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Le baromètre I-CAD 2026 confirme le rôle central du fichier national des chiens et des chats

Chaque année, l’arrivée d’un chien ou d’un chat dans un foyer français marque souvent le début d’une relation affective forte. Mais derrière cette présence familière se joue aussi un enjeu de responsabilité : l’identification. Obligatoire, elle permet de reconnaître officiellement le détenteur d’un animal, de faciliter les retrouvailles en cas de perte, de suivre les changements de foyer, mais aussi de lutter contre les abandons et les trafics. L’édition 2026 du baromètre du Fichier National I-CAD, géré par Ingenium animalis sous délégation du ministère de l’Agriculture, offre une photographie précise de la situation en France.

En 2025, 1 584 965 animaux ont été enregistrés auprès du Fichier National I-CAD. Ce chiffre marque un recul de 3,3 % par rapport à 2024. Il comprend 1 534 474 premières identifications françaises, également en baisse de 3,3 %, et 50 491 animaux importés, soit 3 % du total, en hausse de 2,1 %. Cette évolution traduit une légère contraction du nombre d’animaux nouvellement identifiés, dans un contexte où les acquisitions de chiens diminuent et où les identifications de chats atteignent leur niveau le plus bas depuis cinq ans.

Parmi les premières identifications réalisées en 2025, le fichier recense 894 610 chats et 637 855 chiens. Le chat conserve donc une place dominante dans les nouveaux enregistrements, même si la tendance est orientée à la baisse. Le mode d’identification confirme, quant à lui, une pratique désormais largement installée : 95 % des animaux identifiés en 2025 l’ont été par puce électronique. Cette méthode s’impose comme la référence, devant le tatouage, en raison de sa fiabilité, de sa durabilité et de sa lisibilité par les professionnels.

Des territoires fortement contributeurs

Les données régionales montrent que certaines zones concentrent une part importante des nouvelles identifications. La Nouvelle-Aquitaine arrive en tête avec 182 587 animaux identifiés en 2025. Elle devance de très peu l’Occitanie, avec 182 485 identifications, et l’Auvergne-Rhône-Alpes, avec 182 419. Ces trois régions forment un trio particulièrement resserré, révélateur du poids démographique de ces territoires et de la présence importante de foyers détenteurs d’animaux.

À l’échelle départementale, le Nord reste le premier département en nombre de nouvelles identifications, avec 53 755 animaux enregistrés. Il est suivi du Pas-de-Calais, avec 45 080 identifications, puis des Bouches-du-Rhône, avec 38 225. Ces volumes ne signifient pas nécessairement que les habitants de ces territoires sont plus vertueux que les autres. Ils reflètent aussi la densité de population, le nombre de foyers concernés et l’ancrage de la pratique d’identification.

Les importations repartent légèrement

Le baromètre relève également une reprise modérée des importations. En 2025, 49 381 animaux importés ont été identifiés, dont 13 069 chats et 36 312 chiens. La Roumanie arrive en tête des pays d’origine, avec 6 960 identifications, devant l’Espagne, avec 4 918, et le Royaume-Uni, avec 4 472. Ces deux derniers pays restent dans le trio de tête malgré une baisse par rapport à l’année précédente. Autre évolution notable : la Russie sort du classement des dix premiers pays d’origine, tandis que l’Algérie y entre avec 1 013 animaux identifiés.

Ces chiffres rappellent que l’identification ne concerne pas seulement les animaux nés ou acquis en France. Elle accompagne aussi les mouvements internationaux d’animaux de compagnie, qui peuvent être liés à des adoptions, à des changements de résidence ou à des importations commerciales. Dans tous les cas, l’enregistrement dans le fichier national constitue un outil de traçabilité.

Les pertes et retrouvailles mieux déclarées

L’un des enseignements majeurs du baromètre concerne la progression des déclarations liées aux pertes et aux retrouvailles. En 2025, 90 081 animaux ont été déclarés perdus, soit une hausse de 10 % par rapport à 2024. Cela représente environ 250 animaux déclarés perdus chaque jour. Dans le même temps, 45 912 animaux ont été déclarés retrouvés, soit une progression de 11 % sur un an.

Cette hausse ne signifie pas nécessairement que les animaux se perdent davantage. Elle peut aussi traduire une meilleure appropriation du fichier par les détenteurs. Déclarer rapidement un animal perdu augmente les chances de le retrouver, surtout lorsqu’il est pris en charge par un vétérinaire, un refuge, une fourrière ou une collectivité. Encore faut-il que les coordonnées du détenteur soient à jour. Une puce électronique associée à un numéro de téléphone obsolète perd une grande partie de son efficacité.

Le fichier joue également un rôle dans le suivi administratif de l’animal. En 2025, 922 112 changements de détenteur ont été enregistrés. Le nombre d’animaux déclarés décédés atteint, lui, 452 146, en hausse de 5,6 % par rapport à 2024. Ces données montrent que l’identification n’est pas un simple acte initial. Elle accompagne l’animal tout au long de sa vie, de son entrée dans le foyer jusqu’à sa fin de vie.

