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Vacances à l’étranger, la peur de parler une autre langue limite les choix des Français

Partir à l’étranger reste synonyme de découverte, de dépaysement et de rencontres. Pourtant, pour une grande partie des Français, le voyage s’accompagne aussi d’une inquiétude persistante : devoir s’exprimer dans une langue étrangère. Une étude menée auprès de 1 192 personnes entre le 23 juin et le 2 juillet 2026 montre que la barrière linguistique peut peser sur le choix d’une destination, sur les activités réalisées sur place et même sur la manière de gérer certaines situations du quotidien.

Selon les résultats recueillis, 80 % des personnes interrogées déclarent ressentir du stress ou de l’appréhension lorsqu’elles doivent parler une langue étrangère pendant leurs vacances. Dans le détail, 41,8 % disent éprouver souvent ce malaise et 38,2 % le ressentir parfois. Seuls 6,4 % affirment ne jamais être gênés lorsqu’ils doivent communiquer dans une autre langue.

Cette inquiétude ne semble donc pas disparaître automatiquement une fois arrivé à destination. Le manque de vocabulaire, la peur de commettre une erreur, de mal comprendre son interlocuteur ou d’être jugé peuvent rendre certains échanges particulièrement inconfortables.

Les situations médicales sont les plus redoutées

Toutes les conversations ne provoquent cependant pas le même degré d’anxiété. La situation la plus préoccupante concerne la santé. Pour 24,2 % des répondants, le moment le plus difficile serait de devoir expliquer des symptômes à un médecin ou à un pharmacien.

Cette crainte peut facilement se comprendre. Dans un contexte médical, chaque mot compte et une mauvaise compréhension peut être perçue comme lourde de conséquences. Il faut parfois décrire précisément une douleur, indiquer un traitement en cours, signaler une allergie ou comprendre les recommandations d’un professionnel de santé.

Les échanges avec les autorités constituent une autre source d’inquiétude. Un peu plus de 10 % des répondants redoutent notamment de devoir répondre à un douanier ou à un policier. À l’inverse, les situations plus courantes du séjour apparaissent moins intimidantes. Commander dans un restaurant inquiète 8,3 % des personnes interrogées, tandis que réserver une chambre d’hôtel est cité par 8,5 % d’entre elles.

Tenir une conversation informelle avec un habitant reste néanmoins une difficulté pour 15,7 % des répondants. Le problème n’est alors pas toujours de se faire comprendre pour obtenir une information pratique. Il peut aussi s’agir de trouver ses mots, de suivre le rythme de la discussion ou d’oser poursuivre l’échange.

Faire semblant de ne pas comprendre pour éviter de répondre

Face à l’inconfort linguistique, les voyageurs peuvent développer différentes stratégies d’évitement. Plus de la moitié des personnes interrogées, soit 55,4 %, reconnaissent ainsi avoir déjà fait semblant de ne pas comprendre une question pour ne pas avoir à continuer une conversation dans une langue étrangère.

Cette attitude ne serait pas seulement occasionnelle. Plus d’un quart des répondants, 26,5 %, affirment y avoir recours régulièrement. Le voyageur peut alors détourner le regard, laisser une autre personne répondre à sa place, utiliser un geste d’incompréhension ou écourter volontairement la discussion.

Ces comportements traduisent moins une absence totale de connaissances qu’un manque de confiance au moment de prendre la parole. Une personne peut comprendre une partie de la conversation ou connaître les mots nécessaires, tout en craignant de mal les prononcer ou de construire une phrase incorrecte.

Des destinations et des activités parfois abandonnées

La peur de parler une autre langue ne se limite pas à quelques instants de gêne. Elle peut avoir une influence directe sur l’organisation des vacances.

Près d’un répondant sur quatre, 23,6 %, affirme avoir déjà évité une destination, une activité ou un lieu de vacances parce qu’il redoutait de devoir s’exprimer dans une autre langue. À cela s’ajoutent 34,8 % des personnes interrogées qui n’ont jamais réellement renoncé, mais qui reconnaissent avoir déjà envisagé de le faire.

Au total, 58,4 % des répondants ont donc déjà abandonné ou pensé à abandonner une destination ou une activité en raison de la barrière linguistique.

Cette hésitation peut conduire à privilégier des circuits organisés, des hébergements francophones ou des destinations dans lesquelles les voyageurs pensent pouvoir facilement utiliser le français. Elle peut également limiter les initiatives une fois sur place, comme participer à une excursion, louer un véhicule, prendre les transports locaux ou s’éloigner des zones touristiques.

La honte et la gêne avant même de prendre la parole

Lorsqu’il leur est demandé de décrire leur état d’esprit avant de parler une langue étrangère, les répondants citent principalement des émotions négatives. La honte ou la gêne arrivent en tête, avec 28,9 % des réponses, devant le stress, mentionné par 26,2 % des personnes interrogées.

À l’inverse, seuls 12 % considèrent l’exercice comme un défi stimulant. Un quart des répondants, 25,1 %, éprouvent toutefois de la fierté lorsqu’ils réussissent à se faire comprendre.

Ce sentiment de satisfaction montre que les échanges à l’étranger peuvent aussi devenir une source de confiance. Même une conversation courte, reposant sur quelques mots simples et des gestes, peut être vécue comme une réussite personnelle.

Pour François Fourmentin, cofondateur du Cercle des Langues, l’obstacle ne réside pas nécessairement dans le niveau linguistique réel des voyageurs, mais dans la peur de faire des erreurs ou d’être jugés. Les vacances peuvent pourtant constituer une occasion de pratiquer dans un cadre moins formel, sans objectif scolaire ni professionnel.

Les applications rassurent, sans supprimer toutes les inquiétudes

Les outils de traduction occupent désormais une place importante dans les voyages à l’étranger. Ils permettent de traduire une phrase, de lire un menu, de comprendre un panneau ou de préparer une question avant de la poser.

L’étude montre que 82,3 % des répondants feraient confiance à une application de traduction dans une situation importante, comme une urgence médicale, un contrôle de police ou une difficulté administrative. Cette confiance reste néanmoins relative.

Seuls 23 % déclarent accorder une confiance totale à ces applications. La majorité, soit 59,3 %, indique leur faire confiance avec prudence.

Ces outils peuvent donc rassurer et faciliter les échanges, mais ils ne remplacent pas toujours une conversation directe, notamment lorsque la situation exige des précisions, des questions complémentaires ou la compréhension de nuances importantes.

Un frein touristique autant que personnel

La barrière de la langue apparaît ainsi comme un élément concret de la préparation des vacances. Elle peut influencer la destination choisie, la manière de voyager et les activités effectuées sur place.

Au-delà du vocabulaire, les résultats mettent surtout en évidence une difficulté à oser parler. La peur de la faute peut parfois devenir plus importante que la faute elle-même, alors que les interlocuteurs locaux sont souvent capables de comprendre une phrase imparfaite, accompagnée de gestes ou reformulée avec des mots simples.

L’étude a été réalisée du 23 juin au 2 juillet 2026 auprès de 1 192 personnes, par l’intermédiaire de LinkedIn ainsi que de plateformes d’enquêtes et de concours. Ses résultats décrivent les réponses des participants et ne constituent pas nécessairement un échantillon représentatif de l’ensemble de la population française. Ils révèlent néanmoins l’ampleur d’une appréhension susceptible de transformer le voyage, normalement associé à l’ouverture et à la découverte, en une succession de situations parfois évitées par peur de ne pas trouver les bons mots.

Elliot

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