Le WoodyBus gagne du terrain dans le transport scolaire des collectivités
La mobilité active poursuit son implantation dans les déplacements scolaires. À l’occasion de la rentrée 2026-2027, douze nouvelles collectivités territoriales ont choisi le WoodyBus conçu par Humbird, avec l’acquisition de 19 véhicules supplémentaires. Ce moyen de transport collectif à pédales, équipé d’une assistance électrique et pouvant accueillir de sept à neuf personnes, est notamment utilisé pour conduire les enfants à l’école primaire. Selon les données communiquées par le fabricant français, plus de 70 collectivités proposent désormais un WoodyBus et une centaine de véhicules circulent en France et en Belgique, tous usages confondus.
Cette progression illustre la recherche, par certaines collectivités, de solutions intermédiaires entre la voiture individuelle, les transports collectifs traditionnels et les déplacements actifs individuels. Le transport scolaire constitue aujourd’hui le principal débouché du WoodyBus.
Un véhicule collectif à pédales et assistance électrique
Le concept se distingue du vélo classique ou du vélo-cargo. Le WoodyBus est un véhicule collectif de sept à neuf places dans lequel les passagers participent au déplacement en pédalant, avec le soutien d’une assistance électrique.
Le véhicule est fabriqué en France et utilise notamment du pin maritime. Humbird indique que sa conception et son assemblage sont réalisés à Nantes, tandis que l’entretien peut être effectué localement.
Le déploiement du modèle dans le transport scolaire a débuté en juillet 2023 avec la Communauté d’agglomération Seine-Eure. Depuis, le nombre de collectivités utilisatrices et de véhicules scolaires a fortement progressé.
Selon les chiffres fournis par Humbird, trois collectivités utilisaient dix véhicules scolaires durant l’année 2023-2024. Elles étaient dix l’année suivante, avec 28 véhicules. Pour 2025-2026, l’entreprise comptabilise 48 collectivités et 50 véhicules scolaires. En 2026, ce parc atteindrait 80 véhicules scolaires répartis dans 63 collectivités.
En prenant en compte les autres utilisations, notamment les navettes, le tourisme ou encore le transport de matériel sur des sites industriels, Humbird revendique désormais une centaine de véhicules en circulation.
Des usages adaptés aux territoires
Les distances parcourues montrent que le WoodyBus ne répond pas à un modèle unique. Son utilisation varie selon la densité du territoire, le nombre d’écoles desservies et l’organisation retenue par les collectivités.
En Normandie, un réseau de 20 WoodyBus parcourt en moyenne 600 kilomètres par semaine. Dans le Grand Est et en Occitanie, douze véhicules parcourent environ 70 kilomètres quotidiennement dans chacune des deux régions, selon les données communiquées.
À Bruxelles, dix véhicules sont utilisés pour desservir quatre écoles dans le cadre d’un service mutualisé. Chaque véhicule réalise environ 100 kilomètres par semaine. Le dispositif bénéficierait à 500 enfants depuis le début du mois de septembre.
Le constructeur met également en avant l’intérêt du système pour des territoires ruraux. Certains circuits scolaires peuvent atteindre 8 à 10 kilomètres. Avec plusieurs rotations quotidiennes, un véhicule peut ainsi parcourir entre 30 et 40 kilomètres dans une journée.
Cette diversité d’utilisation constitue un élément important pour les collectivités. La mobilité active est souvent associée aux centres urbains et aux déplacements de courte distance. L’utilisation d’une assistance électrique et l’organisation collective du transport peuvent permettre d’envisager des parcours plus longs, sous réserve que les itinéraires et les conditions de circulation s’y prêtent.
Activité physique et réduction des trajets automobiles
Humbird met en avant plusieurs bénéfices associés au dispositif, à commencer par l’activité physique. Les enfants participent au déplacement en pédalant et commencent ainsi leur journée par un exercice d’intensité modérée.
La réduction potentielle du recours à la voiture individuelle constitue un autre argument avancé. Le fabricant estime que 80 véhicules affectés au transport scolaire peuvent représenter l’équivalent potentiel de 640 trajets en voiture individuelle évités.
Ce chiffre doit être compris comme un potentiel calculé par l’entreprise et non comme une mesure directe de la diminution effective du trafic automobile. Celle-ci dépend notamment du mode de transport qu’utilisaient auparavant les familles et du taux de remplissage des véhicules.
L’organisation des déplacements scolaires peut également avoir des conséquences sur l’aménagement des abords des établissements. La diminution du nombre de voitures aux heures d’entrée et de sortie peut accompagner la création de rues apaisées ou la requalification des itinéraires scolaires.
Le transport scolaire comme outil d’apprentissage
Pour Humbird, l’enjeu dépasse le seul déplacement entre le domicile et l’école. L’entreprise présente le WoodyBus comme un moyen de familiariser les enfants avec les mobilités actives et la transition écologique.
« Cette rentrée marque un tournant. Nous ne livrons pas simplement des véhicules, nous déployons une philosophie : celle d’une mobilité scolaire qui transforme le quotidien des enfants », estime Grégoire Germain, président d’Humbird. Il met notamment en avant l’activité physique, l’autonomie et le lien social générés par cette forme de déplacement collectif.
Le principe présente en effet une particularité pédagogique : contrairement à un transport motorisé classique dans lequel l’enfant reste passager, le WoodyBus l’associe physiquement au déplacement.
Il peut ainsi contribuer à faire découvrir dès l’école primaire une autre manière d’envisager les trajets quotidiens, à côté de la marche, du vélo, des transports collectifs ou de la voiture.
Une mobilité scolaire encore en phase de développement
La croissance annoncée depuis 2023 montre l’intérêt de plusieurs collectivités pour cette solution. Elle doit néanmoins être replacée à l’échelle de l’ensemble du transport scolaire français, largement assuré par les autocars, les transports publics, les voitures particulières, la marche et le vélo.
Le WoodyBus apparaît donc davantage comme une solution complémentaire, adaptée à certains parcours et à certaines configurations territoriales, que comme un substitut universel aux modes de transport existants.
Le passage de dix véhicules scolaires en 2023-2024 à 80 annoncés en 2026 traduit néanmoins une accélération rapide du déploiement. L’arrivée de douze nouvelles collectivités et de 19 véhicules supplémentaires à la rentrée 2026-2027 confirme cette tendance.
Pour les collectivités, l’intérêt du dispositif se situe au croisement de plusieurs politiques publiques : mobilité, environnement, santé, sécurité des déplacements scolaires et aménagement des espaces autour des écoles.
Avec plus de 70 collectivités utilisatrices annoncées et le cap des 100 véhicules franchi pour l’ensemble de ses usages, Humbird cherche désormais à inscrire son véhicule collectif à pédales dans le paysage des solutions de mobilité locale. La prochaine étape sera de mesurer, avec davantage de recul, son impact réel sur les déplacements automobiles, son coût d’exploitation et sa capacité à s’intégrer durablement dans l’organisation du transport scolaire.




