Les recruteurs demandent le Graal

En mai dernier, plus d’un tiers des salariés déclarait n’avoir jamais eu autant envie de démissionner qu’à ce moment-là. Neuf mois plus tard, la pénurie de main d’œuvre est un fait bien avéré et trouver des talents s’apparente désormais à un travail de longue haleine. Aujourd’hui, les chiffres en attestent : plus de 4 recruteurs sur 5 (82%) déclarent rencontrer des difficultés à recruter.

Source : Etude OpinionWay pour Indeed « Les salariés et la démission », mai 2022

Cette étude a été réalisée auprès de 1 036 salariés répartis en deux échantillons :

Mais comment expliquer cette pénurie de talents et ces difficultés de recrutement ? Les talents se font-ils rares ou les recruteurs passent-ils à côté de la perle rare ? Indeed révèle les résultats de sa nouvelle étude menée en partenariat avec Opinion Way, qui confronte le point de vue des recruteurs à celui des chercheurs d’emploi.

Une quête du profil idéal qui renforce les difficultés de recrutement

Si l’on peut penser que trouver chaussure à son pied pour un candidat peut être une chose aisée, la tâche peut s’avérer plus ardue dans les faits : près de 2 chercheurs d’emploi sur 5 (39%) jugent difficile de trouver des offres correspondant à leur profil.

De même, du côté des recruteurs, la recherche de la perle rare s’avère être, souvent, un parcours du combattant : 86% des recruteurs éprouvent des difficultés à recruter un profil correspondant précisément aux critères envisagés pour le poste.

La grande majorité des chercheurs d’emploi (90%) soutient le fait que les recruteurs peinent à considérer les candidatures n’ayant pas exactement le profil attendu lors des recrutements. Les recruteurs, eux, sont moins tranchés sur la question, même s’ils sont, quand même, 77% à approuver ce fait.

Quand on leur pose la question directement, recruteurs comme chercheurs d’emploi sont d’accord sur l’existence en France d’une forte culture du « profil idéal », venant compliquer les recrutements (respectivement 83% et 90%).

L’ensemble des personnes interrogées, qu’elles soient du côté des RH ou candidats, soulignent le fait qu’en France, on ne donne pas assez leur chance aux profils atypiques :

89% des chercheurs d’emplois trouvent que les profils atypiques sont trop systématiquement mis de côté et 40% sont même tout à fait d’accord avec cette affirmation

Les recruteurs sont à peine moins nombreux à approuver ce fait : 82% abondent dans ce sens, et 34% d’entre eux sont tout à fait d’accord.

Cette quête du profil parfait, se traduisant dans les offres d’emploi par de nombreux critères listés ligne après ligne, renforce l’idée que les entreprises se montreraient fermées aux candidatures les plus originales. Largement répandue en France, cette habitude est pourtant contreproductive pour les deux parties : elle peut décourager les candidats et les faire passer à côté d’un emploi qui pourrait leur convenir ; mais aussi, priver les recruteurs de potentielles pépites qui pourraient rejoindre leurs équipes.

La quête du profil idéal restant de mise, comment les postulants s’adaptent-ils ? Entre le découragement et la triche, il n’y a qu’un pas…

Les chercheurs d’emploi s’auto-censurent… ou contournent les obstacles

91% des chercheurs d’emploi se sont déjà sentis intimidés par les compétences exigées dans une offre d’emploi au point de ne pas postuler. Ce sentiment communément partagé d’une barrière bloquant ceux qui ne cocheraient pas toutes les cases s’avère particulièrement limitant dans le cadre de la recherche d’emploi. Et pour cause :

Le fait de ne pas oser répondre à une annonce s’explique aussi par un certain complexe d’imposture persistant. Les trois quarts des chercheurs d’emploi (74%) estiment nécessaire d’avoir a minima 70% des compétences attendues pour pouvoir prétendre à une offre. Les recruteurs partagent le même avis (76%)

Résultat : la moitié des chercheurs d’emploi sont de moins en sélectifs dans leurs recherches. Pire encore, en raison des difficultés à obtenir des retours positifs suite à l’envoi de leurs candidatures, certains candidats n’hésitent pas à avoir recours à des pratiques de contournement.

Un tiers des personnes (33%) en recherche d’emploi reconnaît envoyer des CV en masse, sans être trop regardant sur les compétences demandées et simplement pour maximiser les chances d’accéder au poste.

Plus d’une personne sur 4 (28%) recherchant un emploi déclare avoir déjà menti sur son CV afin d’obtenir un entretien. Ces derniers seraient même prêts à réitérer l’expérience pour 91% d’entre eux.

Cette dernière stratégie pourrait d’ailleurs s’avérer payante puisque plus de la moitié des recruteurs (54%) admettent qu’un candidat qui, de toute évidence, ment sur ses compétences réelles, mais sait se montrer convaincant aurait des chances d’obtenir le poste à pourvoir.

Cette quête du profil idéal et les stratégies de contournement employées par certains candidats laissent à penser que les recruteurs sont trop exigeants. Mais, le sont-ils vraiment ? Les recruteurs ne sont-ils pas prêts à faire des concessions pour s’ouvrir d’autres portes ?

Dans la pratique, les concessions sont de mise pour les recruteurs

82% des chercheurs d’emploi ont le sentiment que les recruteurs ne sont pas prêts à faire des concessions sur les profils recherchés. Un ressenti que ne partagent pas les recruteurs : les trois quarts d’entre eux (75%) pensent qu’ils se montrent moins exigeants en matière de recrutement.

Par conséquent, 68% des chercheurs d’emploi ont déjà postulé à une offre ne correspondant pas tout à fait à leur profil et ont obtenu un entretien d’embauche. 55% d’entre eux ont même eu une proposition d’embauche par la suite. Il semble donc que les ressources humaines soient prêtes à faire des efforts pour essayer de ne pas favoriser un “profil idéal” et s’ouvrent progressivement à des profils plus larges.

Les recruteurs sont même conscients du bénéfice de procéder de la sorte :

Les problèmes relatés par les recruteurs s’avèrent souvent plus complexes que la « seule » difficulté à recruter. Trouver le bon profil, correspondant à des critères précis, est également devenu un défi pour la quasi-totalité des managers s’investissant dans la phase de recrutement. Cette quête s’avère pourtant vaine et non-avenue, les recruteurs se fermant un vivier de talents potentiels, et ralentissant le processus de recrutement. Si certains chercheurs d’emploi trouvent des parades pour favoriser leur chance ; d’un autre côté, les recruteurs ouvrent progressivement leurs chakras… Ce qui est sûr, c’est que les concessions doivent se faire dans les deux camps.

À propos d’Indeed

Indeed est le premier moteur de recherche d’emploi au monde. Disponible dans plus de 60 pays et dans 28 langues, Indeed représente la première source de candidats pour des milliers d’entreprises. Plus de 3 millions d’employeurs utilisent Indeed afin de trouver et embaucher de nouveaux employés. Plus de 300 millions de personnes effectuent une recherche d’emploi, publient leur CV et recherchent une entreprise via Indeed chaque mois. Indeed fournit enfin 2,5 fois plus d’embauches que les autres sites d’emploi de marque réunis (Source : Hire Report 2021, États-Unis).

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