Don de gamètes une forte adhésion mais encore trop peu de donneurs en France
Cinq ans après l’élargissement de l’assistance médicale à la procréation, le don de gamètes bénéficie d’une image largement positive auprès des Français. Pourtant, le nombre de donneuses d’ovocytes et de donneurs de spermatozoïdes reste insuffisant face aux besoins. Plus de 11 000 personnes étaient encore en attente d’un don fin 2025. Pour tenter de réduire cet écart entre adhésion et engagement, l’Agence de la biomédecine organise sa troisième tournée nationale #FaitesDesParents, avec une étape à Orléans le 28 septembre 2026.
Le paradoxe apparaît nettement dans les résultats du baromètre 2026 de l’Agence de la biomédecine. Le don de gamètes est désormais relativement bien connu et largement accepté dans son principe, mais cette adhésion peine encore à se transformer en dons effectifs.
Selon cette enquête, 76 % des Français se déclarent favorables au don de gamètes et 77 % indiquent avoir déjà entendu parler de cette démarche. Cette notoriété se stabilise depuis deux ans. Elle ne suffit cependant pas à assurer un nombre de donneurs correspondant aux besoins des personnes engagées dans un parcours d’assistance médicale à la procréation.
Plus de 11 000 personnes en attente fin 2025
Les chiffres illustrent l’ampleur de l’enjeu. En 2025, 1 050 femmes ont effectué un don d’ovocytes tandis que 1 015 candidats au don de spermatozoïdes ont été recrutés.
Dans le même temps, plus de 8 700 personnes étaient inscrites fin 2025 sur une liste d’attente pour bénéficier d’un don de spermatozoïdes. Près de 2 650 personnes attendaient par ailleurs un don d’ovocytes.
Au total, plus de 11 000 personnes étaient donc concernées par ces deux listes d’attente. Les situations ne peuvent naturellement pas être comparées à une simple équivalence entre un donneur et une personne en attente, mais ces données témoignent de besoins qui demeurent élevés.
La question est devenue d’autant plus importante que le cadre de l’assistance médicale à la procréation a profondément évolué. La loi de bioéthique de 2021 a ouvert l’accès à l’AMP aux couples de femmes et aux femmes non mariées. Cinq ans après cette réforme, la disponibilité des gamètes constitue ainsi l’une des conditions concrètes permettant de répondre aux projets parentaux concernés.
De l’adhésion au passage à l’acte
Le baromètre met surtout en évidence un décalage entre l’opinion favorable exprimée par une majorité de Français et leur disposition à effectuer personnellement un don.
Parmi les personnes interrogées en âge de donner, 32 % se sentent concrètement concernées en tant que donneurs potentiels. Parmi celles qui sont à la fois en âge de donner et favorables au principe du don, 54 % déclarent qu’elles seraient prêtes à donner leurs gamètes.
Mais lorsqu’il s’agit d’envisager concrètement cette démarche, la proportion tombe à 11 %. Les femmes, les 25-34 ans et les personnes connaissant quelqu’un directement concerné figurent parmi les catégories les plus disposées à envisager le passage à l’acte.
Cette différence importante constitue l’un des principaux enjeux de la campagne 2026. L’Agence de la biomédecine identifie notamment un déficit d’informations pratiques. Les interrogations portent sur les besoins réels en donneurs, l’utilisation des dons ou encore les différentes étapes à accomplir.
Ainsi, 43 % des personnes interrogées estiment qu’un meilleur accès à l’information pourrait les convaincre de s’engager concrètement.
Une campagne nationale dans dix villes
C’est dans ce contexte que l’Agence de la biomédecine organise, du 16 septembre au 14 octobre 2026, la troisième tournée nationale #FaitesDesParents.
Pendant près d’un mois, un bus itinérant doit faire étape dans dix villes françaises disposant d’un centre de don. L’objectif est de rapprocher l’information du public et de permettre des échanges directs avec les différents acteurs concernés.
Professionnels de santé, associations, donneurs et personnes ayant bénéficié d’un don sont mobilisés autour de cette opération. Les visiteurs peuvent obtenir des informations sur le don de spermatozoïdes et d’ovocytes, les conditions requises, le déroulement du parcours et les besoins actuels.
L’enjeu consiste notamment à rendre plus concrète une démarche dont le principe est largement accepté, mais dont les modalités restent parfois mal connues.
