses de manière positive et nécessairement pleine d’amour…

Cela vous mettra naturellement sur la voix d’une réponse pertinente et qui ne soit pas anxiogène pour votre ou vos enfants.



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