Élevage : la relève est là, mais le défi du renouvellement reste entier
À l’occasion du Sommet de l’Élevage qui se tiendra du 7 au 10 octobre 2025 à Cournon-d’Auvergne, Eloi, entreprise à mission spécialisée dans la transmission des exploitations agricoles, publie des chiffres inédits sur les candidats à l’installation en France. Et la surprise est de taille : contrairement aux idées reçues, l’élevage continue d’attirer la nouvelle génération d’agriculteurs. Sur les 8 000 porteurs de projets accompagnés par Eloi, près de 5 000 se déclarent prêts à reprendre une exploitation d’élevage, soit plus de 60 %.
Une filière essentielle mais fragilisée
L’élevage occupe une place centrale dans l’agriculture française. Il représente non seulement un poids économique majeur, mais aussi un pilier dans l’aménagement des territoires, l’entretien des paysages et la vitalité de nombreuses zones rurales. De plus, l’élevage façonne l’identité culturelle et gastronomique du pays, à travers ses fromages, ses viandes de qualité et ses appellations d’origine protégée (AOP).
Pourtant, la filière traverse une période critique. Le renouvellement des générations devient un enjeu vital. Les données sont préoccupantes :
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La moitié des agriculteurs partiront à la retraite d’ici dix ans.
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Chaque année, 10 000 fermes disparaissent.
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Dans l’aviculture, 1 500 exploitations devraient cesser leur activité d’ici 2035.
En parallèle, si environ 14 000 nouveaux chefs d’exploitation s’installent chaque année, ils ne suffisent pas à compenser les départs massifs. Le nombre total d’exploitations agricoles recule inexorablement : 490 000 en 2010, 390 000 en 2020.
Face à cette équation, une question s’impose : qui reprendra demain les fermes françaises ?
L’élevage séduit encore les jeunes porteurs de projets
Les chiffres publiés par Eloi sont porteurs d’espoir. Près de 5 000 candidats à la reprise souhaitent s’installer en élevage. Loin d’être désertée, cette voie séduit toujours les jeunes générations, en particulier dans les productions bovine et ovine. Sur ces deux filières, près de 3 000 porteurs de projet se disent prêts à franchir le pas.
La dynamique est tangible :
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Chaque annonce d’élevage bovin publiée sur le site d’Eloi attire en moyenne 19 candidats.
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Les fermes ovines ne sont pas en reste, avec une moyenne de 18 porteurs de projets par annonce.
Ce regain d’intérêt témoigne d’une volonté de renouer avec une agriculture à taille humaine, souvent ancrée dans des territoires de montagne ou de zones AOP, où la valorisation des produits et la dimension patrimoniale donnent un sens particulier à l’activité.
Les régions locomotives de l’élevage
La répartition géographique des projets confirme cette attractivité. Trois régions sortent du lot :
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L’Auvergne-Rhône-Alpes, qui concentre de nombreux élevages à forte valeur ajoutée, notamment en zones de montagne et sous signes de qualité. Chaque ferme publiée y attire en moyenne 23 porteurs de projet.
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La Bretagne, terre traditionnelle d’élevage, demeure un pôle majeur avec 19 candidats par ferme publiée.
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La Bourgogne-Franche-Comté, où la filière est solidement valorisée, enregistre également 19 candidats par ferme.
Ces chiffres traduisent un engouement certain, mais ils soulignent aussi l’importance de politiques publiques différenciées, tenant compte des spécificités régionales et de la valorisation des produits.
Eloi, catalyseur du renouvellement agricole
Dans ce contexte, Eloi joue un rôle décisif. L’entreprise à mission ne se contente pas de mettre en relation cédants et repreneurs : elle apporte une véritable ingénierie de la transmission. Chaque ferme bénéficie d’un diagnostic complet avant sa diffusion auprès de la plus grande communauté de repreneurs de France.
Une fois la mise en relation établie, Eloi connecte les porteurs de projets à des partenaires pour sécuriser leur parcours : financements, diversification des activités, recherche de débouchés commerciaux, accompagnement technique… Autant de leviers indispensables pour réussir une installation.
Avec cette approche, Eloi ambitionne de permettre à 5 000 porteurs de projets de trouver l’élevage qui leur correspond. Une mission qui prend une résonance particulière à l’heure où la pérennité de l’élevage français est en jeu.
Une relève à conforter, un modèle à réinventer
Les chiffres publiés par Eloi prouvent que les vocations existent encore, que des jeunes veulent reprendre le flambeau, et que l’élevage garde un pouvoir d’attraction malgré les difficultés. Mais l’enjeu ne se limite pas à la volonté des candidats : il s’agit désormais de transformer cette énergie en installations concrètes et durables.
Cela suppose d’agir sur plusieurs fronts : faciliter l’accès au foncier, sécuriser les revenus, valoriser les produits par des circuits courts ou des labels de qualité, et surtout, accompagner les porteurs de projets dans leurs premières années d’installation, souvent décisives.
À l’horizon 2035, alors que des milliers d’exploitations risquent de disparaître, la bataille du renouvellement agricole se jouera dans la capacité à relier les générations et à réinventer l’élevage français. Plus qu’une nécessité économique, il s’agit d’un choix de société : préserver une agriculture vivante, ancrée dans les territoires, capable de nourrir et d’inspirer les générations futures.




