Parcoursup : entre influence parentale et intelligence artificielle, les lycéens à la croisée des choix
Alors que la plateforme Parcoursup rythme une nouvelle fois le calendrier des lycéens, une enquête menée par Diplomeo auprès de 1 001 jeunes Français âgés de 16 à 25 ans met en lumière une réalité nuancée de l’orientation. Entre pression familiale, quête d’autonomie et recours croissant à l’intelligence artificielle, les choix d’avenir se construisent désormais dans un écosystème hybride, où l’humain et le numérique cohabitent.
Une orientation précoce, mais inégalement accompagnée
Contrairement à l’idée reçue d’une décision prise en terminale, l’orientation débute bien plus tôt. Selon l’étude, 34 % des jeunes commencent à s’interroger sur leur avenir dès le collège, notamment au moment décisif de la fin de troisième. Ce choix entre voie générale, technologique ou professionnelle constitue un premier tournant structurant.
Pourtant, l’accompagnement institutionnel laisse un goût d’inachevé. Si un encadrement existe, 8 % des jeunes le jugent franchement insuffisant et, plus préoccupant encore, 20 % déclarent n’avoir bénéficié d’aucun accompagnement, ni par l’école ni par leur entourage. Dans un système devenu plus lisible en apparence, mais plus complexe dans ses ramifications, cette absence de repères peut fragiliser les décisions.
Des critères multiples, rarement pleinement satisfaits
Choisir une formation relève d’un subtil arbitrage. La localisation arrive en tête des critères déterminants pour 35 % des jeunes, suivie par l’intérêt pour le secteur (31 %) et le salaire à la sortie (30 %). La spécialisation (30 %) et la réputation de l’établissement (27 %) comptent également dans la balance.
Malgré cette analyse rationnelle des paramètres, seuls 27 % des répondants estiment avoir trouvé une formation qui cochait toutes les cases. Les compromis sont fréquents. Certains privilégient un choix jugé plus sûr, d’autres intègrent une formation correspondant davantage à leur niveau qu’à leurs aspirations, ou encore évitent de perdre une année d’études. L’orientation apparaît ainsi moins comme une trajectoire linéaire que comme un cheminement d’ajustements successifs.
L’intelligence artificielle, nouvel outil d’éclairage
Fait marquant de cette édition 2026, l’irruption massive de l’intelligence artificielle dans les pratiques d’orientation. 61 % des lycéens et étudiants déclarent avoir déjà utilisé l’IA pour les aider à s’orienter. Une adoption significative qui reflète autant la familiarité des jeunes avec ces outils que la complexité croissante des choix.
Les usages sont pragmatiques. L’IA est d’abord sollicitée pour obtenir des réponses rapides (35 %) ou pour faciliter la rédaction des lettres de motivation (28 %). Elle sert également à centraliser l’information (27 %) et à fournir un avis perçu comme neutre (26 %). Chez les 16-18 ans, 31 % l’utilisent pour se renseigner sur les métiers, 30 % pour rédiger leur lettre et 27 % pour s’informer sur les formations et établissements.
L’IA ne remplace toutefois pas l’accompagnement humain. Elle intervient davantage comme un outil d’appoint, un accélérateur d’information, voire un substitut temporaire lorsqu’aucun interlocuteur n’est disponible.
La famille, soutien central mais parfois contesté
Malgré la montée en puissance du numérique, les proches demeurent au cœur du processus décisionnel. Les passions et centres d’intérêt constituent le premier facteur d’influence pour 57 % des jeunes, mais la famille arrive en deuxième position, influençant 50 % des choix. Par ailleurs, 68 % des jeunes déclarent être aidés par leurs parents dans leur orientation.
La proximité géographique joue également un rôle structurant : 44 % préfèrent rester proches de leur famille, contre 26 % qui cherchent à s’en éloigner.
Pourtant, cette influence n’est pas exempte de regrets. Parmi les jeunes ayant connu une réorientation, 25 % estiment qu’ils auraient dû davantage suivre leurs propres envies plutôt que l’avis parental. Ce chiffre grimpe à 41 % chez les 16-18 ans, révélant une tension croissante entre accompagnement et autonomie.
Le titre même de l’étude est révélateur : quatre lycéens sur dix regrettent d’avoir trop écouté leurs parents pour leur orientation. Derrière cette statistique se dessine une génération en quête d’émancipation, désireuse d’affirmer ses aspirations propres.
La réorientation, un ajustement plus qu’un échec
Loin d’être vécue comme une faute de parcours, la réorientation apparaît aujourd’hui comme une étape normale. Elle est motivée d’abord par un changement de centres d’intérêt ou de projet (45 %) et par un manque d’intérêt pour le cursus suivi (35 %). Les mauvais conseils ou les informations erronées arrivent loin derrière.
Cette évolution traduit une transformation des trajectoires professionnelles, désormais plus évolutives et moins figées. Dans un contexte où 13 % des jeunes jugent toujours difficile de trouver des informations pertinentes sur l’orientation, la possibilité de se réajuster devient une composante naturelle du parcours.
Vers une orientation augmentée
Comme le souligne Jérémy Plasseraud, directeur exécutif de HelloWork, l’orientation n’a jamais été aussi déterminante ni aussi complexe. Les jeunes ne cherchent pas une solution clé en main, mais des repères pour décider.
L’enquête Diplomeo, réalisée avec Discurv auprès de 1 001 jeunes dont 78 % en situation d’orientation et 22 % en réorientation, montre une génération lucide. Elle compose avec des contraintes géographiques, financières et académiques, s’appuie sur ses proches, explore les outils numériques et revendique progressivement le droit à l’erreur.
À l’heure où Parcoursup cristallise chaque année inquiétudes et espoirs, cette étude invite à dépasser l’opposition entre tradition et innovation. L’orientation de demain ne sera ni uniquement familiale ni exclusivement algorithmique. Elle sera augmentée, collaborative et sans doute plus réversible.
Reste à savoir si le système éducatif saura accompagner cette évolution en offrant aux jeunes non seulement des informations, mais un véritable espace de réflexion, pour que le choix d’une formation devienne moins un compromis subi qu’une décision pleinement assumée.
Méthodologie : enquête menée par Diplomeo en partenariat avec Discurv auprès de 1 001 jeunes âgés de 16 à 25 ans, dont 78 % en situation d’orientation et 22 % en démarche de réorientation.
A propos du groupe HelloWork et Diplomeo
HelloWork Group est le premier acteur français de l’emploi, du recrutement et de la formation. A travers ses différentes solutions, le groupe accompagne les actifs tout au long de leur vie professionnelle, les entreprises, cabinets de recrutement, ETT sur leurs enjeux RH et recrutement et les centres de formation/écoles sur la valorisation de leurs offres de formation. Fort de 530 collaborateurs, 109 millions € de commandes en 2023, les services du groupe HelloWork sont utilisés par 50 000 professionnels et 5 millions d’utilisateurs* chaque mois. Ils permettent plus de 6 000 recrutements chaque jour et ont permis à 1 million de personnes de choisir une école ou une formation en 2023. HelloWork Group est une société du Groupe Télégramme.
Diplomeo est la plateforme dédiée à l’orientation pour l’enseignement supérieur du groupe. Elle regroupe 1 million d’utilisateurs chaque mois, oriente 350 000 jeunes par an et référence 15 000 écoles.
*Nombre de visiteurs uniques dédupliqués Mediamétrie en octobre 2023 pour l’ensemble des plateformes du groupe HelloWork.




