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FS Group accélère son développement ferroviaire en Europe

Développement des liaisons ferroviaires européennes, renouvellement du matériel roulant, maintenance prédictive, intelligence artificielle et automatisation : FS Group entend renforcer simultanément son implantation internationale et la qualité de ses services. À l’occasion d’InnoTrans 2026 à Berlin, le groupe ferroviaire italien a présenté plusieurs projets qui illustrent cette stratégie, dont l’arrivée des trains Frecciarossa en Allemagne et en Autriche à partir de l’été 2027 et un nouvel Intercity capable de circuler à 200 km/h.

FS Group veut faire de la qualité de service et des voyageurs les deux axes majeurs de sa prochaine étape de développement. Gianpiero Strisciuglio, directeur général et CEO du groupe, a annoncé à l’ouverture d’InnoTrans 2026 qu’un nouveau plan d’entreprise serait finalisé d’ici la fin de l’année.

Celui-ci doit notamment accorder une place importante aux investissements dans l’innovation appliquée aux processus de maintenance, tout en poursuivant le développement international du groupe. Cette orientation accompagne une évolution plus large du transport ferroviaire européen, où l’amélioration de la qualité de service dépend de plus en plus de la capacité des opérateurs à exploiter les données, automatiser certaines opérations et anticiper les besoins de maintenance.

FS International structure le développement européen

L’expansion hors d’Italie s’appuie notamment sur FS International, dirigé par Luigi Corradi. Cette structure est présente sur six marchés : la France, l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Espagne.

Son activité couvre plusieurs segments du transport ferroviaire et de la mobilité : grande vitesse, services ferroviaires réglementés et régionaux, mobilité urbaine et conseil spécialisé. Elle rassemble notamment Trenitalia France, iryo, Netinera Deutschland, Hellenic Train, Qbuzz et FS Advisory.

L’objectif est de réunir des compétences opérationnelles et stratégiques susceptibles d’être mobilisées pour le développement de services de mobilité, mais aussi pour accompagner les autorités publiques, les opérateurs et les partenaires industriels, depuis la conception des projets jusqu’à leur mise en œuvre.

Cette présence internationale doit désormais franchir une nouvelle étape avec le développement de l’offre Frecciarossa au-delà des marchés français et espagnol.

Frecciarossa reliera l’Italie à Munich en 2027

À partir de l’été 2027, Trenitalia prévoit de lancer, en coopération avec Deutsche Bahn et ÖBB, des liaisons Frecciarossa entre Milan et Munich ainsi qu’entre Rome et Munich. Leur mise en service interviendra après l’achèvement du processus d’homologation des nouveaux trains. Des essais sont déjà réalisés sur les réseaux allemand et autrichien.

L’offre initiale doit comprendre quatre services. Le trajet entre Milan et Munich devrait durer environ six heures et demie, tandis que la liaison Rome-Munich nécessiterait environ huit heures et demie.

Le programme doit ensuite prendre davantage d’ampleur. À compter de décembre 2028, dix services sont prévus entre l’Italie et l’Allemagne, avec des prolongements vers Naples et Berlin.

Pour Trenitalia, ces nouvelles dessertes constituent une nouvelle étape dans le développement international de l’entreprise et de FS Group. Elles doivent permettre d’étendre à d’autres marchés européens l’expérience acquise par l’opérateur italien dans le domaine de la grande vitesse.

Après la France et l’Espagne, l’arrivée de Frecciarossa en Allemagne et en Autriche élargira ainsi le périmètre européen du groupe tout en renforçant les coopérations entre opérateurs ferroviaires nationaux.

Un nouvel Intercity à 200 km/h

InnoTrans 2026 a également été l’occasion pour Trenitalia et Alstom de présenter le nouvel Intercity 200. Développé sur la plateforme Coradia Stream, ce train est destiné aux liaisons de moyenne et longue distance.

Il pourra atteindre une vitesse maximale de 200 km/h et proposera 403 places assises. Trois emplacements seront réservés aux voyageurs à mobilité réduite et huit espaces aux vélos.

Le constructeur et l’opérateur mettent également en avant ses performances environnementales. Selon les caractéristiques présentées, l’Intercity 200 permettra de réaliser jusqu’à 30 % d’économies d’énergie par rapport aux modèles précédents et sera recyclable jusqu’à 94 %.

Le numérique doit parallèlement jouer un rôle important dans son exploitation. Les systèmes embarqués permettront une surveillance continue du train et alimenteront les dispositifs de maintenance prédictive. L’objectif est de détecter plus rapidement les anomalies potentielles et de contribuer à la fiabilité du service.

Ce nouveau matériel s’inscrit dans un investissement global de Trenitalia d’environ 500 millions d’euros, financé dans le cadre du plan national italien de relance et de résilience. Il prévoit l’acquisition de 38 nouveaux trains Intercity.

