LES DEUX TAUREAUX ET UNE GRENOUILLE de Jean de La Fontaine

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Deux Taureaux combattaient à qui posséderait

Une Génisse avec l’empire.

Une Grenouille en soupirait.

Qu’avez-vous? se mit à lui dire.

Quelqu’un du peuple croassant.

– Et ne voyez-vous pas, dit-elle,

Que la fin de cette querelle

Sera l’exil de l’un ; que l’autre le chassant

Le fera renoncer aux campagnes fleuries ?

Il ne régnera plus sur l’herbe des prairies,

Viendra dans nos marais régner sur les Roseaux,

Et, nous foulant aux pieds jusques au fond des eaux,

Tantôt l’une, et puis l’autre, il faudra qu’on pâtisse

Du combat qu’a causé Madame la Génisse.

Cette crainte était de bon sens ;

L’un des Taureaux en leur demeure

S’alla cacher à leurs dépens :

Il en écrasait vingt par heure,

Hélas ! on voit que de tout temps

Les petits ont pâti des sottises des grands.

 

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