Fin du cuivre, place à la fibre
L’État organise la bascule numérique des territoires
À partir de janvier 2026, la fermeture du réseau cuivre s’accélère dans plusieurs centaines de communes françaises. Cette étape décisive marque un tournant dans la modernisation des infrastructures numériques, avec le passage progressif vers la fibre optique, technologie désormais au cœur de la connectivité nationale. Plus performante, plus résiliente et moins énergivore, la fibre prend le relais d’un réseau historique arrivé en fin de cycle.
Un chantier stratégique engagé depuis plus de dix ans
La modernisation des réseaux télécoms constitue l’un des piliers de l’action publique en matière d’aménagement numérique. Porté par le Plan France Très Haut Débit, l’objectif fixé par l’État est clair : généraliser l’accès à la fibre optique sur l’ensemble du territoire. Les résultats sont au rendez-vous. Près de 95 pour cent des Français sont désormais éligibles et 80 pour cent des abonnements internet reposent déjà sur cette technologie. La France figure ainsi parmi les pays européens les plus avancés en matière de fibrage, avec un impact direct sur la réduction des fractures territoriales.
Une extinction progressive du réseau historique
Propriétaire du réseau téléphonique historique, Orange conduit l’extinction du réseau cuivre selon un calendrier échelonné jusqu’en 2030. Après une première vague de fermetures en janvier 2025 dans 162 communes, une nouvelle étape est franchie le 27 janvier avec l’arrêt du réseau dans 763 communes supplémentaires, soit environ 900 000 logements, locaux professionnels et bâtiments publics.
Parallèlement, la fermeture commerciale s’intensifie. Dès le 31 janvier, les habitants de plus de 25 000 communes, représentant environ 70 pour cent des communes françaises et 50 pour cent des locaux, ne peuvent plus souscrire de nouveaux abonnements sur le réseau cuivre. Cette phase prépare l’extinction technique complète du réseau sur l’ensemble du territoire à l’horizon 2030.
Des aides ciblées pour accompagner la transition
Conscient des enjeux pratiques et financiers liés au raccordement à la fibre, l’État a déployé plusieurs dispositifs d’accompagnement. La Direction générale des Entreprises a lancé en septembre 2025 une aide expérimentale destinée à financer une partie des travaux nécessaires au raccordement des usagers concernés à court terme. Cette aide est opérée pour le compte de l’État par l’Agence de services et de paiement.
Le dispositif s’adresse aux particuliers sous conditions de ressources ainsi qu’aux très petites entreprises implantées dans les communes concernées, jusqu’en janvier 2027. Pour en bénéficier, les usagers doivent engager une demande de raccordement auprès du fournisseur d’accès à internet de leur choix. Une attestation délivrée par l’opérateur permet ensuite d’ouvrir droit à la prise en charge partielle des coûts, rendant la transition plus accessible.
Informer, anticiper, accompagner
Au-delà du soutien financier, les pouvoirs publics ont souhaité structurer un accompagnement global. Une plateforme nationale centralise les informations pratiques, permettant à chacun de vérifier s’il est concerné, de connaître les démarches à anticiper et de consulter les calendriers de fermeture par commune. Des outils de cartographie et des guides pédagogiques détaillent, étape par étape, le passage à la fibre pour les particuliers, les entreprises et les collectivités.
La DGE s’appuie également sur un réseau de partenaires de terrain afin d’assurer une information de proximité. Médiateurs du numérique, chambres consulaires, fédérations professionnelles et associations représentatives des collectivités territoriales sont mobilisés pour répondre aux interrogations et faciliter les démarches.
Une réussite collective assumée par l’État
Pour le Gouvernement, la fin du cuivre symbolise l’aboutissement d’un investissement public de long terme et l’entrée dans une nouvelle ère numérique. Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, souligne le caractère structurant de cette transition et l’importance de la concertation entre l’État, les opérateurs et les élus locaux. La mobilisation collective est présentée comme la clé d’un chantier qui engage à la fois la compétitivité économique, la cohésion territoriale et la souveraineté numérique.
Vers un réseau plus performant et durable
À l’heure où les usages numériques se multiplient, la fibre optique s’impose comme l’infrastructure de référence pour les décennies à venir. La fermeture progressive du réseau cuivre ne se résume pas à une évolution technique. Elle traduit une transformation profonde des territoires, des services publics et des activités économiques. En accompagnant cette bascule, l’État entend faire de la fin du cuivre non pas une contrainte, mais une opportunité collective pour accélérer l’inclusion numérique et préparer l’avenir.
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a déclaré : « Cette étape marque un tournant majeur dans la modernisation de nos infrastructures numériques avec le remplacement progressif du réseau cuivre par la fibre. Depuis 2013 et le Plan France Très Haut Débit, l’Etat a massivement investi pour le déploiement de la fibre optique partout en France. Le cuivre laisse aujourd’hui sa place à la fibre. Dans ce chantier, la concertation entre Etat, opérateurs et élus locaux est décisive. Je veux saluer la mobilisation des opérateurs télécoms et celle des élus locaux. Le Gouvernement se tient aux côtés des élus et des citoyens pour faire de ce chantier une réussite collective. »




