ActualitésInformations

Ménopause : un poids stable qui masque une transformation profonde du corps féminin

La ménopause est souvent abordée à travers ses signes les plus visibles : bouffées de chaleur, troubles du sommeil, fatigue, variations de l’humeur ou modification du cycle menstruel pendant la périménopause. Pourtant, une partie essentielle de cette transition se joue de manière silencieuse, à l’intérieur du corps, sans nécessairement se traduire par une prise de poids spectaculaire. Les nouvelles données analysées par Withings auprès de 200 000 Françaises mettent en lumière un paradoxe de santé majeur : le poids peut rester presque inchangé alors que la composition corporelle, la graisse viscérale et plusieurs indicateurs cardiovasculaires évoluent fortement.

Méthodologie : Analyse transversale, utilisateurs de dispositifs connectés Withings, France, janvier 2025 – mars 2026. Les cohortes françaises varient de 200 000 femmes (composition corporelle) à environ 4 900 femmes (tension artérielle). Les stades reproductifs (S1–S6) sont définis par des tranches d’âge inspirées du cadre STRAW+10, ancré sur l’âge moyen européen de la ménopause de 51 ans (EMAS), non confirmés cliniquement. S1–S3 : phase reproductive (20–42 ans environ) · S4 : début de la transition ménopausique · S5 : transition tardive, chute hormonale · S6 : post-ménopause (après 12 mois sans règles). Tous les résultats représentent des différences entre cohortes, non des trajectoires individuelles. Soumis à des facteurs de confusion incluant la grossesse, les différences générationnelles et l’usage de médicaments. Les utilisateurs Withings ne sont pas représentatifs de la population française générale.

Cette analyse, menée à partir de données recueillies en vie réelle entre janvier 2025 et mars 2026, montre que les Françaises abordent la transition ménopausique avec des indicateurs plutôt favorables par rapport aux autres pays étudiés. Elles sont les plus minces du panel mondial, affichent les meilleurs scores de sommeil et présentent un niveau d’activité relativement élevé, avec un pic supérieur à 4 500 pas par jour pendant la périménopause. Pourtant, ces atouts ne suffisent pas à empêcher une transformation interne rapide.

Le constat est frappant : sur plusieurs décennies, le poids moyen ne progresse que d’environ 500 grammes. Mais, dans le même temps, la masse grasse augmente de 3,3 points, passant de 30,6 % à 33,9 %, tandis que la masse musculaire recule de 3,1 points, de 65,7 % à 62,6 %. Plus préoccupant encore, la graisse viscérale, celle qui entoure les organes internes et qui constitue un marqueur important du risque cardiométabolique, bondit de 71 %. Cette progression est supérieure à la moyenne mondiale observée dans l’étude, établie à 58 %.

Autrement dit, une femme peut avoir l’impression que son corps n’a pas changé parce que le chiffre affiché par la balance reste stable. Pourtant, sous cette stabilité apparente, la répartition des tissus évolue profondément. La masse musculaire diminue, la masse grasse progresse et la graisse viscérale s’installe plus fortement. La balance traditionnelle, qui ne mesure que le poids global, ne permet pas de voir cette recomposition.

La fin d’un repère trop simple : le poids ne dit pas tout

Pendant longtemps, le poids a été considéré comme un indicateur central du suivi de santé. Il reste utile, mais il apparaît de plus en plus insuffisant, en particulier chez les femmes en milieu de vie. Les données françaises montrent que le poids seul peut donner une impression trompeuse de stabilité.

Une femme active, qui dort correctement, qui marche régulièrement et dont le poids reste stable, peut néanmoins connaître une évolution défavorable de sa composition corporelle. Ce phénomène est particulièrement important à la ménopause, période durant laquelle les modifications hormonales modifient les équilibres internes. Le recul progressif des œstrogènes réduit notamment certains effets protecteurs sur le système cardiovasculaire et sur la répartition des graisses.

C’est ce que résume Livia Robic, spécialiste santé féminine chez Withings : « En tant que nation, les Françaises font beaucoup de choses dans le bon sens. Mais la ménopause change les règles de l’intérieur. Une femme peut peser presque la même chose à 42 et à 60 ans, et pourtant présenter un profil de risque cardiovasculaire fondamentalement différent. »

Cette phrase illustre l’enjeu principal : le corps féminin ne se transforme pas toujours de manière visible. La modification peut être interne, progressive, silencieuse, mais lourde de conséquences à long terme.

Une progression marquée de la graisse viscérale

Parmi les résultats les plus significatifs figure l’augmentation de la graisse viscérale. Chez les Françaises étudiées, l’indice de graisse viscérale passe de 1,70 à 2,90, soit une hausse de 71 %. Cette donnée est d’autant plus importante qu’elle est invisible à l’œil nu et difficile à percevoir au quotidien.

