Derrière cette baisse générale, les comportements d’achat continuent toutefois d’évoluer. La progression des véhicules électriques, le retour en force de l’essence et la diminution des prix de nombreux modèles traduisent une transformation progressive du marché automobile français.
Une hausse spectaculaire de l’intérêt pour l’électrique
Le début du conflit au Moyen-Orient et la forte augmentation des prix des carburants ont provoqué un mouvement rapide vers les voitures électriques d’occasion. Au plus fort de la crise, les recherches de véhicules électriques ont bondi de 80 % sur leboncoin.
Cette hausse de l’intérêt s’est également traduite dans les ventes, avec une progression de 85 % au cours des deux derniers mois observés. Les véhicules hybrides ont eux aussi bénéficié de ce contexte, mais dans des proportions plus modérées. Leur demande a augmenté de 7 % au deuxième trimestre, tandis que leurs ventes ont progressé de 17 % sur un an.
Cette accélération ne signifie cependant pas que le marché français s’est définitivement converti à l’électrique. Les premières données recueillies après la détente des prix des carburants montrent un retour progressif des recherches vers les niveaux constatés avant le conflit.
L’intérêt soudain pour l’électrique apparaît donc en grande partie lié à la conjoncture. Lorsque le coût du carburant augmente fortement, les ménages envisagent plus volontiers de changer de motorisation. Lorsque les prix diminuent, les hésitations liées à l’autonomie, à la recharge ou au coût d’acquisition redeviennent plus visibles.
La baisse du nombre de véhicules disponibles constitue également une limite importante. Le stock de voitures électriques d’occasion a diminué de 30 % au deuxième trimestre. L’offre ne paraît donc pas encore suffisante pour accompagner durablement une augmentation aussi rapide de la demande.
L’essence devient la motorisation la plus recherchée
Le principal changement du trimestre concerne finalement moins l’électrique que le nouvel équilibre entre l’essence et le diesel.
Pour la première fois depuis la création du boncoin il y a vingt ans, les voitures essence passent devant les véhicules diesel dans les recherches effectuées sur la plateforme. L’essence représente désormais 44 % de la demande et devient la motorisation la plus recherchée sur le marché de l’occasion.
Ce basculement marque une rupture symbolique importante. Pendant de nombreuses années, le diesel a dominé le marché automobile français. Sa consommation plus faible et sa forte présence dans les flottes professionnelles avaient largement contribué à son développement.
La situation s’est progressivement inversée sous l’effet des restrictions de circulation, des évolutions fiscales, de la réduction de l’offre de véhicules diesel neufs et des préoccupations environnementales. Les automobilistes semblent désormais privilégier davantage les modèles essence, notamment pour les trajets urbains ou les faibles kilométrages annuels.
L’hybride occupe désormais la troisième place des motorisations les plus recherchées. L’électrique arrive ensuite, avec un décalage estimé à quatre ou cinq ans par rapport aux évolutions déjà observées sur le marché du neuf.
Les véhicules thermiques restent toutefois largement majoritaires. Ils représentent encore près de 80 % des ventes de voitures d’occasion en France. La transition énergétique du parc automobile se poursuit donc, mais elle demeure progressive.
Les marques européennes dominent l’occasion électrique
Le marché des voitures électriques d’occasion reste principalement animé par les professionnels de l’automobile. Plus de 80 % des véhicules électriques proposés proviennent de concessions, de garages ou de marchands spécialisés.
Les constructeurs européens concentrent ensemble 55 % de la demande. Tesla conserve néanmoins une position particulière et capte à elle seule 25 % des recherches portant sur des voitures électriques d’occasion.
Les marques chinoises, de plus en plus visibles sur le marché des véhicules neufs, commencent également à apparaître dans les recherches de modèles d’occasion. Leur demande a progressé de 66 % sur un an.
Cette hausse doit toutefois être relativisée. Les constructeurs chinois représentent encore moins de 1 % de l’ensemble des transactions observées sur la plateforme. Sur le seul segment électrique, leur part atteint environ 6 %.
