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Entre pessimisme économique et soif d’indépendance

Malgré un climat économique perçu comme dégradé, l’envie d’entreprendre demeure bien ancrée en France. C’est l’un des enseignements forts de l’enquête menée par Ipsos pour le compte de Bolt, dans le cadre du projet #BeYourOwnBoss, qui met en lumière un paradoxe révélateur de l’époque. Alors que la défiance envers l’économie domine, la confiance en soi et l’aspiration à l’autonomie continuent de nourrir le désir de travailler à son compte.

Selon cette étude réalisée au printemps 2025 auprès de plus de 6 000 adultes en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, 67 % des répondants portent un jugement négatif sur la situation économique actuelle (L’enquête a été réalisée par Ipsos pour le compte de Bolt entre le 28 et le 30 avril 2025, auprès de 6 393 adultes au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Chaque échantillon national est représentatif de la population adulte de son pays). La France se distingue même par un pessimisme plus marqué, avec 74 % d’opinions défavorables, soit environ dix points de plus que ses voisins européens. Ce contexte morose n’éteint pourtant pas les ambitions individuelles. Bien au contraire.

Un tiers des personnes interrogées déclarent préférer travailler pour leur propre compte plutôt que pour un employeur. Cette proportion, loin d’être marginale, témoigne d’une remise en question progressive du modèle salarial traditionnel. Si 36 % des répondants restent attachés au salariat, l’écart avec le travail indépendant se resserre, notamment chez les plus jeunes générations.

La fracture générationnelle apparaît comme l’un des marqueurs majeurs de l’étude. Chez les 18-24 ans, plus d’un jeune sur deux exprime le souhait de devenir travailleur indépendant. Cette appétence est particulièrement forte au Royaume-Uni et en Allemagne, mais la France n’est pas en reste, avec près d’un jeune sur deux concerné. À l’inverse, cette aspiration décline avec l’âge, pour atteindre environ un cinquième des répondants chez les plus de 55 ans.

Ce contraste générationnel s’explique en partie par l’évolution des attentes vis-à-vis du travail. Les jeunes actifs recherchent davantage de flexibilité, de sens et de liberté dans l’organisation de leur vie professionnelle. Le travail indépendant apparaît ainsi comme une réponse adaptée à ces aspirations, dans un monde où la stabilité économique n’est plus perçue comme acquise.

Autre enseignement notable de l’enquête, la distinction entre la perception de l’économie et le ressenti personnel. Si le pessimisme domine lorsqu’il s’agit d’évaluer la situation macroéconomique, près d’un répondant sur deux se dit confiant dans sa propre situation financière. Cette confiance individuelle est plus marquée au Royaume-Uni et en Allemagne qu’en France, mais elle reste significative sur l’ensemble des pays étudiés. Elle traduit une forme de résilience, voire de lucidité, face à un environnement jugé incertain.

Les motivations qui poussent à envisager le travail indépendant sont multiples et révèlent des priorités communes, mais aussi des nuances culturelles. La flexibilité des horaires arrive en tête, suivie par l’absence de supérieur hiérarchique, la poursuite d’une passion personnelle et le contrôle des décisions. La volonté de créer un projet qui ait du sens et qui reflète ses propres valeurs apparaît également comme un moteur important.

En France, les répondants mettent particulièrement en avant l’indépendance vis-à-vis d’un patron et la possibilité de vivre de leur passion. Cette dimension créative et émancipatrice distingue l’Hexagone de ses voisins. Au Royaume-Uni, la flexibilité et le pouvoir décisionnel priment, tandis que l’Allemagne adopte une approche plus équilibrée, combinant création de valeur, organisation du temps de travail et développement personnel.

Pour Bolt, ces résultats traduisent une évolution profonde du rapport au travail. Comme le souligne Julien Mouyeket, directeur général de Bolt France, les citoyens doutent davantage du système que d’eux-mêmes. Ils aspirent à reprendre la main sur leur trajectoire professionnelle, à trouver un meilleur équilibre entre vie personnelle et activité économique, et à construire leur propre définition de la réussite.

Dans ce contexte, le travail indépendant ne se résume plus à une alternative marginale ou à une solution par défaut. Il incarne une transformation des mentalités, portée par des attentes nouvelles en matière de liberté, d’autonomie et de sens. Si les incertitudes économiques persistent, elles semblent paradoxalement renforcer la volonté de nombreux Français de devenir acteurs de leur propre avenir professionnel.

L’étude Bolt Ipsos met ainsi en lumière une société en tension, mais aussi en mouvement. Entre inquiétude collective et confiance individuelle, l’entrepreneuriat et le travail indépendant apparaissent comme des leviers de réassurance et d’émancipation, en particulier pour les jeunes générations. Une dynamique qui pourrait, à terme, redessiner durablement le paysage du travail en France et en Europe.

Elliot

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