Qui vole un œuf vole un bœuf mais certains semblent avoir oublié le proverbe

Il y a quelque chose d’étonnant dans les réactions qui suivent les pillages du samedi 17 octobre. Certains déplorent les condamnations prononcées à leur encontre pour des vols commis à cette occasion. Des parents, de leur côté, s’interrogent sur les sanctions infligées à leurs enfants. Après tout, disent-ils parfois, ce n’était qu’un vêtement, quelques produits ou un objet pris dans un magasin déjà dévasté.

Mais depuis quand le désordre autorise-t-il à se servir gratuitement ?

Il y avait une expression pour rappeler une évidence que notre époque semble parfois oublier : « Qui vole un œuf vole un bœuf. »

Ce proverbe ne prétend pas qu’un œuf possède la même valeur qu’un bœuf. Il signifie qu’un petit vol peut ouvrir la voie à un plus grand lorsque son auteur s’habitue à transgresser les règles et à justifier ses actes.

Tout commence souvent par une excuse. Ce n’était pas grand-chose. Tout le monde le faisait. Le magasin était déjà pillé. Personne n’allait remarquer la disparition d’un article supplémentaire.

Mais une excuse ne transforme pas un vol en geste innocent.

Une vitrine cassée n’est pas une invitation à entrer. Un magasin vandalisé n’est pas un supermarché gratuit. Et une foule déchaînée ne délivre aucune autorisation de voler.

Bien entendu, la justice doit distinguer les situations, tenir compte de l’âge des personnes, de la nature des faits et de leur gravité. Voler un paquet de biscuits n’est pas comparable au pillage organisé d’un commerce. La proportionnalité des sanctions demeure indispensable.

Mais reconnaître ces différences ne doit pas conduire à banaliser le principe même du vol.

Le plus préoccupant est peut-être ailleurs. Lorsque des parents cherchent systématiquement des excuses aux actes de leurs enfants, quel message leur transmettent-ils ? Que la responsabilité dépend des circonstances ? Que l’on peut s’approprier le bien d’autrui dès lors que d’autres le font aussi ?

Éduquer ne consiste pas à défendre aveuglément. C’est aussi savoir dire non, même lorsque cela déplaît.

Les commerçants victimes de dégradations, eux, ne disposent pas du luxe de considérer ces événements comme de simples erreurs de jeunesse. Derrière une devanture détruite, il y a parfois des années de travail, des emplois et une activité fragilisée.

Le véritable problème n’est donc pas de savoir si l’on a volé un œuf ou un bœuf. C’est de comprendre pourquoi certains s’étonnent encore qu’un vol puisse avoir des conséquences.

Et si le bon sens commençait simplement par là ?

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