La graisse viscérale ne correspond pas simplement à une modification esthétique. Elle est associée à des enjeux métaboliques et cardiovasculaires. Son accumulation peut accompagner une augmentation du risque d’hypertension, de troubles métaboliques ou de maladies cardiovasculaires. Le fait que cette progression soit supérieure à la moyenne mondiale interroge donc sur la nécessité d’un suivi plus fin des femmes dès la mi-trentaine ou la quarantaine.

Le paradoxe français est clair : les Françaises commencent avec une composition corporelle plus favorable, mais cela ne les empêche pas de connaître une transformation interne rapide pendant la transition ménopausique. Être plus mince au départ ne signifie pas être protégée contre la recomposition corporelle.

La pression artérielle augmente fortement

L’autre signal préoccupant concerne la pression artérielle. Dans l’échantillon français, la pression artérielle systolique augmente de 8,8 mmHg, soit plus du double de la moyenne mondiale observée dans l’étude, qui s’établit à 4,0 mmHg. Cette évolution est particulièrement importante car l’hypertension constitue un facteur majeur de risque cardiovasculaire.

Les données montrent également que l’écart tensionnel entre femmes et hommes se réduit de 86 % en France, contre 72 % dans le monde. Ce rapprochement des marqueurs féminins vers les marqueurs masculins traduit la diminution progressive des effets protecteurs associés aux œstrogènes au cours de la périménopause et de la post-ménopause.

La ménopause ne doit donc pas être considérée uniquement comme un événement gynécologique ou hormonal. Elle constitue aussi une étape cardiovasculaire majeure. Les changements observés dans la pression artérielle, la rigidité artérielle ou encore la variabilité de la fréquence cardiaque montrent que le système cardiovasculaire évolue fortement pendant cette période.

Des signaux cardiovasculaires silencieux

La variabilité de la fréquence cardiaque, ou VFC, recule de 35 % chez les Françaises étudiées, passant de 43 millisecondes à 28 millisecondes. Cette baisse est légèrement supérieure à la moyenne mondiale, qui atteint 33 %. La VFC est un indicateur du fonctionnement du système nerveux autonome et de la capacité d’adaptation de l’organisme. Son recul peut traduire une moindre flexibilité physiologique.

La rigidité artérielle, mesurée par la vitesse d’onde de pouls, augmente également. Elle passe de 6,06 à 7,72 m/s, soit une progression de 27 %. Cette évolution aligne la France sur la moyenne mondiale, avec une accélération particulièrement marquée autour de la ménopause. Le passage entre les stades S4 et S5, correspondant à la transition ménopausique, affiche le saut le plus élevé de la trajectoire française, avec une hausse de 0,43 m/s.

Autre donnée notable : la prévalence de la fibrillation auriculaire est multipliée par 3,7, passant de 3 % au stade S1 à 11 % au stade S6. Cette évolution est proche de la tendance mondiale, où la hausse est multipliée par quatre. Là encore, le phénomène ne se voit pas dans le miroir et ne se lit pas sur une balance ordinaire.

Le sommeil reste bon, mais ne suffit pas

Les Françaises se distinguent dans le panel mondial par leurs scores de sommeil. Le score médian reste compris entre 79 et 80 à tous les stades, soit 3 à 4 points au-dessus de la moyenne observée. Ce résultat constitue un avantage réel, car le sommeil joue un rôle important dans la récupération, la régulation hormonale et la santé générale.

Mais les données montrent aussi que cet avantage ne protège pas totalement contre les transformations cardiovasculaires et corporelles liées à la ménopause. Même avec un sommeil de meilleure qualité, les Françaises connaissent une forte hausse de la graisse viscérale et une augmentation marquée de la pression artérielle.

Cela rappelle que la santé en milieu de vie doit être abordée de manière globale. L’activité physique, le sommeil, l’alimentation, le suivi de la pression artérielle, la préservation de la masse musculaire et la surveillance de la composition corporelle doivent être pensés ensemble. Aucun indicateur isolé ne suffit à lui seul.

La périménopause reste encore mal identifiée

L’étude met également en évidence un décalage dans la reconnaissance de la périménopause. À 50 ans ou plus, 48,4 % des Françaises se déclarent en périménopause, alors que les transformations physiologiques sont déjà mesurables dès la quarantaine. L’âge médian déclaré est de 49 ans.

Ce décalage est important. Si les femmes ne reconnaissent pas les premiers signes ou si elles ne sont pas accompagnées suffisamment tôt, la prévention peut intervenir trop tardivement. La périménopause n’est pas seulement une période de symptômes plus ou moins inconfortables. C’est aussi une fenêtre de prévention pendant laquelle il est possible d’agir sur l’activité physique, la masse musculaire, la pression artérielle, l’alimentation et le suivi cardiométabolique.

