Santé mentale des jeunes les Maisons des Adolescents se mobilisent partout en France
Santé mentale, adolescents, prévention et accompagnement seront au cœur d’une mobilisation nationale le 7 octobre 2026. À cette occasion, 66 Maisons des Adolescents ouvriront leurs portes en France et dans les territoires ultramarins. Encore insuffisamment connues du grand public, ces structures gratuites et confidentielles accueillent chaque année près de 100 000 jeunes. L’objectif de cette journée est de mieux faire connaître un réseau qui compte 126 lieux sur le territoire et qui permet aux adolescents, mais aussi à leurs familles, de trouver une écoute et une orientation adaptées.
La santé mentale des adolescents constitue l’un des enjeux sanitaires et sociaux majeurs de ces prochaines années. Les données citées par la Fondation des Hôpitaux et l’Association Nationale des Maisons des Adolescents (ANMDA) illustrent l’ampleur du phénomène. Selon une enquête de Santé publique France, un lycéen sur cinq présente un risque important de dépression et un sur cinq déclare avoir eu des pensées suicidaires au cours de l’année écoulée.
Dans ce contexte, la Fondation des Hôpitaux et l’ANMDA lancent en octobre une campagne nationale destinée à mieux faire connaître les Maisons des Adolescents. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la Grande Cause nationale consacrée à la santé mentale en 2026.
Des structures encore insuffisamment identifiées
Les Maisons des Adolescents, ou MDA, constituent des lieux de proximité dans lesquels les jeunes peuvent trouver un accueil, une écoute et des informations, mais également être orientés vers les professionnels ou les dispositifs correspondant à leur situation.
Le réseau compte 126 lieux en France. Près de 100 000 adolescents y sont accompagnés chaque année. L’accès est gratuit et confidentiel.
L’objectif n’est pas uniquement d’intervenir lorsqu’une situation devient grave. Les adolescents peuvent également s’adresser à ces structures lorsqu’ils rencontrent une difficulté, s’interrogent sur ce qu’ils vivent ou ressentent, ou éprouvent simplement le besoin de parler à un professionnel.
Les familles peuvent elles aussi solliciter les MDA. Les structures interviennent également auprès des professionnels qui accompagnent quotidiennement les jeunes.
Lorsque la situation le nécessite, un accompagnement de courte durée peut être proposé. Il peut prendre une forme individuelle, familiale ou collective.
Une approche pluridisciplinaire
L’une des particularités des Maisons des Adolescents repose sur la diversité des professionnels susceptibles d’y intervenir. Leurs équipes peuvent notamment réunir psychologues, psychiatres, médecins, infirmiers, éducateurs et assistants sociaux.
Cette organisation permet d’aborder une difficulté sous plusieurs angles. Une situation rencontrée par un adolescent peut en effet comporter simultanément des dimensions psychologiques, médicales, familiales, scolaires ou sociales.
Les équipes évaluent les besoins du jeune et cherchent ensuite à l’accompagner ou à l’orienter vers la réponse la plus appropriée.
Pour le Dr Charles-Edouard Notredame, président de l’ANMDA, cette organisation permet aux MDA d’apporter « une réponse de proximité, accessible et pluriprofessionnel ». Il souligne également leur rôle dans l’évaluation des besoins, l’accompagnement et l’orientation des jeunes et de leurs familles.
66 Maisons des Adolescents mobilisées le 7 octobre
Le principal temps fort de la campagne se déroulera le 7 octobre 2026. Selon les informations présentées, 66 Maisons des Adolescents doivent participer à cette journée en métropole et dans les départements et régions d’outre-mer.
Les établissements proposeront différentes initiatives destinées à présenter leurs missions et leurs équipes : visites, ateliers consacrés aux émotions, créations artistiques, conférences, rencontres avec des professionnels, actions de sensibilisation destinées aux familles ou encore opérations organisées hors les murs.
Des formats participatifs conçus avec les jeunes sont également annoncés.
