CGI et l’ESA accélèrent l’observation de la Terre grâce à l’intelligence artificielle
CGI accompagne la mission Φsat-2 de l’Agence spatiale européenne dans le développement de nouvelles capacités d’observation de la Terre reposant sur l’intelligence artificielle. L’entreprise de services-conseils en technologie de l’information et en management met à disposition sa plateforme Insula, conçue pour centraliser, traiter et harmoniser les données produites par les satellites.
Développée par les équipes italiennes de CGI, cette plateforme occupe une place centrale dans l’exploitation des informations recueillies par Φsat-2. Elle fournit aux chercheurs et aux concepteurs d’applications d’intelligence artificielle des ensembles de données calibrés et géolocalisés, directement exploitables pour leurs travaux.
Insula est notamment capable de traiter des volumes importants de données issues de plusieurs missions satellitaires. Cette infrastructure facilite la réalisation d’analyses avancées, telles que la détection de tendances, l’identification d’anomalies ou encore la modélisation prédictive.
Plus de 10 000 images multispectrales générées
Accessible au public depuis juin 2025, la plateforme a déjà été utilisée par plus de 3 000 personnes. Elle a également permis de générer plus de 10 000 images multispectrales, constituant ainsi une base de travail pour les communautés scientifiques et les développeurs spécialisés dans l’intelligence artificielle.
Ces images peuvent être utilisées pour entraîner et tester des modèles d’IA à partir de données satellitaires réelles. Cette approche doit permettre d’accélérer le développement de nouvelles applications dans des domaines aussi variés que la surveillance de l’environnement, la gestion des catastrophes naturelles, l’aménagement du territoire ou le suivi des activités maritimes.
Pour Nino Pace, vice-président services-conseils de CGI Italie, la mission Φsat-2 ouvre la voie à de nouvelles méthodes d’observation de la Terre. Les résultats obtenus sont accessibles par l’intermédiaire d’Insula, ce qui doit contribuer à élargir leur utilisation et à améliorer l’efficacité des analyses.
Une intelligence artificielle directement embarquée dans le satellite
Φsat-2 figure parmi les petits satellites les plus avancés développés par l’Agence spatiale européenne. Sa particularité réside dans l’intégration de capacités d’intelligence artificielle directement à bord.
Habituellement, les images captées par un satellite sont envoyées vers des infrastructures terrestres avant d’être traitées. Avec Φsat-2, une partie de cette analyse peut être réalisée dans l’espace, avant même la transmission des données. Le satellite est ainsi en mesure de sélectionner les informations les plus pertinentes et de limiter l’envoi d’images inutilisables.
Cette capacité permet notamment de détecter automatiquement la présence de nuages et d’écarter les clichés insuffisamment exploitables. Elle contribue à réduire le volume de données transmis vers le sol tout en améliorant la qualité des informations finalement mises à la disposition des utilisateurs.
L’intelligence artificielle embarquée peut également assurer la détection et la classification de navires, générer des cartes routières, compresser des images ou participer à leur reconstruction au sol. Ces fonctionnalités peuvent être utilisées aussi bien pour la surveillance environnementale que pour l’observation des infrastructures ou l’analyse des activités humaines.
Des applications pour la gestion des situations d’urgence
La mission Φsat-2 doit également contribuer à améliorer la rapidité des interventions en situation d’urgence. Les capacités d’analyse embarquées peuvent, par exemple, être mobilisées pour détecter des incendies ou identifier rapidement des changements importants à la surface de la Terre.
En réalisant une première analyse directement à bord du satellite, le système peut transmettre plus rapidement les informations considérées comme prioritaires. Cette réduction du délai entre la prise de vue et l’exploitation des données constitue un enjeu majeur dans les situations où chaque minute compte.
Mirko Albani, responsable de la mission Φsat-2 pour l’ESA, souligne que l’utilisation conjointe de l’intelligence artificielle et du traitement embarqué permet de fournir plus rapidement des informations de qualité aux acteurs de l’observation de la Terre.
La politique de données ouvertes menée par l’ESA doit par ailleurs faciliter l’accès aux images multispectrales produites par la mission. Elle permet à des chercheurs, des entreprises et des développeurs de travailler à partir de données satellitaires sans avoir à disposer de leurs propres infrastructures spatiales.
Les petits satellites gagnent en autonomie
Φsat-2 illustre également l’évolution des petits satellites, longtemps considérés comme des outils complémentaires aux missions spatiales de grande ampleur. L’intégration de capacités de calcul et d’intelligence artificielle leur permet désormais d’effectuer des traitements complexes et de répondre à des besoins opérationnels précis.
Ces satellites peuvent être conçus et déployés plus rapidement que les grandes plateformes traditionnelles. Leur multiplication pourrait permettre d’augmenter la fréquence des observations et de fournir des informations plus régulièrement actualisées.
Pour l’ESA, cette mission doit démontrer la capacité de ces équipements à produire des données utiles dans un grand nombre de domaines. Les informations recueillies pourront aussi bien servir à la surveillance des océans qu’au suivi des infrastructures, à l’étude des changements environnementaux ou à la préparation des interventions de secours.
Plus de dix ans de coopération entre CGI et l’ESA
La participation de CGI à Φsat-2 s’inscrit dans une collaboration de longue durée avec l’Agence spatiale européenne en Italie. Depuis plus de dix ans, les équipes de l’entreprise interviennent dans plusieurs domaines liés à l’observation de la Terre, aux opérations de mission et à la surveillance planétaire.
Selon Alberto Anaya, responsable de l’unité d’affaires Espagne et Italie de CGI, cette expérience permet au groupe de contribuer au déploiement de technologies destinées à la communauté scientifique et au secteur spatial.
Avec Insula, CGI ne se limite pas à accompagner le fonctionnement technique du satellite. La plateforme doit également permettre de diffuser plus largement les résultats de la mission et de faciliter leur réutilisation par des acteurs extérieurs.
L’association entre données ouvertes, petits satellites et intelligence artificielle embarquée pourrait ainsi transformer progressivement les méthodes d’observation de la Terre. En rapprochant le traitement des données du lieu où elles sont produites, Φsat-2 cherche à rendre l’information satellitaire plus rapide, plus ciblée et plus directement exploitable.




