Élection de Franck Chaumès à la tête de l’Umih le GHR
L’élection de Franck Chaumès à la présidence de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) fait apparaître des divergences entre les organisations professionnelles du secteur. Si le Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France (GHR) a adressé ses félicitations au nouveau président, il exprime également de sérieuses réserves sur les orientations qu’il défend. Au cœur des désaccords figurent la réglementation de la restauration, la place accordée aux hôteliers et, plus largement, la conception de la liberté d’entreprendre dans un secteur confronté à des difficultés économiques.
Pour le GHR, l’arrivée de Franck Chaumès à la tête de l’Umih soulève une question de fond concernant la représentation des différents métiers de l’hospitalité. L’organisation estime que les orientations du nouveau président semblent accorder une place prépondérante à la restauration, au risque de laisser au second plan les préoccupations des hôteliers, mais aussi celles des autres professionnels du secteur.
Cette prise de position traduit des désaccords qui dépassent les seules questions de représentation professionnelle. Le GHR considère que les divergences entre les deux organisations n’ont jamais été aussi marquées, tant sur la vision de l’avenir des professions concernées que sur les méthodes proposées pour répondre à leurs difficultés.
La réglementation de la restauration au cœur des désaccords
Le premier point de friction concerne les contraintes réglementaires susceptibles de peser sur les restaurateurs. Le GHR s’oppose à plusieurs orientations qu’il attribue au nouveau président de l’Umih, notamment l’affichage obligatoire de la mention « fait maison », l’instauration de nouvelles formations obligatoires ou encore la mise en place d’un numerus clausus.
Pour l’organisation, ces mesures risqueraient d’ajouter des obligations supplémentaires à des entreprises dont les conditions d’exploitation sont déjà difficiles. Le GHR défend une approche fondée sur la simplification administrative, l’autonomie des entrepreneurs et la préservation de leur capacité à développer leur activité.
La question dépasse le seul contenu des mesures envisagées. Elle oppose deux conceptions de l’accompagnement des professionnels, l’une privilégiant, selon le GHR, un encadrement plus important des pratiques, l’autre mettant l’accent sur la liberté de gestion et la réduction des contraintes.
Le GHR considère que les restaurateurs doivent avant tout retrouver les moyens économiques nécessaires pour exercer leur métier, investir et assurer la pérennité de leurs établissements. Il refuse ainsi que de nouvelles obligations viennent compliquer leur fonctionnement.
L’hôtellerie réclame une place à part entière dans les priorités professionnelles
Au-delà de la restauration, le GHR insiste sur la nécessité de maintenir les problématiques hôtelières au premier plan des discussions professionnelles.
La concurrence des meublés de tourisme constitue l’un de ses principaux sujets de préoccupation. L’organisation entend poursuivre ses démarches en faveur d’une régulation de ces hébergements, avec pour objectif de garantir des conditions de concurrence plus équitables, notamment sur le plan fiscal.
Elle souhaite également favoriser les locations de moyenne et longue durée plutôt que la multiplication des locations touristiques de courte durée.
Cette orientation s’inscrit dans une réflexion sur l’équilibre entre les différentes formes d’hébergement. Pour les professionnels de l’hôtellerie, les conditions fiscales et réglementaires applicables aux activités concurrentes représentent un enjeu important.
Le GHR entend donc continuer à défendre une régulation permettant de mieux prendre en compte les intérêts des établissements hôteliers traditionnels.
Les plateformes de réservation et la taxe de séjour parmi les priorités
Autre dossier majeur pour les hôteliers, leurs relations commerciales avec les plateformes de réservation en ligne.
Le GHR réaffirme son attachement à la liberté commerciale et tarifaire des établissements face aux intermédiaires numériques, en citant notamment Booking.com.
La question porte sur la capacité des hôteliers à conserver la maîtrise de leur politique commerciale, de leurs prix et de leurs relations avec la clientèle. Les plateformes occupent une place importante dans la distribution des nuitées, ce qui rend les conditions de collaboration avec ces acteurs particulièrement sensibles pour les professionnels.
Le GHR entend également rester vigilant sur l’évolution de la taxe de séjour. Il défend sa stabilité et sa maîtrise, considérant que les prélèvements liés à l’hébergement doivent demeurer compatibles avec les conditions économiques d’exploitation des établissements.
Ces différents dossiers illustrent la volonté du groupement de ne pas limiter les débats professionnels aux seules questions concernant la restauration.
Une organisation qui revendique la représentation de tous les métiers de l’hospitalité
Le GHR met en avant son périmètre de représentation, qui comprend les hôtels, restaurants, cafés, bars, établissements de nuit, traiteurs organisateurs de réceptions et acteurs de l’événementiel.
L’organisation revendique 12 000 établissements adhérents, employant plus de 150 000 salariés sur l’ensemble du territoire français. Elle rassemble aussi bien des entreprises indépendantes que des groupes de plus grande taille.
Cette diversité constitue l’un des arguments avancés par le GHR pour défendre une approche globale des enjeux économiques et réglementaires du secteur.
Les préoccupations des restaurateurs ne sont pas nécessairement identiques à celles des hôteliers ou des exploitants d’établissements de nuit. Les modèles économiques, les contraintes d’exploitation et les relations avec les différents acteurs commerciaux peuvent varier sensiblement d’une activité à l’autre.
Pour le GHR, une organisation professionnelle doit donc être en mesure de porter simultanément les intérêts de l’ensemble de ces métiers, sans privilégier durablement une activité au détriment des autres.
La liberté d’entreprendre comme ligne directrice
En exprimant ses réserves après l’élection de Franck Chaumès, le GHR cherche également à affirmer sa propre ligne de conduite.
L’organisation place la liberté d’entreprendre, la simplification et la création de valeur au centre de ses priorités. Elle estime que les entreprises du secteur doivent disposer de marges de manœuvre suffisantes pour investir, recruter et maintenir leur activité.
Cette position intervient dans un contexte où les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration doivent concilier leurs impératifs économiques avec de nombreuses obligations administratives, sociales et réglementaires.
Le GHR souhaite que les réponses apportées aux difficultés du secteur privilégient l’amélioration des conditions d’exploitation plutôt que l’introduction de contraintes supplémentaires.
La question de la représentation professionnelle prend ainsi une dimension plus large. Elle concerne non seulement les relations entre les organisations patronales, mais également les orientations qu’elles entendent défendre auprès des pouvoirs publics.
L’élection du nouveau président de l’Umih met en évidence des différences d’approche que le GHR juge désormais particulièrement importantes. Pour autant, les éléments rendus publics ne permettent pas de conclure à une rupture formelle entre les deux organisations.
En affirmant ses désaccords, le GHR entend surtout rappeler ses priorités et défendre une représentation équilibrée de l’ensemble des métiers de l’hospitalité.
Les prochains débats professionnels permettront de mesurer la portée de ces divergences, notamment sur la réglementation de la restauration, l’encadrement des meublés touristiques et les relations entre les hôteliers et les plateformes numériques.
Pour les entreprises concernées, l’enjeu reste concret : disposer d’un environnement économique et réglementaire leur permettant de maintenir leur activité, de créer des emplois et de préparer leurs investissements futurs.




