Culture abordable

Encore une morte parmi les librairies de quartier de villes et villages. Certes, la libraire dans ses derniers temps n’était guère aimable sentant, sachant sans aucun doute, le fin inéluctable de ce qi a pourtant fait sa vie de quasiment militante.

Elle n’a pu retrouver repreneur désirant passer les heures de ses jours, voire ses nuits en partie, et week-end à ce dur labeur que l’on méprise tant au regard des exigences des trop rares clients voulant que la propriétaire décroche la lune pour eux. Pourtant, elle ne manquait pas de prendre des jeunes en stage pour leur donner goût.

C’était un semblant de foutoir, de ceux que seuls leurs occupants reconnaissent sans peine. Et si vous aviez le malheur d’une velléité de rangement les foudres imparables vous tombaient dessus sans y crier gare. Mais, peut-être est-ce justement ce désordre perpétuel qui a fait peur ? Pourtant, c’était bien de leur jeunesse. Cependant, pour elle, l’avenir est l’âge adulte, inutile de les encombrer d’un foutoir d’adolescent.

De toute façon, le prétendant n’aurait eu que peu de chance de réunir le capital nécessaire pour la survie. Et les banques ne sont guère prêteuses surtout pour ce qui ressemble à un bras cassé. Et si jamais les parents avait ce qu’il fallait, sans doute avaient-ils d’autres projets pour leur descendance n’ayant pas le droit de dire grand-chose.

Et, pourtant, vos y alliez certain de trouver livre à votre esprit et si jamais vous ne pouviez avoir immédiatement votre recherche, vos étiez sûr que le lendemains votre bouquin était à disposition après avoir passé commande. Et, si vous manquiez d’imagination, d’envie, il vous suffisait de vous laisser faire par les préconisations de la libraire qui, sur la lecture, ne manquait pas d’entregent.

Ah, il fallait voir ces clients sur précipiter sur les livres portant le sceau. J’ai lu pour vous ou encore plus fort. J’ai aimé. C’était à coup certain bien plus puissant que les désormais bandeaux que les éditeurs mettent pour attirer le chaland quelque que soit le contenu enfermé entre leurs première et quatrième couverture.

Dans ces petites boutiques, parfois tristement ornées d’une culture de bobo ayant mal vécu, ce ne sont pas les astuces d’un marketing de masse qui faisait réagir le client habitué ce lieu, réel lecteur, mais bien les recommandations de la libraire de quartier qui n’est plus.

Cela permettait de se positionner et faire valoir, le cas échéant, notre accord ou désaccord du libre choix de notre libraire devenue à chaque instant notre interlocutrice avisée. Cerise sur le gâteau, quelques-uns des stagiaires en exercice se prenaient à donner leur avis. Mieux leur propre choix de lecture faisait disparaître, au moins pour un temps, les toiles d’araignées qui trop souvent envahissent nos plafonds d’adulte qui croit tout savoir.

Nous en étions là, à discuter avec madame la voisine du coin de la maison non mitoyenne qui passe souvent son temps à grande lecture. Nous vilipendions ce commerce prenant dans ses mailles notre culture commune et désespérions.

Pourtant, un doute est intervenu à la vue de cette quatrième où une vignette posée insolemment sur les coordonnées de l’auteure du livre, posé sur le guéridon du salon cosy, indiquant : Prix Editeur 9,90Eur – Prix E.Leclerc 9,41eur. Pour 39 cts de nos euros, la messe est dite ; fermez le ban !

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