La réalité virtuelle pour former les conducteurs

FS Group profite également du salon berlinois pour présenter plusieurs technologies destinées à la formation des personnels et à la gestion des opérations ferroviaires.

Trenitalia, avec la contribution de FS Technology et en collaboration avec Leonardo, a notamment développé un simulateur de nouvelle génération utilisant la réalité virtuelle pour reproduire le poste de conduite et l’environnement ferroviaire.

Le dispositif doit permettre aux conducteurs de s’entraîner dans un environnement sécurisé. Ils peuvent notamment être confrontés à des pannes ou à des situations complexes sans conséquence sur l’exploitation réelle.

Les scénarios peuvent être adaptés à différents matériels roulants et itinéraires, ce qui élargit les possibilités de formation. La technologie présentée permet également à des visiteurs de faire l’expérience virtuelle de la conduite d’un train, avec l’assistance d’instructeurs virtuels multilingues.

Le fret ferroviaire poursuit sa numérisation

L’innovation concerne aussi le transport de marchandises. FS Logistix présente à Berlin le système Digital Automatic Coupling, ou DAC, ainsi que le dispositif Smart Train.

Le DAC automatise l’attelage des véhicules ferroviaires tout en permettant les échanges d’électricité et de données le long du train. Cette architecture ouvre notamment la possibilité d’automatiser certaines opérations, comme les essais de freinage.

Smart Train repose de son côté sur l’utilisation de capteurs et de communications sans fil permettant de surveiller les wagons. Les informations collectées peuvent notamment alimenter des dispositifs de maintenance prédictive.

Environ 750 wagons ont désormais été numérisés. Des essais opérationnels sont également conduits sur la liaison internationale Vérone-Cologne. Ces travaux s’inscrivent aussi dans les programmes de recherche de l’entreprise commune européenne Europe’s Rail.

Des drones pour surveiller les infrastructures

La surveillance des infrastructures constitue un autre domaine d’application des nouvelles technologies. FS Engineering exploite une flotte de 20 drones équipés de capteurs destinés aux relevés, à l’inspection et au suivi des chantiers et des infrastructures.

Les informations collectées sont intégrées dans des modèles numériques des actifs ainsi que dans la Digital Control Room, centre opérationnel consacré au suivi des grands chantiers.

L’utilisation combinée des drones et de la modélisation numérique doit ainsi faciliter la conception, la supervision des travaux et la prise de décision opérationnelle.

Cette évolution illustre la place croissante prise par la donnée dans la gestion des réseaux ferroviaires. L’enjeu n’est plus uniquement de constater l’état d’une infrastructure, mais de disposer d’informations suffisamment précises et régulières pour mieux planifier les interventions.

Un train autonome pour inspecter les lignes à grande vitesse

Rete Ferroviaria Italiana, le gestionnaire italien d’infrastructure ferroviaire, présente de son côté TINO, pour « Train for INspection Of railway lines ».

Ce prototype de véhicule ferroviaire autonome est conçu pour inspecter les lignes à grande vitesse avant le passage du premier train de la journée.

TINO associe automatisation, vision par ordinateur et algorithmes d’intelligence artificielle afin d’identifier certaines anomalies des infrastructures. Doté d’une traction hybride, il dispose d’une autonomie annoncée de 400 kilomètres et peut atteindre une vitesse maximale de 200 km/h.

Le véhicule peut fonctionner de manière autonome ou être commandé à distance. Le principe consiste à renforcer les capacités d’inspection tout en utilisant l’automatisation et l’analyse des données pour repérer plus rapidement les anomalies susceptibles d’affecter l’infrastructure.

À travers les différentes technologies présentées à InnoTrans 2026, FS Group dessine ainsi une stratégie qui associe expansion européenne et transformation technologique. La multiplication des liaisons internationales constitue la partie la plus visible de cette évolution, mais elle s’accompagne d’investissements moins perceptibles pour les voyageurs dans la maintenance prédictive, la formation, la surveillance des infrastructures et l’automatisation.

La prochaine étape interviendra d’ici la fin de l’année avec la présentation du nouveau plan d’entreprise de FS Group. Son contenu devra préciser comment le groupe entend articuler développement international, investissements ferroviaires, innovation et amélioration de la qualité de service.

Elliot

Elliot contribue à la rédaction de PèreLaFouine sur des sujets liés à l’actualité, à la société, à la consommation, aux entreprises, aux nouvelles technologies et aux évolutions des modes de vie. Ses articles privilégient une approche claire, factuelle et accessible, avec l’objectif de donner aux lecteurs les éléments utiles pour comprendre les enjeux du quotidien.

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