Adieu les amis
Décidément, deux être qui m’étaient chers sont partis ce premier trimestre d’une année fatale. L’un était photographe trop perché sur sa technique. L’autre était bougon qu’il fallait s’accrocher pour l’aborder. Mais ; les deux avaient cet avantage rare de ne jamais cacher leur jeu, même si, un autre point commun, leur timidité naturelle était de ne pa se dévoiler.
L’un s’en est allé d’une sale maladie qui ne vous lâche pas. L’autre a vu son cœur s’arrêter et en pas reprendre malgré les massages cardiaques tentés.
J’avais promis de ne pas aller à leur enterrement. Parole tenue pour le premier, mais pour le deuxième, sa veuve m’est devenue trop proche pour m’écarter.
Mais sans doute que la mention sur un banal faire-part « ni fleur, ni plaque, ni couronne » a largement compensé la présence d’une croix qui n’avait rien à faire là.
D’ailleurs, j’aurais ajouté « ni pleur » si j’avais été sûr de retenir les miens le jour où je verrais partir vers un destin terre à terre l’un de mes proches. Heureusement, il y en a peu.
Ça calme mes envies de tourments. Et, en cela, je cous assure, l’absence d’une famille telle que la veut la tradition est bénie de la République.
Le fait que la cérémonie se passe, néanmoins, directement au centre de crémation du coin, sans passer par la case église, a également joué pour que je puisse exercer pleinement mon courage d’intégrer une vieille, très vieille tradition humaine que d’accompagner ainsi celui, ou celle qui n’est plus.
Il n’y a pas de bûcher, mais un four à haute tension pour réduire en cendres un humain destiné à revenir en poussière.
C’est marrant comme différentes croyances se rejoignent devant l’incompréhensible d’une chose certaine. Mais dire que la mort rend tout le monde égal est peut-être fort du café.
Quoique mon épouse me dise toujours « la mort fait partie de la vie »




