Bassac prend le volant de Feu Vert
Le paysage français de l’après-vente automobile connaît un mouvement structurant. Le 24 février 2026, le groupe Feu Vert a officialisé la finalisation de son acquisition à 100 % par la société familiale Bassac, après la levée de l’ensemble des conditions suspensives et des autorisations réglementaires requises. Cette opération marque un tournant pour l’enseigne au chat blanc, deuxième acteur de l’après-vente automobile en nombre de points de vente en Europe.
Une transmission entre investisseurs, une gouvernance inchangée
Bassac reprend Feu Vert auprès d’Alpha Private Equity, actionnaire sortant, présenté comme un partenaire clé de ces dernières années. Dans le communiqué diffusé à l’occasion de la finalisation, la direction du groupe souligne que l’accompagnement d’Alpha Private Equity a permis de déployer la stratégie, de renforcer l’organisation et d’accélérer la transformation au service des clients.
La gouvernance, elle, demeure inchangée. Thierry Sinquin, Président-Directeur Général du groupe Feu Vert, insiste sur la continuité et sur l’ambition de poursuivre le développement avec exigence et engagement. Ce choix de stabilité managériale envoie un signal rassurant aux équipes, aux franchisés et aux partenaires.
Bassac, fondée en 1972, détient déjà des participations majoritaires dans plusieurs sociétés opérant notamment dans la promotion immobilière en France, en Espagne et en Allemagne. Son profil d’actionnaire familial suggère une vision de long terme, susceptible de soutenir les ambitions industrielles et commerciales de Feu Vert.
Un groupe solidement implanté en Europe
Créé en 1972, Feu Vert revendique plus de 50 ans d’expérience. Le groupe exploite aujourd’hui 466 centres auto en Europe, en propre et en franchise, répartis en France, en Espagne, au Portugal et en master franchise au Maroc .
Sur l’exercice 2024–2025, le chiffre d’affaires consolidé du groupe s’élève à 663 millions d’euros . Le chiffre d’affaires sous enseigne, incluant l’activité des centres intégrés et franchisés, atteint 935 millions d’euros . Ces données confirment le poids économique d’un acteur qui compte environ 6 200 collaborateurs en Europe et revendique 10 millions de clients.
En France, le réseau comprend 350 centres, dont 167 succursales et 183 franchises, parmi lesquelles 12 master franchises. L’activité hexagonale représente 471 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé et 765 millions d’euros sous enseigne, avec 4 500 collaborateurs. Le site feuvert.fr enregistre 26,5 millions de visites et propose plus de 100 000 références multimarques.
Trois univers d’offres au service de la mobilité
Feu Vert structure son activité autour de trois univers complémentaires, pour les véhicules à quatre et deux roues.
Le premier est l’atelier, centré sur les prestations techniques d’entretien et de réparation, avec des activités majeures telles que le pneumatique, la révision et le freinage.
Le deuxième est le libre-service, qui regroupe des produits de marques nationales ainsi que des produits à la marque Feu Vert, couvrant les besoins en entretien, confort et sécurité.
Le troisième univers concerne les services, incluant notamment la démarche carte grise, la présentation au contrôle technique, les contrats d’entretien ou encore le gardiennage de pneus.
À cela s’ajoute une offre dédiée aux entreprises et grands comptes via Feu Vert Entreprises, traduisant la volonté du groupe de renforcer son positionnement B2B.
Pouvoir d’achat, notoriété et transformation
Feu Vert met en avant une notoriété de 97 %, se présentant comme numéro un en notoriété selon GIPA 2025. Son positionnement repose sur le « pouvoir d’achat du chat », formule qui renvoie à une promesse de prix bas, de transparence, de rapidité avec ou sans rendez-vous, de multimarque et de proximité. La communication insiste notamment sur une révision annoncée 36 % moins chère, argument fort dans un contexte de tension sur le budget des ménages.
Parallèlement, le groupe accélère sa stratégie de développement du digital, du B2B et des nouvelles mobilités. Cette orientation traduit une adaptation aux mutations du marché automobile, marqué par l’électrification, la connectivité des véhicules et l’évolution des usages.
Un engagement environnemental mesurable
L’après-vente automobile est également confrontée aux enjeux environnementaux. Feu Vert met en avant des chiffres significatifs en matière de recyclage pour 2025 : 1,5 million de pneumatiques, 3 000 tonnes de batteries, 2 000 tonnes d’huiles, 300 tonnes de filtres, 400 tonnes de liquides de refroidissement et plus de 5 000 tonnes de déchets industriels non dangereux.
Ces volumes illustrent la responsabilité d’un réseau dense de centres auto dans la gestion des déchets liés à l’entretien automobile. Ils participent à l’ancrage d’une image d’enseigne engagée dans une logique de durabilité.
Une nouvelle phase de développement sous l’ère Bassac
Avec l’entrée de Bassac à son capital, Feu Vert ouvre une nouvelle phase de son histoire. L’opération intervient dans un contexte de consolidation du secteur et de transformation des modèles économiques. La continuité de la gouvernance laisse entendre que la feuille de route stratégique, déjà engagée ces dernières années, sera poursuivie.
L’appui d’un actionnaire familial, disposant d’une expérience de plusieurs décennies dans l’investissement majoritaire, pourrait offrir au groupe des marges de manœuvre financières et stratégiques pour renforcer son maillage territorial, accélérer son développement en franchise et soutenir ses investissements digitaux.
Pour Feu Vert, l’enjeu consiste à conjuguer proximité physique, puissance de marque, performance économique et adaptation aux nouvelles mobilités. La mobilité des conducteurs de deux et quatre roues demeure au cœur de sa mission.
L’acquisition par Bassac ne constitue donc pas une rupture mais un levier. À l’heure où l’automobile évolue vers davantage de services, de connectivité et de responsabilité environnementale, le groupe devra confirmer sa capacité à transformer son modèle tout en conservant la promesse qui a fait sa notoriété. La solidité de son réseau, la force de son image et la stabilité de sa gouvernance constituent des atouts pour aborder cette nouvelle trajectoire avec ambition.