Orléans accueille le bus le 28 septembre
Le Centre-Val de Loire fait partie des territoires concernés par cette campagne. Dans la région, 75 % des personnes interrogées se déclarent favorables au don de gamètes et plus de 61 % estiment disposer de suffisamment d’informations sur le sujet.
À Orléans, le bus #FaitesDesParents est présent lundi 28 septembre 2026, de 11 h 30 à 19 h, place du Général de Gaulle.
Le public peut y rencontrer des professionnels des centres de don, des représentants d’associations de patients ainsi que des personnes ayant donné leurs gamètes ou ayant bénéficié d’un don.
Des animations pédagogiques sont également proposées afin d’expliquer le parcours du don. Les personnes souhaitant entreprendre une démarche peuvent prendre directement rendez-vous avec les professionnels du centre de don d’Orléans.
Une progression du don de spermatozoïdes en Centre-Val de Loire
Les données régionales montrent des évolutions différentes selon le type de don.
En 2024, 39 femmes ont effectué un don d’ovocytes en Centre-Val de Loire, contre 41 en 2023. Dans le même temps, 46 donneurs de spermatozoïdes ont été recensés, contre 30 l’année précédente.
La progression du nombre de donneurs de spermatozoïdes est donc sensible sur un an, tandis que le nombre de donneuses d’ovocytes s’inscrit en léger retrait. Ces effectifs restent néanmoins limités au regard des besoins nationaux et de la nécessité de maintenir dans le temps un nombre suffisant de nouveaux donneurs.
À Orléans et dans la région, les personnes souhaitant donner sont accompagnées par les équipes du centre de don du CHRO d’Orléans.
Les conditions d’âge diffèrent selon le don. Une femme doit avoir entre 18 et 37 ans inclus pour donner ses ovocytes. Pour un homme souhaitant donner ses spermatozoïdes, la limite est fixée à 44 ans inclus. Dans les deux cas, les donneurs doivent être en bonne santé.
Le cadre du don a également évolué
La réforme bioéthique de 2021 a aussi modifié les règles concernant l’accès aux origines.
Les personnes nées d’un don peuvent désormais, lorsqu’elles atteignent leur majorité et si elles en font la demande, accéder à l’identité de leur donneur ou donneuse ainsi qu’à certaines données non identifiantes. Celles-ci peuvent notamment concerner des caractéristiques physiques ou les motivations ayant conduit au don.
Cette évolution constitue une information importante pour les personnes envisageant aujourd’hui de devenir donneuses ou donneurs.
Informer pour transformer l’intention en engagement
La tournée #FaitesDesParents s’accompagne d’un dispositif de sensibilisation plus large à Orléans. Des affichages sont notamment prévus dans des commerces, salles de sport, résidences étudiantes et espaces de coworking.
La campagne prévoit également des actions auprès du CROUS, des spots audio sur les plateformes numériques, des vidéos diffusées sur les services de replay et YouTube ainsi qu’une présence sur les réseaux sociaux. Une opération d’influence locale est également annoncée avec Emilie Fanich, du compte @famillefanich, à l’occasion du passage du bus à Orléans.
Au-delà de la campagne elle-même, les chiffres du baromètre 2026 mettent en évidence le principal défi auquel est confronté le don de gamètes en France. Le problème n’est plus seulement de convaincre la population de son utilité. Avec 76 % d’opinions favorables, cette adhésion existe déjà largement.
L’enjeu consiste désormais à réduire la distance entre une solidarité approuvée dans son principe et un engagement personnel beaucoup plus rare. Alors que 54 % des personnes en âge de donner et favorables au don déclarent être prêtes à le faire, seules 11 % envisagent concrètement cette démarche. Dans un système où la réalisation de milliers de projets parentaux dépend directement de la disponibilité des gamètes, ce passage de l’intention à l’action constitue désormais un enjeu central.
Le bus #FaitesDesParents à Orléans – Infos pratiques
- Date : Lundi 28 septembre 2026
- Horaires : De 11h30 à 19h00
- Lieu : Place du Général de Gaulle, 45000 Orléans
- Un dispositif interactif à bord du bus :
Rencontres avec des professionnels du centre de don du CHU d’Orléans
Rencontres avec les témoins locaux : anciens donneurs et/ou receveurs.
Rencontres avec des associations de patients locales - Animations pédagogiques : quiz, vidéos, supports visuels et infographies pour mieux comprendre le don de gamètes.




