Fables

Les deux mulets de Jean de La Fontaine

Deux Mulets cheminaient ; l’un d’avoine chargé ;

L’autre ponant l’argent de la Gabelle.

Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,

N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.

Il marchait d’un pas relevé,

Et frisait sonner sa sonnette ;

Quand, l’ennemi se présentant,

Comme il en voulait à l’argent,

Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,

Le saisit au hein, et l’arrête.

Le Mulet se défendant

Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.

« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?

Ce Mulet qui me suit du danger se retire ;

Et moi j’y tombe, et je péris.

– Ami, lui dit son camarade,

Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :

Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,

Tu ne serais pas si malade. »

Elliot

Elliot contribue à la rédaction de PèreLaFouine sur des sujets liés à l’actualité, à la société, à la consommation, aux entreprises, aux nouvelles technologies et aux évolutions des modes de vie. Ses articles privilégient une approche claire, factuelle et accessible, avec l’objectif de donner aux lecteurs les éléments utiles pour comprendre les enjeux du quotidien.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page