Selon que vous serez puissant ou misérable …

Jean de La Fontaine a conclu sa fable « Les animaux malades de la Peste » par « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

Pendant longtemps – trop longtemps – les riches et les puissants de notre pays ont semblé au-dessus des lois. Les tribunaux semblaient indulgents à leur égard, comme si leur statut les plaçait hors d’atteinte. Mais les choses ont changé. Et ce tournant paraît désormais irréversible.

L’un des premiers à en faire les frais fut Patrick Balkany, maire de Levallois, condamné à une peine de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment. Un choc à l’époque, qui marquait un basculement dans l’attitude des juridictions envers ceux que l’on croyait intouchables.

Depuis, les exemples se multiplient : Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, purge actuellement une peine de prison sous bracelet électronique. Plus récemment, Marine Le Pen a été déclarée inéligible pour cinq ans par un tribunal, une peine applicable immédiatement, même si elle reste susceptible d’appel.

Et ce n’est peut-être qu’un début. Nicolas Sarkozy risque jusqu’à sept ans de prison dans une autre affaire encore en cours.

Dès lors, on peut se demander si la morale de La Fontaine n’a pas pris un coup de vieux. Peut-être même vivons-nous une époque où la justice se montre plus sévère avec les puissants qu’avec les anonymes. Une forme de rééquilibrage, tardif mais salutaire, qui réconcilierait enfin les citoyens avec le principe d’égalité devant la loi.

Fable de Jean de La Fontaine
Les animaux malades de la Peste

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