Le chat, toujours favori des foyers français

Le chat confirme son statut d’animal préféré des Français. En 2025, plus de 908 608 nouvelles identifications de chats ont été enregistrées, malgré une baisse de 1,7 % par rapport à 2024. Les prénoms les plus donnés aux chats identifiés sont Nala, avec 7 617 occurrences, Simba, avec 6 698, et Athena, avec 5 704.

Du côté des races, l’Européen domine très largement, avec 772 035 identifications. Le Maine Coon arrive ensuite avec 41 560 identifications, suivi du Siamois, qui atteint la troisième place avec 9 777 identifications, devant le Sacré de Birmanie, troisième en 2024.

La répartition territoriale confirme la forte présence féline dans les zones urbaines et densément peuplées. Paris compte la plus grande population de chats identifiés et considérés vivants, avec 348 413 animaux, devant le Nord, avec 331 006, et les Bouches-du-Rhône, avec 274 320.

Les chats représentent 78 % des animaux déclarés perdus. Un chat est déclaré perdu toutes les huit minutes, soit environ 190 chats par jour. Les déclarations connaissent des pics marqués durant les mois de juin, juillet et août, période où les déplacements, les départs en vacances et les changements d’habitudes peuvent accroître les risques de fugue ou de disparition.

En 2025, 32 929 chats ont été déclarés retrouvés, en hausse de 15 % par rapport à 2024. Mais le baromètre souligne une difficulté persistante : certains détenteurs déclarent la perte de leur animal, mais oublient ensuite de signaler son retour. Cette omission fragilise la fiabilité du fichier et peut compliquer le suivi statistique.

Les fourrières ont accueilli 7 686 chats en 2025. À partir de l’entrée en fourrière, le détenteur dispose d’un délai légal de huit jours pour récupérer son animal identifié. Passé ce délai, l’animal peut être considéré comme abandonné et entrer dans un circuit d’adoption. L’identification joue donc un rôle décisif dans la possibilité de réunir rapidement l’animal et son détenteur.

Le chien recule mais reste très présent

Le chien demeure un compagnon très présent dans les foyers français, même si les chiffres de 2025 témoignent d’un recul. Au total, 674 299 chiens ont été identifiés et enregistrés au Fichier National I-CAD, soit une baisse de 6 % par rapport à l’année précédente.

Les prénoms les plus attribués aux chiens identifiés en 2025 sont Aiko, avec 11 301 occurrences, Athena, avec 8 262, et Abby, avec 5 202. Côté races, le Berger Australien reste en tête avec 31 626 chiens identifiés. Il devance le Chihuahua, avec 29 960 identifications, et le Border Collie, avec 28 428.

Les départements comptant la plus grande population de chiens identifiés et estimés vivants sont le Nord, avec 373 569 chiens, le Pas-de-Calais, avec 305 486, et la Gironde, avec 231 260.

Les pertes de chiens restent fréquentes, même si elles sont moins nombreuses que celles des chats. Un chien est déclaré perdu toutes les 27 minutes. Les races les plus concernées par les déclarations de perte sont le Border Collie, avec 1 102 déclarations, le Husky de Sibérie, avec 929, et le Chihuahua, avec 844. En 2025, 12 955 chiens ont été déclarés retrouvés, soit une hausse de 4 % par rapport à 2024.

Les entrées en fourrière restent importantes : 39 292 chiens ont été concernés sur l’année, soit 129 chiens par jour. Les mâles représentent 62 % de ces entrées. Par ailleurs, 566 195 chiens ont fait l’objet d’un changement de détenteur et 281 967 ont été déclarés décédés.

Une population animale identifiée en légère hausse

Au 31 décembre 2025, la France compte 18,4 millions de chiens, chats et furets identifiés et estimés vivants. Ce total progresse légèrement, de 0,9 % par rapport à 2024. Il comprend 8 950 433 chats, 9 394 439 chiens et 16 599 furets.

Le baromètre met aussi en lumière la situation des chats libres. Parmi les chats identifiés et considérés comme vivants, ils représentent 5,78 % de la population féline, soit 517 718 animaux enregistrés au 31 décembre 2025. Ce chiffre progresse de 11 % par rapport à 2024, signe d’une meilleure prise en compte de ces animaux vivant en liberté sur le territoire.

Au-delà des chiffres, l’édition 2026 du baromètre I-CAD rappelle une réalité simple : l’identification n’est pas une formalité administrative secondaire. Elle constitue un acte de protection. Elle donne à l’animal une identité officielle, sécurise le lien avec son détenteur et facilite l’action des professionnels en cas de perte, de cession, d’abandon ou de décès.

Dans un pays où les chiens et les chats occupent une place affective majeure, l’enjeu est désormais de consolider les bons réflexes : identifier l’animal, mettre à jour ses coordonnées, déclarer une perte, signaler une retrouvaille, enregistrer un changement de détenteur et accompagner administrativement la fin de vie. Le fichier national apparaît ainsi comme un outil discret, mais essentiel, au service du bien-être animal et de la responsabilité des détenteurs.

Elliot

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