Au-delà de la programmation propre à chaque établissement, l’enjeu consiste à rendre ces structures plus facilement identifiables. La journée doit notamment rappeler qu’un adolescent peut pousser la porte d’une MDA seul ou accompagné de ses parents.
Les 65 Maisons des Adolescents participantes : Tours, Saint-Brieuc, Epinal, Pau, Auxerre, Aurillac, Valence, Gonesse, Saint-Lô, Châteauroux, Poitiers, Strasbourg, Angoulême, Montauban, Perpignan, Belfort, Nîmes, Marseille, Bordeaux, Cahors, Le Puy-en-Velay, Bergerac, Niort, La Rochelle, Rochefort, Saintes, Salon de Provence, Annecy, Paris, Montpellier, Saint-Denis, Le Havre, Mâcon, Dreux, Grenoble, Clermont-Ferrand, Blois, Abbeville, Narbonne, Nice, Villefranche-sur-Saône, Mamoudzou, Fort-de-France, La Roche-sur-Yon, Cayenne, Guéret, Tulle, Carcassonne, Bastia, Créteil, Troyes, Annonay, Rodez, Ajaccio, Saint Etienne, Bar le Duc, Maubeuge, Montataire, Dieppe, Amiens, Castres, Issy-les-Moulineaux, Clichy-sous-Bois, Saint Paul de la Réunion, Rennes, Dijon, Caen, Mende
Lien de la carte interactive : https://www.fondationhopitaux.fr/adolescents/carte-mda/
Plus de 35 millions d’euros consacrés à 298 projets
La Fondation des Hôpitaux accompagne le développement des Maisons des Adolescents depuis plus de vingt ans.
Selon les chiffres présentés, elle a financé 298 projets concernant 120 MDA, pour un montant total de 35 823 274 euros.
Les financements ont notamment concerné des aménagements, des activités, du renfort humain et des projets d’innovation.
Pour Sandrine Planchon, directrice générale de la Fondation des Hôpitaux, la mobilisation nationale doit permettre de mieux mettre en lumière cette action et le rôle de proximité désormais assuré par ces structures.
Brigitte Macron, présidente de la Fondation des Hôpitaux, souligne pour sa part que les MDA offrent aux jeunes et à leurs familles « des lieux d’écoute, de dialogue et d’accompagnement essentiels ».
Faire des MDA un réflexe en cas de difficulté
En parallèle de la journée du 7 octobre, une campagne nationale sera déployée afin de toucher directement les adolescents et leurs parents. TikTok, Snapchat, YouTube et les plateformes de Meta font partie des canaux retenus.
La campagne s’appuie notamment sur la place désormais occupée par l’intelligence artificielle dans les usages des jeunes. Son message repose sur une distinction entre l’accès immédiat à des réponses numériques et l’accompagnement humain proposé par des professionnels.
Si une intelligence artificielle peut fournir rapidement des informations ou répondre à certaines interrogations, la campagne rappelle qu’elle ne remplace pas l’écoute, la compréhension d’une situation individuelle et l’accompagnement proposé par des professionnels.
Le mot-dièse #LeBonRéflexe doit ainsi contribuer à installer les Maisons des Adolescents parmi les solutions auxquelles un jeune ou son entourage peut penser lorsqu’apparaît une question, une difficulté ou simplement un besoin d’écoute.
L’enjeu est aussi de faciliter le premier pas. Pour un adolescent ou une famille confrontés à une situation difficile, identifier le bon interlocuteur peut déjà constituer un obstacle. En renforçant la visibilité des 126 lieux existants, la campagne cherche donc autant à faire connaître un dispositif qu’à rappeler qu’il n’est pas nécessaire d’attendre qu’une situation se dégrade pour demander de l’aide.
La journée du 7 octobre donnera précisément l’occasion de découvrir concrètement ces structures, leurs équipes et leur fonctionnement. Derrière cette opération nationale se dessine ainsi un objectif simple : rendre plus visible une porte d’entrée gratuite, confidentielle et de proximité vers l’écoute, la prévention et l’accompagnement des adolescents.




