
Forte de sept participations, dont deux en catégorie solo pro, elle incarne un profil rare, à la croisée de l’expertise sportive et de la performance en compétition. Sur le terrain comme sur les podiums, elle avance avec la rigueur d’une coach et la détermination d’une athlète de haut niveau.
PèreLaFouine
Qu’est-ce qui vous a attirée vers l’Hyrox, et à quel moment avez-vous compris que cette discipline allait prendre une place centrale dans votre vie sportive ?
Cleide Houbiguian
Ce qui m’a attirée immédiatement, c’est le côté très complet de l’Hyrox. On y retrouve à la fois l’endurance, la force, la stratégie mentale et la capacité à rester lucide dans l’effort. C’est une discipline extrêmement exigeante, mais aussi très structurée, ce qui me correspond bien. J’ai un lien fort avec la course à pied, que je pratique depuis 2017 et que j’affectionne particulièrement. J’aime tout ce que la course demande en termes de régularité, de discipline et de dépassement de soi. En parallèle, j’ai aussi une pratique de la musculation et du CrossFit. Retrouver dans une même discipline la course, la force et l’endurance a donc été une évidence pour moi.
J’ai compris que l’Hyrox allait prendre une place importante quand j’ai réalisé qu’après chaque course, j’avais envie de revenir plus forte. Ce n’était pas juste un challenge ponctuel, c’était devenu un vrai terrain de progression, physique et mentale.
PèreLaFouine
Après sept courses, dont deux en solo pro, qu’avez-vous appris sur vous-même, aussi bien comme athlète que comme femme, dans une discipline aussi exigeante ?
Cleide Houbiguian
J’ai appris que les limites sont souvent beaucoup plus mentales que physiques. Le corps est capable de beaucoup, à condition d’apprendre à gérer l’inconfort, la fatigue et le doute. En tant que femme, j’ai aussi compris qu’on n’a pas besoin d’entrer dans une case pour être performante. On peut être forte, ambitieuse, disciplinée et inspirer autour de soi. L’Hyrox m’a permis d’assumer pleinement cette version de moi-même.
Vous visez une qualification aux Championnats du Monde dans la catégorie 40-45 ans : comment prépare-t-on un objectif aussi ambitieux, physiquement mais aussi mentalement ?
Cleide Houbiguian
Physiquement, cela demande une préparation très structurée : travail de course, force spécifique, capacité à enchaîner sous fatigue, récupération optimisée, nutrition, sommeil… rien n’est laissé au hasard. Mentalement, il faut apprendre à rester patiente et constante. Un objectif comme celui-ci ne se construit pas en quelques semaines. Il faut accepter les hauts, les bas, continuer à avancer et garder confiance dans le processus. La régularité est souvent plus puissante que la motivation du moment.
PèreLaFouine
En quoi l’Hyrox est-il, selon vous, un sport particulièrement intéressant pour les femmes qui veulent se dépasser, gagner en confiance et repousser leurs limites ?
Cleide Houbiguian
Parce que l’Hyrox confronte à quelque chose de très concret : l’effort réel. Quand une femme termine une course Hyrox, elle repart avec des preuves tangibles de sa force physique et mentale. C’est aussi une discipline qui valorise la progression, pas seulement l’esthétique ou l’image. On gagne en puissance, en endurance, en confiance, et surtout on change le regard qu’on porte sur soi-même. Beaucoup de femmes découvrent qu’elles sont bien plus capables qu’elles ne le pensaient.
PèreLaFouine
Passé 40 ans, quels sont les principaux défis, mais aussi les grandes satisfactions, d’une pratique sportive intensive à haut niveau ?
Cleide Houbiguian
Le principal défi, c’est d’être encore plus intelligente dans sa préparation : mieux récupérer, mieux gérer les charges, écouter davantage son corps. On ne peut plus simplement accumuler. Mais la grande satisfaction, c’est l’expérience. À plus de 40 ans, on se connaît mieux, on est souvent plus disciplinée, plus stable mentalement et plus alignée avec ses objectifs. La performance prend une autre dimension : elle devient choisie, maîtrisée et profondément gratifiante.
PèreLaFouine
Vous êtes à la fois coach sportive et compétitrice : comment conciliez-vous l’accompagnement de vos athlètes avec votre propre quête de performance ?
Cleide Houbiguian
Pour moi, les deux se nourrissent mutuellement. Le fait d’être compétitrice me permet de rester connectée à la réalité du terrain, aux sensations, aux contraintes et aux exigences de la performance. Et être coach m’aide aussi dans ma propre pratique, car cela m’oblige à garder du recul, de la méthode et de la lucidité. La clé reste l’organisation et la discipline. Quand on est passionnée, on trouve l’énergie de faire avancer les deux.