ActualitésInformations

Près d’un Français sur deux freiné dans sa carrière

Alors que le marché du travail se transforme et que les entreprises accélèrent leur ouverture internationale, une nouvelle étude du Cercle des Langues révèle une réalité troublante : 4 Français sur 10 ont déjà renoncé à une opportunité professionnelle en raison de leur niveau d’anglais. Un frein massif, qui reflète à la fois la montée en puissance de la langue dans les recrutements et les blocages persistants des actifs face à l’expression orale.

Cette étude, menée entre le 25 septembre et le 10 octobre 2025 auprès de 1.245 répondants de plus de 18 ans, dresse un état des lieux précis du rapport des Français à l’anglais, entre nécessité économique, plafond de verre psychologique et désir d’apprentissage.

L’anglais : presque unanimement reconnu comme essentiel pour décrocher un emploi

Première tendance forte : la quasi-totalité des personnes interrogées (plus de 95 %) reconnaissent que la maîtrise de l’anglais est devenue indispensable ou au moins utile pour obtenir un emploi. Plus précisément, 57,3 % jugent cette compétence incontournable, tandis que 38,1 % la considèrent comme un atout important, bien que non déterminant. Seule une minorité résiduelle (4,5 % environ) estime que cette langue n’apporte pas de valeur particulière dans un parcours professionnel.

Cette perception n’est pas théorique. Elle reflète directement les attentes des recruteurs : 38,1 % des actifs indiquent que leur entreprise exige un niveau d’anglais précis. La plupart du temps, il s’agit d’une aisance orale suffisante (31,5 %) pour mener des échanges professionnels, tandis que les certifications type TOEIC ou TOEFL ne sont exigées que dans 6,6 % des cas.

Pour les employeurs, la priorité porte clairement sur la capacité à communiquer efficacement, plus que sur l’obtention d’un score standardisé. L’anglais devient alors une compétence opérationnelle, au même titre qu’une maîtrise logicielle ou qu’une base solide en gestion de projet.

Un frein invisible mais puissant : la peur de s’exprimer

Au-delà des compétences linguistiques, l’étude met en lumière un frein majeur : la peur du jugement. Près de 80 % des Français admettent avoir déjà renoncé à prendre la parole en anglais, souvent par crainte du regard des autres. Parmi eux, 39,4 % disent que cela leur arrive “souvent”, et 38,7 % “parfois”.

Autrement dit, seulement 22 % affirment ne jamais s’être autocensurés.

Cette retenue n’est pas liée à une incompréhension de la langue. Au contraire, la plupart des répondants disent comprendre l’anglais à l’écrit ou à l’oral. Le principal obstacle réside dans la confiance en soi — un point que souligne François Fourmentin, co-fondateur du Cercle des Langues :
« Quelle que soit la maîtrise grammaticale qu’on ait de la langue anglaise, c’est souvent la confiance en soi qui nous bloque. Les Français comprennent l’anglais, mais n’osent pas le parler. »

Ce blocage psychologique crée un véritable plafond de verre, particulièrement visible dans les trajectoires professionnelles.

Un Français sur deux a déjà refusé une opportunité à cause de son niveau d’anglais

L’étude révèle en effet un chiffre frappant : 43 % des sondés ont déjà décliné une opportunité professionnelle faute d’un niveau d’anglais jugé suffisant.
Cela peut concerner une promotion, une mobilité interne, une expatriation ou même un poste attractif nécessitant des échanges fréquents avec des partenaires internationaux.

Ainsi, malgré les besoins du marché et les recommandations des employeurs, la langue reste l’un des principaux obstacles à l’évolution de carrière en France.

Pour les actifs, mieux maîtriser l’anglais pourrait donc débloquer des perspectives significatives en termes de progression salariale, de changement de poste ou de mobilité géographique.

Une forte envie d’apprendre, et un rôle clé du CPF

Malgré ces blocages, la motivation pour progresser est bel et bien là. Près de 9 Français sur 10 souhaitent améliorer leur niveau d’anglais dans les prochaines années, une majorité estimant que cela constitue une priorité absolue.

Sur le plan financier, le CPF est perçu comme un levier majeur : 44,3 % des répondants affirment vouloir l’utiliser pour financer une formation. 32,9 % envisagent d’y recourir selon le coût de la formation, et 5,2 % sont prêts à payer eux-mêmes. Seul un Français sur six environ (17,6 %) déclare ne pas vouloir investir ni temps ni argent.

Pour le Cercle des Langues, ce constat confirme le rôle déclencheur du CPF dans la démocratisation de l’apprentissage linguistique. Comme le souligne François Fourmentin, « Le CPF apparaît comme un vrai déclencheur permettant de passer de l’envie à l’action dans l’apprentissage des langues. »

Quelles autres langues séduisent les Français ? Les latines dominent, mais l’Asie progresse

Si les Français devaient choisir une langue autre que l’anglais à apprendre, le trio de tête reste très marqué par la proximité culturelle :

  • Espagnol : 43,6 %

  • Italien : 21,8 %

  • Chinois : 7,9 %

  • Allemand : 7,7 %

  • Arabe : 6,5 %

  • Portugais : 5,9 %

Les langues asiatiques — chinois, japonais, coréen — séduisent désormais près de 15 % des répondants, signe d’une évolution des imaginaires économiques et culturels.

Cette ouverture linguistique reflète une curiosité croissante pour les économies émergentes et les cultures mondiales, mais aussi une prise de conscience des opportunités professionnelles liées à l’Asie.

Un enjeu national pour l’employabilité et la compétitivité

Au regard de cette étude, la maîtrise de l’anglais apparaît comme un facteur déterminant d’accès à l’emploi et d’évolution professionnelle. La peur de s’exprimer constitue le frein principal, tandis que la motivation à progresser est réelle et largement partagée.

Les entreprises, quant à elles, privilégient la pratique plutôt que les titres ou les scores. Elles recherchent des collaborateurs capables d’interagir avec confiance dans des situations professionnelles concrètes.

Dans un contexte où l’internationalisation des entreprises françaises s’accélère, où les chaînes de valeur sont globalisées, où les métiers de la tech et du commerce requièrent des échanges constants avec des interlocuteurs étrangers, l’anglais se positionne désormais comme une compétence fondamentale — presque au même titre que l’informatique ou la communication.

Elliot

Informations d'entreprises ou de partenaires

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page