Deux géants de l’Âge de glace s’installent au Parc de la Préhistoire en Ariège

Le Parc de la Préhistoire de Tarascon-sur-Ariège renouvelle une partie de son espace muséographique avec l’arrivée de deux nouveaux spécimens consacrés à la mégafaune du Paléolithique. Depuis le début du mois de juillet 2026, les visiteurs peuvent découvrir Olga, un squelette de mammouth femelle provenant de Sibérie, ainsi qu’une reconstitution grandeur nature particulièrement réaliste d’un rhinocéros laineux.

Ces deux nouveaux pensionnaires prennent place dans le musée alors que le mammouth de Baulou, l’une des pièces les plus emblématiques du site, vient d’être confié à des spécialistes pour une restauration d’envergure. Présenté au Parc de la Préhistoire depuis 2009, ce squelette avait subi des dégradations progressives nécessitant une intervention approfondie.

Olga, un mammouth femelle venu de Sibérie

Avec ses 2,20 mètres de hauteur, Olga présente un gabarit plus modeste que celui des grands mammouths mâles généralement exposés dans les musées. Cette caractéristique lui vaut d’être parfois présentée comme un « mammouth de poche », même si son squelette reste particulièrement impressionnant.

Plus de 80 % de ses ossements sont d’origine. Ils ont été découverts dans les dépôts de la rivière Irtych, dans la région de Tioumen, en Sibérie centrale. Leur extraction a nécessité une opération logistique importante, mobilisant notamment des véhicules tout-terrain et des bateaux capables d’accéder aux berges du fleuve.

Olga occupera pendant environ un an l’emplacement habituellement réservé au mammouth de Baulou. Sa présence permet ainsi au Parc de maintenir une présentation consacrée aux grands mammifères de l’Âge de glace pendant toute la durée de la restauration du spécimen ariégeois.

Un rhinocéros laineux reconstitué avec de véritables poils

La seconde nouveauté est une reconstitution à taille réelle d’un rhinocéros laineux, ou Coelodonta antiquitatis. Cet herbivore massif pouvait peser jusqu’à deux tonnes et atteindre près de deux mètres au garrot.

Adapté aux températures extrêmes, il possédait une épaisse toison et une grande corne utilisée notamment pour dégager la neige et accéder à sa nourriture. Il constituait l’une des espèces majeures de la mégafaune du Paléolithique, au même titre que le mammouth, le bison ou le cerf mégacéros.

La pièce présentée à Tarascon-sur-Ariège a été réalisée par l’Atelier Ophys. Sa fabrication a demandé près de deux mois et demi de travail, à la croisée de la recherche scientifique et de l’artisanat d’art.

Le pelage a été constitué à partir de crin de cheval. Celui-ci a été nettoyé, calibré, trié selon ses nuances, puis implanté par petites touffes. Cette utilisation de véritables poils constitue une première pour le Parc de la Préhistoire et renforce l’impression de réalisme de l’animal.

Le rhinocéros laineux prend place dans l’espace central de la scénographie, aux côtés du bison et du cerf mégacéros. Cet ensemble doit encore être complété par un crâne de rhinocéros comparable à celui visible dans la grotte du Mas-d’Azil.

Un fac-similé représentant une peinture de rhinocéros issue de la grotte Chauvet, en Ardèche, doit également intégrer définitivement l’espace au printemps 2027. Cette présentation permettra de rapprocher la réalité zoologique de l’animal de sa représentation dans l’art préhistorique.

Une restauration majeure pour le mammouth de Baulou

Le départ temporaire du mammouth de Baulou constitue une étape importante pour le Parc. Ce spécimen est considéré comme particulièrement rare. Seuls quatre squelettes de mammouth présentant un niveau de conservation comparable ont été découverts en France.

Il reste également le plus imposant mammouth laineux mis au jour sur le territoire national. Son fémur mesure 1,19 mètre, ce qui le place parmi les plus grands exemplaires connus pour cette espèce.

Le squelette a été découvert en 1901 lors des travaux de construction de la ligne ferroviaire reliant Foix à Saint-Girons. Plus d’un siècle après cette découverte, il doit désormais bénéficier d’une restauration d’une durée proche d’un an.

Des dégradations avaient été constatées en 2024. L’intervention a été confiée à l’entreprise spécialisée Eldonia. Les travaux doivent permettre d’assurer la conservation du squelette sur le long terme, de moderniser sa structure porteuse et de corriger plusieurs erreurs anatomiques liées à d’anciens montages.

La nouvelle installation doit également redonner au mammouth une posture plus fidèle à son anatomie et plus dynamique. Son retour à Tarascon-sur-Ariège est prévu au printemps 2027.

Une immersion dans la vie préhistorique

Implanté dans un territoire particulièrement riche en sites préhistoriques, le Parc de la Préhistoire propose une découverte du quotidien et des savoir-faire des premiers Homo sapiens.

Ateliers participatifs, reconstitutions grandeur nature et espaces immersifs permettent aux visiteurs d’explorer l’art, les techniques et l’environnement des populations ayant vécu il y a environ 16 000 ans.

L’arrivée d’Olga et du rhinocéros laineux enrichit cette approche en donnant une place plus importante aux animaux qui partageaient alors les paysages européens avec les groupes humains. Elle permet aussi de renouveler l’expérience proposée au public pendant la restauration du mammouth de Baulou, avant le retour annoncé de ce témoin majeur du patrimoine paléontologique français.

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