Le volume 3 (en PDF) enrichie en juin 2026 d’une nouvelle “Le monde sans copier / couper / coller” poursuit l’exploration du principe même de l’uchronie, défini en introduction comme une réécriture du passé à partir d’un point de divergence historique. L’ouvrage rassemble plusieurs récits autonomes qui interrogent les bifurcations possibles de l’Histoire : politiques, technologiques, civilisations ou temporelles.
Recueil de 10 nouvelles uchroniques originales par Olivier Kauf, éditées par FRANOL Services en format PDF (téléchargeable dès réception du règlement). édition : février 2026 … enrichie en juin 2026
Format A5 de 268 pages, PDF imprimable.
- Introduction – qu’est qu’une uchronie ?
- Celles qui ont tenu
- Le Réseau transparent
- La ligne de retrait
- Les strates du silence
- Les douze minutes
- L’ombre sans visage
- Le jour où Davos s’est tu
- Le monde à Mach 2
- Et si Napoléon Bonaparte avait remporter la bataille de Waterloo
- Le monde sans copier / couper / coller
Comme le rappelle l’introduction :
« L’uchronie est donc un genre qui, tout en s’ancrant dans le passé, ouvre un espace de réflexion sur le présent et le futur… »
Chaque nouvelle part d’un moment charnière pour explorer ce que devient le monde lorsque le cours attendu des événements se transforme.
1. Celles qui ont tenu
Et si l’Europe d’après-guerre avait confié le pouvoir aux femmes ?
Le récit s’ouvre à Paris en mars 1919, dans une ville meurtrie par la guerre. Marguerite Lenoir, qui a dirigé une usine de munitions pendant le conflit, prend la parole dans un conseil dominé par des hommes paralysés par l’indécision.
Très vite, l’exception devient règle : des femmes accèdent aux responsabilités économiques, sanitaires et administratives. Leur gouvernance se distingue par la sobriété, la continuité et l’efficacité.
L’une des phrases centrales du récit résume la philosophie politique du modèle :
« On ne gagne jamais vraiment. On transmet. »
Dans cette uchronie, la Seconde Guerre mondiale n’a pas lieu. La paix n’est ni spectaculaire ni héroïque, mais durable. Le pouvoir cesse d’être une conquête pour devenir une responsabilité collective.
2. Le Réseau transparent
Et si une démocratie ultra-optimisée étouffait silencieusement la dissidence ?
Dans les années 1960, une innovation technologique devient progressivement un dispositif politique global. Le « Réseau » fluidifie la participation, réduit les frictions discursives et optimise la gouvernance.
Mais quelque chose manque. Un droit à l’erreur. Une parole imparfaite.
« Un droit au brouillon.
Une parole qui ne demandait pas encore à être justifiée. »
Hannah Keller découvre des messages dissimulés dans les marges techniques du système :
« Tu n’es pas la seule à garder ce qui ne rentre pas. »
Cette nouvelle interroge la tentation d’un monde lisse, sans conflit apparent. La fissure ne vient pas d’une révolte spectaculaire, mais d’un malaise diffus. L’utopie algorithmique révèle sa fragilité.
3. Les strates du silence
Et si une civilisation avancée avait existé avant nous ?
En 2039, sous le désert du Rub al Khali, une équipe scientifique découvre une structure artificielle datée de plus de cent mille ans.
Progressivement, une hypothèse s’impose : une civilisation technologiquement avancée a précédé l’humanité actuelle. Et elle a volontairement effacé ses traces.
Lors d’une conférence à Buenos Aires, le professeur Naël Serrano prononce la phrase qui change tout :
« Nous avons la preuve que des civilisations technologiquement avancées ont existé avant nous, et qu’elles ont volontairement effacé l’essentiel de leurs traces. »
Le monde ne sombre pas dans la panique. Il entre dans une suspension.
« L’humanité n’était peut être pas sur le point de s’effondrer.
Elle était peut être arrivée exactement au même carrefour qu’avant. »
Cette nouvelle transforme la peur de la fin en question sur la répétition. L’Histoire serait-elle une boucle ?
4. Le monde à Mach 2
Et si le supersonique était devenu mature ?
Dans cette uchronie technologique, le Concorde ne disparaît pas. Il évolue. Le projet Aeternum atteint Mach 3, mais avec une philosophie transformée.
