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Les “Dupes” séduisent les jeunes

imitation ou contrefaçon ? Une frontière floue révélée par l’Ifop

Les jeunes et les Dupes : des produits de substitution désormais banalisés

Dans une société où le prix des produits de marque reste un frein à l’achat, les “Dupes” s’imposent comme une alternative séduisante, notamment auprès des jeunes générations. C’est ce que révèle la dernière enquête menée par l’Ifop en juillet 2025 : 74 % des 18-34 ans savent ce qu’est un Dupe, c’est-à-dire un produit imitant une marque célèbre sans en usurper le logo ni le nom.

Cette notoriété est encore plus marquée chez les diplômés du supérieur (83 %). Près des deux tiers (67 %) des jeunes ayant entendu parler des Dupes reconnaissent en avoir déjà acheté, dont 37 % à plusieurs reprises. Ces chiffres illustrent l’ancrage de ces pratiques d’achat dans la consommation des jeunes adultes.

Méthodologie
L’enquête IFOP a été menée auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 à 34 ans. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interview(é)) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 3 au 8 juillet 2025.

Internet, terrain de chasse privilégié pour les Dupes

L’étude souligne que la plupart des achats de Dupes se font en ligne. Les plateformes de e-commerce (Amazon, Cdiscount, Shein, Temu, AliExpress…) sont citées par 57 % des jeunes comme lieu d’achat privilégié, suivies des réseaux sociaux (55 %) et des sites de seconde main comme Vinted ou Leboncoin (48 %). Les magasins discount arrivent en quatrième position, loin devant les grandes surfaces (22 %) ou les enseignes multimarques traditionnelles (20 %).

Ces résultats traduisent une consommation digitalisée, facilitée par les algorithmes et la publicité ciblée des plateformes.

Dupe ou contrefaçon ? Une perception ambivalente

Le lien entre Dupe et contrefaçon reste confus pour beaucoup de jeunes : 43 % voient dans le Dupe une contrefaçon pure et simple, tandis que 42 % y voient une imitation à prix réduit. Mais après présentation de la définition précise, 64 % des jeunes reconnaissent que l’achat d’un Dupe équivaut à acquérir une contrefaçon.

Cette ambiguïté se reflète également dans les perceptions juridiques : 81 % des jeunes ne voyant pas dans le Dupe une contrefaçon estiment l’achat légal. Ce flou juridique profite ainsi à la banalisation des Dupes, qui échappent largement à la répression anti-contrefaçon.

Les jeunes femmes, principales consommatrices et ambassadrices

L’enquête Ifop met en évidence un profil type : celui des jeunes femmes diplômées du supérieur. Plus enclines à percevoir les Dupes comme de simples imitations à prix doux (51 % contre 32 % des hommes), elles sont aussi plus nombreuses à en acheter (44 % contre 29 % des hommes) et à utiliser les plateformes e-commerce ou discount pour s’en procurer.

Elles sont également moins nombreuses à assimiler les Dupes à des contrefaçons : “seules” 56 % d’entre elles établissent cette équivalence, contre 71 % des hommes.

Entre opportunité économique et zone grise juridique

L’étude Ifop révèle une tendance de fond : les Dupes font désormais partie intégrante de la consommation des jeunes Français. Leur banalisation est alimentée par un flou juridique persistant et une perception sociale relativement décomplexée. Mais la frontière avec la contrefaçon reste ténue, posant la question d’une éventuelle clarification réglementaire face à ce phénomène grandissant.

Elliot

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