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Il faut une politique de relance ambitieuse du ferroviaire, le Gouvernement ne peut plus attendre pour agir

Tribune de Nicolas Forissier Député de l’Indre - Conseiller régional du Centre-Val de Loire

Nicolas Forissier Député de l’Indre
Conseiller régional du Centre-Val de Loire
Président du Groupe de l’Union de la Droite, du Centre et des Indépendants et Ancien ministre

Des centres-villes jusqu’au cœur de nos territoires, dans l’ensemble de nos régions, la relance du transport ferroviaire devient une priorité. Pénurie de carburants, hausse des coûts de l’énergie, crise climatique, inflation… les défis auxquels nous faisons collectivement face nous imposent d’adopter une posture forte et cohérente, à la hauteur de nos ambitions. Nous devons agir et non subir !

Rebâtir la compétitivité française de demain en adoptant une vision à l’horizon 2050, apparait désormais comme une évidence. Anticiper pour mieux répondre aux défis qui nous attendent, c’est éviter plus tard des difficultés pénalisantes pour tous. Il s’agit dès lors d’opérer un tournant primordial dans notre stratégie environnementale et économique, en lien avec la revitalisation de nos territoires ruraux, malheureusement plus délaissés et fragilisés de jour en jour.

J’ai récemment proposé au Gouvernement la création d’un fonds d’investissement massif, à hauteur de 3 milliards d’euros par an, dédié à la relance du transport ferroviaire français. Je regrette que le Gouvernement n’ait pas retenu de propositions allant dans ce sens dans le dernier projet de loi des finances discuté à l’Assemblée nationale, mais notre implication humaine, matérielle et financière doit néanmoins demeurer intacte face à ces sujets.

Un investissement majeur est à engager au plus vite, en concertation directe avec l’ensemble des élus locaux. Ces derniers doivent faire partie intégrante de ce tournant historique. Car ils connaissent leurs territoires et leurs habitants, ils partagent au quotidien tant leurs problèmes que les solutions nécessaires.

Cet investissement apparait indispensable pour l’emploi dans nos territoires car oui, le ferroviaire de demain n’est pas celui d’hier : il est digitalisé, moderne, développeur de technologies de pointe. Atteindre cet objectif serait ainsi bénéfique, à la fois pour l’environ- nement, pour l’industrie et pour l’emploi non délocalisable. Un investissement indispensable aussi pour nos jeunes qui souhaitent voyager, se former ou travailler avec la liberté de choisir le lieu, ou encore pour offrir à la génération de nos enfants et petits-enfants une France où l’ensemble des départements seraient enfin connectés. Un investissement, enfin, en cohérence avec nos objectifs nationaux et dans la lignée des réponses apportées par nos voisins européens. Autour de nous, de nombreux pays ont compris que le développement des territoires, l’essor de notre économie et la lutte contre le réchauffement climatique passaient notamment par le ferroviaire et ils ont fortement investi. L’Allemagne met sur la table 86 milliards d’euros sur dix ans pour développer le secteur. Les Italiens, investissent quant à eux, 170 milliards d’euros. Contre 4 milliards d’euros pour la France budgétés pour 2023…

Le 21 octobre dernier Carole Delga, Présidente de l’association des Régions de France, tirait d’ailleurs le même signal d’alarme : Si l’État n investit pas à hauteur de 100 milliards d euros sur 10 ans, le réseau de trains français va sombrer […], la moitié des lignes vont fermer dans les cinq ans, avec des conséquences dramatiques pour les territoires et l’économie du pays.”

La France rappelle depuis de nombreuses années la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre mais s’en donne-t-elle vraiment tous les moyens ? Oui, mais pour partie seulement. Les transports sont le premier poste émetteur en France, à hauteur de 31%, contre 0,3% pour la part du ferroviaire. De quoi nous imposer, par des réponses fortes, d’inverser cette tendance, de nous doter de moyens ambitieux pour repenser les modes de transports, pour orienter les déplacements par la route vers les déplacements par le rail, tant pour les voyageurs que pour les marchandises.

Pour cela, il nous faut établir trois grandes priorités pour le réseau ferré français : la régénération, la modernisation, et la construction.

Certains rails ont en France plus de soixante ans, nécessitant d’accélérer d’urgence ce travail de régénération. À titre d’exemple, selon l’Autorité de qualité de service dans les transports (AQST), la ligne Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) – Paris Montparnasse est l’une des plus mauvaises lignes du pays, faute d’investissements suffisants. On estime le retard sur les cinq dernières années entre 25 et 30%. Il en est de même avec les liaisons très fréquentées de la région Centre-Val de Loire que sont Paris-Chartres et Paris-Montargis : des voies vieillissantes, peu nombreuses et où tous types de train se croisent (RER, TER

et Intercités).

Dans le même temps, il faut moderniser et, enfin, construire et reconstruire de nouvelles lignes, aussi bien des lignes du quotidien que des lignes à grande vitesse dans des territoires aujourd’hui moins bien desservis.

Des lignes structurantes ont besoin d’être relancées au plus vite pour désenclaver des espaces et créer enfin des connexions ayant une logique territoriale comme la ligne Châteauroux – Tours. Conserver un nombre conséquent d’arrêts dans des communes rurales dépendantes du ferroviaire, telle Argenton-sur-Creuse (Indre), apparait en parallèle un objectif à ne surtout pas perdre de vue.

Cette politique de relance ambitieuse du ferroviaire doit évidemment s’accompagner d’un effort de l’Etat auprès des Régions. Ces dernières investissent déjà près de 6 milliards par an en infrastructures et en matériels roulants, dont 2,3 milliards rien qu’en Ile-de-France…

En tout état de cause, le Gouvernement ne peut plus attendre pour agir !

perelafouine

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