Les innovations intègrent désormais contraintes environnementales et régulation internationale.
La vision change :
« La vitesse n’était plus un spectacle.
Elle était devenue une infrastructure. »
Et surtout :
« Maintenant je crois que mieux signifie maîtrisé. »
La performance cesse d’être une démonstration de puissance. Elle devient responsabilité.
5. Et si Napoléon avait remporté Waterloo ?
Une Europe fédérale née en 1815
C’est la fresque politique majeure du volume. Après Waterloo, Napoléon ne consolide pas un empire militaire, mais initie une fédération continentale.
Le Sénat des Nations s’installe. L’industrialisation devient coordination plutôt que rivalité :
« L’industrialisation ne fut plus une compétition jalouse entre États.
Elle devint une coordination. »
L’Angleterre tente de déstabiliser le continent. Un officier britannique, Thomas Whitmore, finit par choisir l’Europe :
« Je ne suis pas celui que je prétends être. »
À la fin, l’Europe parle français, voyage sans passeport et se pense comme espace politique :
« L’Europe n’était pas parfaite.
…
Elle était devenue un espace politique.
Et cela changeait tout. »
L’épilogue résume le basculement :
« Waterloo n’avait pas été la fin d’un homme.
Elle avait été le commencement d’un continent. »
extrait de nouvelle de la … nouvelle version du volume 3
Personne ne savait vraiment à quel moment l’humanité avait compris que quelque chose clochait.
Ce n’était pas arrivé d’un coup. Il n’y avait pas eu de grande annonce, pas de conférence internationale, pas de titre en une des journaux proclamant que l’informatique mondiale venait de naître avec un organe manquant. Les premiers ordinateurs avaient simplement fonctionné comme ils pouvaient, avec leurs écrans pâles, leurs claviers bruyants et leurs logiciels rudimentaires. On écrivait des lignes de code, on imprimait des factures, on classait des fichiers. Puis, peu à peu, à mesure que les machines entraient dans les bureaux, les maisons, les écoles et les usines, une évidence absurde s’était imposée.
On pouvait écrire.
On pouvait effacer.
On pouvait déplacer un curseur.
On pouvait sauvegarder, imprimer, envoyer, recevoir, compresser, crypter, calculer, dessiner, modéliser, simuler, photographier, filmer, transmettre un message à l’autre bout du monde en une fraction de seconde.
Mais on ne pouvait pas copier.
Ni couper.
Ni coller.
Jamais.
Sur aucun système.
Avec aucun langage.
Par aucune ruse.
Pendant longtemps, on avait cru à une limite provisoire. Une bizarrerie de jeunesse, comme ces premiers téléviseurs qui grésillaient sous l’orage ou ces voitures qu’il fallait démarrer à la manivelle. Les ingénieurs promettaient que cela viendrait. Les professeurs d’informatique assuraient à leurs étudiants que le problème était trivial. Après tout, qu’y avait-il de plus simple que de prendre un bloc de texte, le dupliquer, puis l’insérer ailleurs ? Qu’y avait-il de plus naturel que de sélectionner une image, un paragraphe, une cellule de tableur, une ligne de code, et en produire une seconde occurrence ?
Sur le papier, tout était clair.
En pratique, tout échouait.
Les premiers programmeurs avaient appelé cela la faille de duplication. Les universitaires, plus prudents, parlaient du paradoxe de transfert local. Les journalistes avaient trouvé une formule plus populaire : la malédiction du presse-papiers. Les humoristes disaient que l’ordinateur savait faire voler des sondes vers Jupiter, mais restait incapable de répéter une phrase sans qu’on la retape.
Dans les années 1980, le problème faisait rire.
Dans les années 1990, il agaçait.
Dans les années 2000, il structurait l’économie mondiale.
Dans les années 2020, plus personne ne riait.
Et en 2041, quand commence cette histoire, le monde entier vivait avec cette absence comme on vit avec une loi physique. On ne disait pas qu’un ordinateur ne savait pas copier. On disait qu’il ne pouvait pas. Comme il ne pouvait pas faire surgir de la matière à partir du néant. Comme il ne pouvait pas rendre le temps réversible. Comme il ne pouvait pas transformer le silence en souvenir.
Les enfants l’apprenaient dès l’école primaire.
« On ne copie pas, on ressaisit. »
C’était …
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