Le développement de ce marché dépendra notamment du nombre de véhicules qui seront remis en vente au cours des prochaines années. L’occasion reflète en effet avec plusieurs années de retard les changements intervenus dans les immatriculations de voitures neuves.
Des prix toujours inférieurs aux niveaux de 2023
Malgré les variations de la demande entre les différentes motorisations, les prix sont restés globalement stables au deuxième trimestre 2026. Ils demeurent également nettement inférieurs aux niveaux records observés en 2023.
Les voitures diesel enregistrent une baisse moyenne de 3 % par rapport au premier trimestre 2026. Leurs prix se situent désormais 18 % en dessous des niveaux de 2023.
Les prix des voitures essence restent stables sur le trimestre, mais affichent une diminution de 14 % par rapport à 2023. Les véhicules hybrides reculent de 1 % sur trois mois et de 25 % par rapport aux sommets atteints trois ans auparavant.
L’électrique constitue la seule exception. Son prix moyen progresse de 3 % au deuxième trimestre. Cette hausse reste néanmoins conjoncturelle et s’explique notamment par la baisse de 30 % du stock disponible. Même après cette remontée, les voitures électriques d’occasion demeurent en moyenne 9 % moins chères qu’en 2023.
Cette diminution générale des prix constitue une évolution favorable pour le pouvoir d’achat des ménages. Elle intervient après plusieurs années marquées par une forte tension sur les véhicules disponibles, provoquée notamment par les difficultés de production et les pénuries de composants.
Des écarts importants selon les modèles
Les évolutions moyennes masquent des différences sensibles entre les véhicules.
Parmi les modèles ayant enregistré les plus fortes baisses, le DS 7 diesel produit entre 2019 et 2021 affiche un prix moyen de 17 715 euros, en recul de 13 % sur le trimestre. La Citroën C3 diesel de la même période baisse de 12 %, pour atteindre un prix moyen de 8 050 euros.
La BMW Série 1 essence produite entre 2022 et 2024 voit son prix diminuer de 11 %, à 21 679 euros. Le Peugeot 3008 diesel recule pour sa part de 8 %, avec un prix moyen de 21 294 euros. Le Renault Arkana hybride baisse de 5 %, à 20 218 euros.
D’autres modèles connaissent au contraire une hausse de leur prix. La Volkswagen T-Roc essence produite entre 2022 et 2024 progresse de 8 %, pour atteindre 25 519 euros. La Toyota Yaris hybride augmente de 6 %, à 19 367 euros, tandis que la Renault Clio hybride gagne 4 %, à 16 781 euros.
La Tesla Model 3 électrique progresse de 3 % sur le trimestre, avec un prix moyen de 29 388 euros pour les modèles produits entre 2022 et 2024.
Une transition encore dépendante des prix et de l’offre
Le deuxième trimestre 2026 confirme que les choix des automobilistes restent très sensibles à l’évolution du coût de l’énergie. Une hausse rapide des carburants peut provoquer une forte augmentation de l’intérêt pour les véhicules électriques. Cette dynamique peut toutefois ralentir tout aussi rapidement lorsque les prix à la pompe diminuent.
Les prochains mois dépendront également du développement de l’offre électrique d’occasion. Les ventes ne pourront augmenter durablement que si davantage de véhicules sont proposés sur le marché à des prix accessibles.
Avec près de 800 000 véhicules disponibles en permanence dans sa catégorie Automobile et plus de 15 millions de visiteurs uniques chaque mois, leboncoin dispose d’un volume de données permettant d’observer précisément l’évolution des recherches et des comportements d’achat.
Ces données montrent que la transition énergétique du marché de l’occasion est bien engagée, mais qu’elle ne prend pas la forme d’un basculement immédiat. L’essence progresse, le diesel recule, l’hybride s’installe et l’électrique gagne progressivement du terrain. Le marché automobile français avance ainsi par étapes, au rythme des prix, de l’offre disponible et des arbitrages financiers des ménages.