Avec qui ?
Aussi loin que portent mes souvenirs au sujet des manifestations, il y a eu de la casse. Déjà, à la fin de mon enfance, je m’entendais dire qu’il ne fallait pas y aller à cause des casseurs.
Pourtant, en Seine Saint Denis, pour porter l’exemple, mais c’était vrai partout dans l’actuelle Île de France et les plus grandes agglomérations, les casseurs ont en avait bien l’habitude lorsque les blousons noirs des banlieues se faisaient baston avec les blousons dorés de la capitale. Certes il n’y avait pas en de lancer de lacrymogène, mais le gourdin trop souvent bordés de clous, oui.
Mais, comme l’on dit maintenant, c’était plus de l’entre-soi entre bandes rivales dont personne ne connaissait la raison autre que d’être de l’autre côté. Ce qui faisait craindre, c’était déjà les casses de vitrine et mobilier urbain. On en a connu l’apogée en mai 1968 où la révolte des étudiants, qui voulaient seulement interdire l’interdit, ont dépavé les rues de Paris pour faire des concours de jets, sur Crs, Compagnie Républicaine de Sécurité, de préférence. Et la violence était forte de partout, parfois l’on comptait parmi les civils un mort, à force d’être tabassé ou jeté à l’eau.
Les atteintes physiques étaient peut-être aussi nombreuses que les corporelles. Alors, oui aussi, c’est peut-être violent, mais n’est-ce pas le fait de l’augmentation de la population qui amplifie ce phénomène ?
Les politiques n’ont jamais voulu réellement tenir compte des revendications de ceux qui allaient entrer dans la vie active. Hier, c’était pour faire voir que l’on n’était pas le bourgeois que peut-être on allait devenir adulte.
Mais, aujourd’hui, la crainte, la peur est autre. Le constat est que les jeunes, de plus en plus jeunes, malgré les baisses de natalité, sentent bien le malaise des adultes qui devraient les accompagner sur leur parcours.
Pour mieux vivre demain, il faut changer aujourd’hui. Avec qui ?