Aline Criton, directrice des affaires réglementaires et cliniques chez Withings, souligne cette limite du suivi traditionnel : « Le poids est un indicateur insuffisant du risque cardiométabolique chez la femme en milieu de vie. Une femme active, de poids stable et sans symptômes apparents peut tout de même subir une recomposition interne significative qui élève son profil de risque cardiovasculaire à long terme. La mesure de la composition corporelle doit devenir une composante de routine de la santé préventive des femmes dès la mi-trentaine. »

La musculation comme levier de prévention

Face à ces constats, l’un des premiers leviers concerne l’activité physique, mais pas seulement sous l’angle du nombre de pas. Marcher reste bénéfique, notamment pour la santé cardiovasculaire, la mobilité et l’équilibre général. Toutefois, les données rappellent que l’activité quotidienne ne suffit pas nécessairement à préserver la masse musculaire.

La musculation, ou plus largement le renforcement musculaire, devient un enjeu central. Avec l’âge et les modifications hormonales, la masse musculaire tend à diminuer. Or le muscle joue un rôle essentiel dans le métabolisme, la stabilité, la prévention des chutes, la dépense énergétique et la santé globale. Préserver sa masse musculaire pendant la périménopause et après la ménopause est donc une stratégie de prévention importante.

Il ne s’agit pas forcément de pratiquer une musculation intensive. Des exercices réguliers avec charges légères, élastiques, poids du corps ou accompagnement professionnel peuvent déjà contribuer à limiter la perte musculaire. L’enjeu est d’intégrer cette dimension dans les routines de santé féminine, au même titre que la marche ou le sommeil.

Mieux suivre les signaux invisibles

Les données analysées montrent aussi l’intérêt d’un suivi plus fin entre deux consultations médicales. La pression artérielle, la variabilité de la fréquence cardiaque, la qualité du sommeil ou la composition corporelle peuvent fournir des indications précoces. Ces signaux ne remplacent pas un avis médical, mais ils peuvent aider à repérer des tendances et à engager une discussion plus informée avec un professionnel de santé.

Le message central est celui de la prévention. Attendre l’apparition de symptômes ou une prise de poids visible peut conduire à sous-estimer les transformations en cours. Un bilan de composition corporelle dès la mi-trentaine permettrait d’établir une référence personnelle, avant l’entrée dans la périménopause. Les évolutions ultérieures seraient alors plus faciles à repérer.

Withings met en avant ses dispositifs connectés, comme Body Scan, qui suit la répartition des graisses et des muscles, l’indice de graisse viscérale, la masse osseuse et l’hydratation. La ScanWatch 2 permet de surveiller la VFC, le sommeil, certains signaux cardiovasculaires, l’activité, l’ECG et la SpO2. Ces outils s’inscrivent dans une logique de visibilité accrue des changements internes, même lorsque le poids semble stable.

Un enjeu de santé publique féminine

Cette analyse ne doit toutefois pas être interprétée comme une photographie parfaitement représentative de toutes les Françaises. La méthodologie repose sur des utilisateurs de dispositifs connectés Withings. Ces utilisateurs ne sont pas nécessairement représentatifs de la population générale. Les résultats sont issus de comparaisons entre cohortes et non de trajectoires individuelles suivies dans le temps. Les stades reproductifs sont définis par tranches d’âge inspirées du cadre STRAW+10, à partir d’un âge moyen européen de la ménopause de 51 ans, sans confirmation clinique individuelle. Plusieurs facteurs peuvent aussi influencer les résultats, comme la grossesse, les différences générationnelles ou l’usage de médicaments.

Ces limites n’annulent pas l’intérêt des données. Elles invitent plutôt à les lire comme un signal fort : la santé des femmes en milieu de vie mérite des outils de suivi plus précis que le simple poids. La ménopause ne se résume pas à une transition hormonale visible à travers quelques symptômes. Elle correspond à une transformation physiologique plus large, avec des effets sur la masse musculaire, la graisse viscérale, la pression artérielle, la rigidité artérielle et certains marqueurs cardiaques.

Livia Robic résume l’enjeu ainsi : « Ces données permettent aux femmes de voir ce que le miroir et la balance ne montrent pas. Il s’agit de transformer le changement invisible en compréhension visible, pour que les femmes puissent agir plus tôt, et non plus tard. »

La conclusion est simple : le poids stable ne signifie pas nécessairement que rien ne change. À la ménopause, le corps peut se transformer en profondeur sans alerter immédiatement. Pour les femmes, les professionnels de santé et les acteurs de la prévention, l’enjeu consiste désormais à déplacer le regard. Il ne s’agit plus seulement de surveiller les kilos, mais de comprendre ce qui se joue dans la composition corporelle et les marqueurs cardiovasculaires. C’est à cette condition que la ménopause pourra être mieux accompagnée, non comme une rupture subie, mais comme une étape de prévention active.

Elliot

Informations d'entreprises ou de partenaires

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page