L’Urssaf mise sur Red Hat pour moderniser son système dinformation
L’Urssaf s’appuie désormais sur Red Hat Enterprise Linux et Red Hat OpenShift comme plateformes de référence pour poursuivre la modernisation de son système d’information. Ce choix accompagne la transformation des pratiques de sa direction des systèmes d’information, avec un enjeu central : disposer d’une infrastructure suffisamment robuste, sécurisée et évolutive pour soutenir les missions de collecte et de redistribution des cotisations sociales.
L’échelle des opérations donne la mesure des besoins techniques. En 2025, l’Urssaf a collecté près de 602 milliards d’euros auprès de 12 millions d’employeurs et d’entrepreneurs. Ces sommes ont ensuite été redistribuées à plus de 800 organismes et régimes de protection sociale.
Dans ce contexte, la disponibilité des applications, la protection des données et la capacité à faire évoluer le système d’information constituent des éléments essentiels au fonctionnement quotidien de l’organisme.
Un environnement privé pour garder la maîtrise des données
L’architecture retenue repose sur un environnement privé isolé de type « air-gapped », sans dépendance à un cloud public.
Ce choix doit permettre à l’Urssaf de conserver la maîtrise de ses données et de répondre aux contraintes réglementaires auxquelles elle est soumise. Il s’inscrit également dans une logique de souveraineté numérique, particulièrement sensible pour un organisme manipulant des volumes importants de données et assurant des fonctions essentielles au financement de la protection sociale.
Red Hat Enterprise Linux et Red Hat OpenShift apportent dans ce cadre une infrastructure ouverte, standardisée et interopérable. Le recours à des technologies open source d’entreprise vise notamment à réduire la dépendance à un fournisseur unique et à conserver une capacité de maîtrise sur l’architecture technique.
La standardisation constitue également un levier de sécurité et de résilience. Elle permet de limiter la multiplication des environnements techniques et de disposer d’une base commune pour les applications critiques.
Plus de 27 000 serveurs virtualisés
Red Hat Enterprise Linux est aujourd’hui utilisé comme système d’exploitation sur plus de 27 000 serveurs virtualisés hébergeant les principales applications transactionnelles de l’Urssaf.
Red Hat Directory Server est par ailleurs utilisé pour les annuaires et la gestion des identités.
Ces différents composants participent à la mise en place d’un environnement homogène destiné à renforcer la fiabilité des applications, leur sécurité et leur continuité de fonctionnement.
Pour l’Urssaf, cette stabilité est d’autant plus importante que son système d’information doit absorber en permanence des volumes très élevés de traitements, tout en maintenant des services accessibles aux entreprises, aux indépendants, aux partenaires de la protection sociale et plus largement aux usagers.
OpenShift au coeur du cloud interne
La modernisation passe également par le développement d’un cloud interne reposant sur Red Hat OpenShift.
Cette orientation répond à la stratégie cloud first adoptée par la DSI pour faire évoluer ses applications.
L’infrastructure permet d’orchestrer des applications conteneurisées organisées notamment selon des architectures en microservices. Ce type d’organisation doit faciliter l’évolution des applications et permettre de modifier certains composants sans remettre en cause l’ensemble d’un système.
Plusieurs services numériques critiques destinés aux usagers et aux partenaires de la protection sociale sont aujourd’hui hébergés sur cette infrastructure.
Les volumes annoncés sont particulièrement élevés, avec jusqu’à 2 milliards d’appels API par mois et des pointes atteignant 5 000 transactions par seconde.
Ces capacités doivent contribuer à maintenir la disponibilité des services numériques tout en offrant une plus grande souplesse dans leur évolution.
Une infrastructure appelée à intégrer de nouveaux usages
Au-delà de la modernisation des applications existantes, l’architecture mise en place doit également permettre à l’Urssaf d’intégrer progressivement de nouvelles capacités technologiques.
L’organisme évoque notamment la possibilité d’ajouter à terme des fonctions liées à l’intelligence artificielle, en fonction des besoins des utilisateurs internes et des citoyens.
L’objectif n’est donc pas uniquement de remplacer ou de moderniser des infrastructures existantes. Il s’agit également de disposer d’une plateforme suffisamment standardisée pour accompagner les transformations futures du système d’information.
Cette logique rejoint les enjeux auxquels sont confrontés de nombreux acteurs publics : maintenir des systèmes informatiques particulièrement critiques tout en les faisant évoluer vers des architectures plus modulaires et plus faciles à administrer.
Souveraineté et indépendance technologique
Pour Jean-Baptiste Courouble, CIO de l’Urssaf, la démarche repose sur trois impératifs : stabilité opérationnelle, souveraineté numérique et équité entre les différentes parties prenantes.
La standardisation sur Red Hat Enterprise Linux et Red Hat OpenShift doit notamment fournir une base technique suffisamment stable pour traiter les volumes financiers gérés par l’organisme tout en protégeant les données.
Le recours à l’open source est également présenté comme un moyen de limiter la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur unique et de conserver un contrôle architectural et une gouvernance locale des opérations.
Du côté de Red Hat, Rémy Mandon, Country Manager de Red Hat France, souligne la nécessité de concilier protection des données critiques, disponibilité permanente des services et autonomie technologique.
Le déploiement réalisé à l’Urssaf illustre ainsi une tendance de fond des grands systèmes d’information publics : faire évoluer les architectures vers davantage de standardisation et de technologies cloud-native, sans nécessairement externaliser les données vers des environnements de cloud public.
Pour l’Urssaf, cette transformation doit permettre de concilier modernisation technique et continuité de service, alors que son système d’information constitue l’un des maillons essentiels du fonctionnement quotidien de la protection sociale française.




