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Tests ADN généalogiques : les Français de plus en plus séduits malgré l’interdit

Longtemps cantonnés à une curiosité marginale, les tests ADN à visée généalogique semblent désormais s’installer dans le paysage mental des Français. C’est ce que met en lumière une étude Ifop réalisée pour Geneanet, qui montre qu’au-delà du cadre juridique restrictif en vigueur en France, ces outils suscitent un intérêt croissant, porté notamment par les jeunes générations.

Selon cette enquête menée en mars 2026 auprès de 1 003 Français âgés de 18 ans et plus, 66 % des personnes interrogées déclarent connaître l’existence des tests ADN à vocation généalogique. Ce niveau de notoriété progresse par rapport à 2022, où il s’établissait à 61 %. La dynamique est particulièrement marquée chez les moins de 35 ans, parmi lesquels 74 % disent en avoir entendu parler, contre 63 % chez les plus de 35 ans.

Cette montée en visibilité s’accompagne d’une adhésion majoritaire. Parmi les Français qui connaissent ces tests, 65 % s’y déclarent favorables. L’enquête met ainsi en évidence une évolution du regard porté sur ces dispositifs, qui ne sont plus seulement perçus comme une curiosité technologique, mais comme un instrument susceptible d’apporter un éclairage nouveau sur l’histoire familiale. Pour 77 % des répondants favorables, ils permettent avant tout d’en savoir plus sur leurs origines. La moitié y voit également un complément à la généalogie traditionnelle. D’autres y perçoivent une utilité plus concrète : 42 % estiment qu’ils peuvent aider à retrouver un parent inconnu, tandis que 32 % y voient un moyen de découvrir des cousins éloignés.

L’étude montre aussi que l’usage, bien que limité, n’est plus anecdotique. Aujourd’hui, 6 % des Français disent avoir déjà réalisé un test ADN à vocation généalogique. Cette proportion grimpe nettement dans certains segments de la population : 19 % chez les 25-34 ans, 10 % chez les CSP+, 10 % chez les habitants de la région parisienne et 10 % dans les foyers avec enfants. Ces écarts traduisent à la fois un attrait générationnel, une capacité d’accès plus forte à ce type d’offre et, sans doute, une sensibilité plus marquée à la recherche identitaire et familiale.

L’un des enseignements majeurs de l’enquête réside dans le potentiel de développement de ces pratiques. Si les tests ADN généalogiques étaient légalement accessibles en France, 22 % des Français envisageraient d’en réaliser un dans les prochains mois. Ce chiffre progresse de 14 points par rapport à 2022, signe d’un changement rapide des mentalités. Là encore, les plus jeunes apparaissent comme les plus réceptifs : 28 % des moins de 35 ans se disent prêts à franchir le pas. La même proportion se retrouve chez les personnes ayant déjà effectué des recherches sur leur histoire familiale, tandis que 26 % des foyers avec enfants se disent également intéressés.

Pourquoi cet attrait ? Parmi les Français ayant déjà réalisé un test, 8 sur 10 se déclarent satisfaits. Le premier moteur reste la quête des origines, citée par 35 % des répondants. Mais d’autres facteurs entrent en ligne de compte, à commencer par le prix, jugé abordable par 30 % d’entre eux. Le respect des règles de confidentialité constitue aussi un élément important, mentionné par 26 %. Viennent ensuite des motivations plus relationnelles ou affectives : la demande d’un membre de la famille, l’envie de découvrir d’autres cousins ou encore les retours positifs de l’entourage.

Au fond, l’étude souligne moins une opposition entre généalogie classique et approche génétique qu’un mouvement de complémentarité entre les deux. Les tests ADN apparaissent comme une extension possible des démarches traditionnelles, et non comme leur substitut. Cette complémentarité semble particulièrement parler à un public jeune, habitué à des usages plus immédiats, plus visuels et plus connectés de la recherche d’information. Geneanet estime d’ailleurs que cette modernisation des pratiques contribue à rendre la généalogie plus accessible et plus universelle.

Reste un paradoxe très français : alors même que ces tests demeurent interdits dans l’Hexagone, ils bénéficient d’une popularité réelle et d’une curiosité croissante. L’enquête met ainsi en lumière un décalage entre le droit et les attentes d’une partie de la population. Elle montre surtout que la question des origines familiales, de la filiation et de l’identité continue de travailler la société française, désormais à la croisée des archives, du numérique et de la biologie.

Elliot

Elliot contribue à la rédaction de PèreLaFouine sur des sujets liés à l’actualité, à la société, à la consommation, aux entreprises, aux nouvelles technologies et aux évolutions des modes de vie. Ses articles privilégient une approche claire, factuelle et accessible, avec l’objectif de donner aux lecteurs les éléments utiles pour comprendre les enjeux du quotidien.

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